Au diable! Les médailles, les ordres du mérite, les palmes académiques, les légions de donneurs de leçons, les brevets d’aptitude, les ronflants diplômes, les titres honorifiques aux egos boursouflés, les adoubements de cour, les sacres et autres couronnement qui n’anoblissent que ceux qui y croient!
Aux orties! Les trophées et statuettes made in China, les Césars qui appartiennent à Oscar, les couronnes de lauriers tressées par tous les intrigants, les nobles blasons auxquels on accroche la nostalgie moisie des temps jadis.
Foin des standing ovations, des walk of fame, des hommages posthumes, des trompettes de la renommée et des statues de square, sanisettes à pigeon, célébrant nos gloires oubliées.
Cessons de vouloir consacrer, distinguer, élever au rang. Arrêtons d’ériger en modèle, de rêver d’immortaliser, de laisser une trace, de marquer les esprits, ou de faire date…
Et en ces temps modernes, évitons de sombrer dans le besoin de reconnaissance, dans la quête de validation, la vanité des honneurs, la soif de légitimité, le vertige des titres, le miroir social, le regard des autres, le culte de la validation extérieure comme seul accès à la nécessaire estime de soi !
Céline avait grandement raison: évoquer notre postérité, c’est faire un discours aux asticots!
Abandonnons toutes les breloques qui nous glorifient faussement, l’obsession matérialiste où ce que nous croyons posséder finit immanquablement par nous posséder.
Il est urgent de s’alléger considérablement et d’aller d’un pas léger vers la beauté du monde, la reconquête de nos sens les plus vifs, de sculpter l’instant présent avec nos éclats de rire et le tesson de nos regards attentifs à l’autre.
Et au soir d’une vie bien remplie, faite d’humilité et de sincérité, n’accepter qu’une seule fierté : celle d’avoir aimé, coûte que coûte, d’avoir été simplement digne du chemin parcouru, avec ce sentiment magnifique qui nous traverse, celui d’avoir élever des êtres plus grands et plus prometteurs que nous!
Je t’aime mon fils, et suis si fier de toi!
