La vie est parfois si mal faite

Je parle de celle inventée par les hommes, enchevêtrée dans les ronces toute bureaucratie et rabougrie par les ambassadeurs de la peur et de la désinformation.

On ne devrait pas avoir besoin d’un passeport pour franchir une frontière ou prouver son identité. 

Il suffirait de déclamer un poème ou deux. 

De fournir un certificat d’habilitation à l’école buissonnière.

D’avouer au douanier ses plus nobles intentions, en donnant le prénom de celui ou celle que l’on porte dans son cœur, même clandestinement. 

De réciter par cœur la liste de tout ce que l’on a appris durant les rares fois où l’on a osé vivre véritablement.

De raconter au fonctionnaire sourcilleux l’un de nos plus beaux souvenirs, ou à defaut une histoire drôle. Un grand éclat de rire garantirait le droit à la citoyenneté.

D’expliquer dans un simple entretien, en quoi on est utile et comment l’on compte désormais faire du bien à la planète. C’est devenu si urgent…

De jurer, en son âme et conscience, que l’on fera chaque jour tout son possible, pour offrir à quelqu’un, sa part de bonheur. Et dans ce jeu qui consiste à rendre le monde meilleur et plus vivable, une bonne action effectuée pour un ou une inconnue, de manière parfaitement désintéressée, vaudra trois fois plus qu’une gentillesse ou un coup de main dispensé à un proche. Parce qu’il faut toujours ensemencer le monde en visant plus loin que son propre jardin.

Mais ce jour qui s’écoule à Montevideo, sur les rives ensoleillées de ce côté-ci de l’Atlantique, précédant des retrouvailles heureuses et l’ébauche d’un nouveau projet qui me tient à cœur, le temps me manque. 

Alors, pour contribuer à enjoliver cette journée tout en continuant de voyager librement, je me contenterai en guise de passeport, d’offrir deux pensées libres et crépitantes de vie, écrites par deux grands poètes, ce afin d’illustrer mes propos du jour. 

« Je suis un homme ancien,

qui a lu les classiques,

qui a cueilli des raisins dans la

dans la vigne, qui a contemplé

le lever ou le coucher du soleil

sur les champs.

Je ne sais donc pas quoi faire

d’un Monde créé, avec violence, par la

violence, par la nécessité

de la production et de la

consommation.

J’en déteste tout : la hâte, le bruit, la

la précipitation, la vulgarité, le carriérisme.

Je suis un homme qui

préfère perdre plutôt que de gagner

avec des moyens injustes

et impitoyables.

Et ce qui est formidable, c’est que j’ai

l’impudeur de défendre

une telle culpabilité, de la considérer

presque une vertu ! »

Pier Paolo Pasolini

« Aux racines du rêve

et dans la chair gourmande

encordés aux mots

à l’affût des étoiles

nous naviguons vers l’illusion de jardins

accomplis »

Andrée Chedid

Laguna de Rocha – Uruguay

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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