Argentine 1

Ruta 40 – Bajo Caracoles – Gobernador Gregores – El Calafateos – Puerto Natales – Punta Arenas – Ushuaia –

Rio Grande – Rio Gallegos – Puerto Santa Cruz – Caleta Olivia – Sarmiento – Camarones

Pour être parfaitement honnête, il serait malvenu de ma part de vous parler de l’Argentine que je n’ai fait qu’effleurer. Je ne connais de ce pays grand comme 4 fois la France, que la Ruta 40, route mythique qui descend jusqu’en Patagonie, la Terre de Feu et l’emblématique ville d’Ushuaia qui symbolise el fin del mundo.

En faisant route pour rejoindre Buenos Aires, au milieu d’une lénifiante et interminable pampa, souvent tiré de ma somnolence par des bourrasques de vents d’une brutalité sans nom et par la vue revigorante de paysages époustouflants, je fus rattrapé par un virus chinois et une pandémie de peur qui finirent par contaminer toute la planète.

C’est donc à Puerto Piramides, petite bourgade plantée sur la Péninsule Valdès, elle-même accrochée à la côte orientale de l’Argentine, que j’ai été confiné avec mon amie péruvienne Beatriz. Nous avons passé là trois mois, en espérant chaque jour que le monde revienne à la raison, que ce virus se calme pour que nous puissions reprendre notre périple dans toute l’Argentine, en Uruguay, au Paraguay, pour bifurquer ensuite vers la Bolivie pour finir par explorer le gigantesque Brésil. Trois mois d’immobilité à prendre la vie avec douceur et philosophie, à regarder, médusés et inquiets, le monde se rabougrir et se paralyser…

Je pris la décision de rentrer en France en juin 2020, afin de fuir l’hiver austral qui pointait son nez et qui allait rendre difficile tout voyage en moto dans cette partie du monde, si tant est que nous pûmes espérer la fin de ce calvaire sanitaire, afin de se remettre en selle. Je me suis donc rapatrié pour profiter de l’été en France, revoir mon fils que je n’avais pas vu depuis belle lurette ainsi que tous les amis qui m’attendaient de pied ferme avec des bouteilles impatientes de s’ouvrir !

Ce n’est pas sans un pincement au cœur, ni un voile de nostalgie que j’écris ces lignes car, pour être honnête, l’Argentine me manque ! Ce que j’y ai vécu, les amis que je m’y suis fait, mes souvenirs agissent comme un lest qui me retient avec tendresse à ce pays. Mais ce sont surtout mes rêves de jeunesse, les projets que j’envisageais entreprendre dans ce beau pays terriblement familier pour un européen, malgré sa culture latine, et tout ce que j’ai encore à y vivre qui me manquent le plus et qui me poussent irrémédiablement à y retourner.

J’ai laissé là-bas, à Puerto Piramidès, sur les rebords de l’Argentine, des amis de cœur, mon fidèle destrier qui veut encore voyager loin, ma KLR 650, ainsi que des promesses de retour qu’il me faudra un jour honorer. Alors non, le voyage n’est pas fini, car il faut toujours tenir parole, aller au bout de ses rêves et assouvir sa passion pour ce continent et cette culture envoûtante qu’on ne trouve qu’en Amérique Latine.

Amigos ! Ce n’est pas fini et je vous promets de revenir dès que possible, pour pouvoir écrire un jour, comme le fit le grand poète chilien Pablo Neruda:

« J’avoue que j’ai vécu. »