TO DO LIST

Une ribambelle de choses à faire en cette après-midi, avant un massage prévu à 17h, dans les hauts quartiers de Medellin. En voilà la liste, non exhaustive :

Regarder les gens vivre autour de moi avec la même impavide frénésie qu’un lézard musardant sur une dalle provençale.


Ne pas perdre une miette de cette brise facétieuse, qui joue à la marelle dans le feuillage des arbres et vient ventiler les 26 degrés entêtants de ce début d’automne. La preuve qu’on peut être à la fois au four et au moulin.


Laisser gambader mes pensées au gré de leur fantaisie, faisant des bonds quantiques et d’incessantes allées et venues entre le passé et le futur, avec un certain dédain, ou une peur inavouée pour le présent.


Les observer ces pensées vagabondes, voir où elles me mènent, les regarder intérieurement s’entrechoquer et dialoguer comme si j’écoutais toute l’après-midi ces six jeunes tourterelles de 14 ou 15 ans qui étaient absorbées par un conciliabule secret à la terrasse du glacier. Puis les voir soudainement se disperser aux quatre vents dans un concert de ricanements.

 
En conclure que les pensées sont des jeunes filles qui rêvent de rencontrer leur Prince, celui de la concrétisation ou celui du passage à l’acte. Elles se regardent et se prennent en selfie dans le photomaton de nos crânes, en rêvant de devenir des actes tangibles dans la galerie d’instants-grammes de nos existences réelles.


Constater avec satisfaction que la légèreté de l’être n’a finalement rien d’insoutenable.


Regarder durant un siècle cet oiseau sur la branche de l’arbre dispendieux de son ombre et se demander s’il est à domicile ou si, comme moi, il ne fait que se reposer un instant avant de repartir dans une valse de destinations lointaines.


Commander un second café, regarder l’heure et en déduire qu’il reste encore quelques années lumières avant le massage. 

Comment vais-je tuer tout ce temps ? En me faisant un sang d’encre, afin qu’il coagule utilement en mots, dans ce livre à venir qui sera le caveau, si familier à défaut d’être familial, que l’on appelle un livre. 

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s