Des voeux dans le besoin

Mes si chers amis, 

Il faut bien avouer que l’exercice des vœux de début d’année, par les temps qui courent depuis de longs mois maintenant, est devenu une chose particulièrement difficile, voire totalement absurde. 

Vous souhaiter de nobles et belles choses, dans cette folie ambiante, cette obsession sanitaire, dans ce climat de pandémie de peur qui s’est répandue dans tous les pays que je traverse, où la liberté de vivre et d’être heureux est partout battue en brèche, n’est pas chose aisée, et flirte avec des vœux pieux. 

En ce qui me concerne, je me tiens bien loin de l’actualité du monde ou de ses faux- semblant largement médiatisés, ayant pris la distanciation sociale au pied de la lettre, j’arpente le monde sans masque ni grimace. J’évolue depuis de long mois, avec une certaine insouciance, dans l’épicentre austral d’un nouveau variant qui a poussé la France à décréter la couleur rouge écarlate. J’y vis des moments tellement éblouissants et une vie si conforme à mes désirs que je ne vois pas ce que l’on pourrait me souhaiter, si ce n’est que ça dure !

Alors, en guise de vœux pour cette année 2022, il me semble salutaire de tirer la chasse une bonne fois pour toute, sur ces deux « années de merde » que vous venez, dans votre grande majorité de traverser. Je vous offre donc, avec légèreté et un brin d’humour, du fin fond du désert namibien où j’écris ces lignes, une chronique-hommage sur les balais à chiotte, instrument essentiel pour récurer nos vœux, accompagnée par des images surréalistes et facétieuses sur l’art d’aller faire sa toilette ou d’aller aux toilettes !

Que cette année 2022 démarre pour vous sur les chapeaux de roues, avec truculence, fraternité et légèreté. 

Le balai à chiotte 

Le balai à chiotte attend inflexible la sollicitation du client indélicat, figé tel un domestique en sa servile rectitude.


Inexorablement planté entre l’huis et la plainte, coiffé en brosse comme le vigile de la propreté, le militaire de corvée aux cheveux courts et idées drues. 

Raide et vulgaire, discret et impassible, il patiente dans l’ombre d’un cabinet de toilette, tout entier dédié́ à son unique vocation de fouille merde, de « reluiseur de cuvette », espérant qu’on vienne l’extraire de son récipient fangeux, pour le plonger dans l’eau claire d’un « vécé ». 

Tournant sur lui-même, grattant, récurant en une suite de mouvements circulaires, décapant, frottant et nettoyant avec la conscience aléatoire que lui impose son bras droit, il polit la blanche faïence pour la débarrasser de sombres et douteuses trainées de fiente. 

Il existe chez les balais à décrotter une subtile hiérarchie, non pas que leur rang provienne d’une quelconque particule de noblesse ou que leur appartenance à une maison de haut standing permette d’en déduire le moindre lien aristocratique. Le distinguo qu’il convient d’effectuer entre les différentes brosses à récurer les étrons ne se fonde donc pas sur une lignée ataviquement transmise de balais en balais tout au long des générations – puisque comme chacun sait les plumeaux à caca ne se reproduisent pas ! 

Cette scission s’établit entre balais à chiottes publiques et balais à chiottes privées.

Les premiers, manants et roturiers, vivent dans la crasse de bistroquets insalubres ou dans des restaurants douteux, où les toilettes sont l’indice de propreté que l’on attend des cuisines. Ce sont des balais abandonnés à l’illusoire espérance de la salubrité publique, tapis dans la pénombre d’un tuyau d’évacuation, observant les hésitations titubantes de la biroute éméchée, craignant de prendre la douche avant de prendre le bain, spectateurs secrets de scènes pornographiques ou scatologiques inavouables, croquant les desseins diurétiques de lèvres indiscrètes, s’effrayant d’un fessier écartelé́ et débordant, mélomanes insensibles aux mélodies ostensibles des pétomanes solitaires, les balais à chiottes publiques notent ce qu’ils entendent sur des feuilles de papier au bout du rouleau. 

Souvent lâches et déserteurs, les balais des lieux publics sont absents quand la « bien séance » vous pousse à vouloir en user.


Lorsqu’il est présent, on ne le remarque qu’à la fin, en découvrant qu’il nous a observé, complice et voyeur, rêvant de décrocher la lune, siégeant à côté du trône tel un courtisant anonyme. 

Quand il voit, en certains lieux vétustes, le client accroupi en une pose ridicule, les cuisses bandées en d’inconfortables accoudoirs, pour ne pas basculer en arrière, priant tous les dieux que son pantalon soit, comme lui, assez baissé ; quand il voit le client chiant à en sourire, comment ne le prend-il pas pour sa tête de Turc ? … 

Et puis il y a les balais à chiottes privées, valets privilégiés et égoïstes, serviteurs dévoués masquant leur dévotion exclusive derrière le fameux adage : « à chacun sa merde… ». 

Ne reconnaissant que leur maître, ils sont peu sollicités parce que le salisseur compte souvent sur l’érosion aquatique naturelle pour effacer les traces de son indésirable passage.
Le balai privé se veut l’accessoire essentiel, se targuant de son indéfectible présence, il vieillit sans changer de toilette, de son époque de plastique impeccable à sa retraite de balai poivre et selle, il assume son service sans un mot, plongeant sa chevelure afin de proposer une solution aqueuse aux chiures mouchetées. 

Cousin du bidet, ami du lavabo complètement siphonné, il perd sa place quand il va à la chasse, il trépigne dans l’immobilité lorsque la cataracte se termine par une interminable fuite d’eau. Bref, il se distrait comme il peut, en rêvant de devenir un jour l’objet de compagnie que la brosse militaire a le privilège d’être.

Servile et silencieux, il souhaiterait tant ne pas être en pet, mais tout au long de son existence idiote, le singulier balai privé s’emmerde… 

Si vous prévoyez de voyager en Namibie, allez dormir au moins deux nuits au Ngepi Camp, situé près de la frontière Nord de la Namibie avec le Botswana. C’est un endroit délicieux, plein d’humour et de décontraction. Certainement, l’un des meilleurs lieux où j’ai bivouaqué. Les bungalows n’ont que deux murs, ouvrant la vue sur la rivière et la nature. C’est féérique, sans se prendre au sérieux… Voici le lieu: ici

Accès au Ngepi Lodge. Déjà une promesse d’aventure et de bonheur.

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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