Comme un amant déçu

Que serait l’histoire d’un pays sans son indissociable géographie ?

C’est comme en amour, nul besoin de professeur de physique pour comprendre que l’essentiel est la chimie qui peut jaillir inexplicablement entre deux êtres. 

L’existence ne se mène pas dans un laboratoire et n’est pas question d’éprouvette. Ce n’est qu’une succession d’expériences qu’il faut mener tambours battants.

Il me faut réapprendre la solitude du voyageur au long cours, les heures creuses des jours nomades, apprivoiser le spectacle du monde en le laissant se produire dans le théâtre feutré du silence.

Partir s’encanailler dans les profondeurs de la ville, malgré les conseils de n’en rien faire, que distribuent toujours les gens qui vivent confortablement installés dans le moelleux de leur craintes de tout.

Se perdre dans les rues en oubliant les heures, à l’affût de l’insolite, oser bifurquer, traquer le détail, chasser les trésors invisibles que recèle l’univers urbain ou l’atmosphère nouvelle d’une cité qui s’offre à livre ouvert. 

Voir le beau derrière le laid, le détail derrière le rideau normal des apparences, l’expression artistique du hasard dans la combinaison des choses banales.

Aller déchiffrer les messages des hommes qui se cachent dans les graffitis et leur colère dont ils barbouillent les murs de la ville endormie, comme une revendication de leur droit de cité.

Et le lendemain, dans le bleu apaisant du ciel, aller déjeuner en toute amitié sur les bords du Tigre, à l’entrée du delta. Regarder les bateaux  qui proviennent du Rio de la Plata et qui vont s’enfoncer dans les profondeurs de l’Argentine, en longeant l’Uruguay.

Aller écrire dans un bar qui porte le joli nom de Poésia, dans l’espoir de convoquer ma muse et pour que l’inspiration, qui avait déguerpi après de longs mois de voyages et de fêtes, vienne conclure quelques chroniques africaines. 

Savourer ces derniers jours dans ce Buenos Aires dont j’ai tant rêvé et que j’ai sans doute trop idéalisé, qui me laisse un peu sur ma faim, et dompter l’impatience de quitter cette capitale, avec les airs d’un amant déçu ou d’un mari trompé, pour aller jeter ma déception dans les bras d’une Montevideo uruguayenne accueillante ou d’un Punta del Este plein de promesses.

Nous quitter bientôt bons amis, sur des airs de milonga, et ne pas oublier « qu’ailleurs est plus beau que demain. »

Rêverie d’ailleurs, au fil de l’eau, à l’embouchure du delta du Tigre (Buenos Aires)

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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