Hôtel de passe…

Mais sage;-)

J’aurais écrit mes livres et mes chroniques dans les endroits les plus improbables de la planète.

Par exemple, sur le toit-terrasse d’un hôtel décati mais encore plein de charme, situé dans le centre ville de Montevideo. Au milieu d’un quartier infréquentable le soir venu, soi-disant dangereux, face au port et à ses cargaisons de rêve d’ailleurs, j’ai établi mes quartiers pour accoucher de mes souvenirs d’Afrique. L’Atlantique fait la navette entre deux continents pour me ramener les embruns et les senteurs des côtes namibiennes.

Au milieu des serviettes et des draps qui se prennent pour des voiles, tandis que la brise s’anime, j’ai établi mon bureau du jour, afin de convoquer mes souvenirs, conter mes anecdotes et rameuter les histoires d’un autre continent sur lequel je viens de passer onze mois fantastiques.

Le vent se lève. Les draps s’animent, se gonflent et se prennent pour des grands voiles. Sur un fil à linge qui s’imagine un destin de hauban, une housse de couette, sous l’effet du vent venu, se sent la vocation d’un spi et rêve d’emmener le vieil hôtel assoupi vers des courants touristiques plus porteurs.

Et moi j’écris, contre vents et marées… me remémorant, le cigare au bec, les lieux où j’ai pondu mes meilleures chroniques: sur le pont d’un ferry m’emmenant en Terre de feu, dans une station service pendant que mon pneu crevé reprenait un peu d’air, dans une discothèque de Dakar où les péripatéticiennes faisaient le trottoir en se dandinant sur une piste de danse, dans le fond de bars interlopes où je venais découvrir l’essence de l’humain, ou dans des bars chics, les jours de fortune, lorsque j’avais envie de beautés et de rires, dans des chambres délabrées d’hôtels sans nom, dans des cafés du bout du monde, où les hommes s’échinent à démontrer qu’ils ne savent pas concocter ce breuvage qui m’est si vital… Dans des avions intercontinentaux, des chambres bon marché au décor improbable, dans des lieux accueillants où des anonymes devenaient soudainement les meilleurs ambassadeurs de la gentillesse, cette qualité si rare qui pourrait changer simplement le monde, si tout le monde voulait se poser et laisser faire…

Le vent de l’Est se leva. Les nuages arrivèrent en nombre, comme une armée russe impitoyable et sans remord. La pluie s’annonça. Il était temps de conclure cette chronique entre vent portant et vent contraire. N’est-ce pas le jeu de la vie, de l’inspiration, de toute action ? La règle de l’existence: Prévoir la météo, y projeter avec force nos désirs, s’adapter aux circonstances, en tirer une leçon et se rire de tout cela.

Et finalement, aller se coucher avec deux certitudes au fond de soi: l’humilité et la capacité d’adaptation.

Demain, se lever avec les mêmes envies au fond de soi: une indécrottable curiosité, la volonté de montrer le monde tel qu’il est et de comprendre cette drôle d’espèce qu’est l’humain, et puis l’envie d’inspirer d’autres êtres à trouver leur liberté, à oser, à aimer profondément leur existence malgré tous ceux qui s’échinent à faire de nous des “non vivants” !

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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