Butiner la vie

Hier, j’ai découvert un post sur Facebook d’un ami qui s’est fait cambriolé son bel appartement, témoignant à chaud de sa rage légitime et de l’injustice de cette mise à sac, pour reprendre ses termes, des efforts et des fruits de toute une vie.

Je suis bien content d’avoir, moi-même, mis à sac (de 15kg;-) ma propre vie et de ne plus rien posséder que des choses immatérielles, mais tellement précieuses que personne ne parviendra à me voler: mes rêves encore si nombreux que j’aurais bien du mal à en faire l’inventaire, mes souvenirs qui se pointent comme des amis, sans prévenir, avec à leur traîne ce voile de mélancolie qui colore mon existence de cette lumière orangée si propre aux crépuscules, mes projets de lendemains qui chantent accrochés comme des boules de Noël au sapin de mon irréductible optimisme, l’émerveillement qui illumine chacune de mes journées lorsque j’observe le spectacle réjouissant des humains dans cette part d’eux-mêmes qui les sauvent encore ou la générosité de la nature dans cette profusion de chefs d’œuvre dont elle nous gratifie gracieusement, la joie de me sentir encore si vivant avec mes bottes de sept lieux et mes 20 ans d’âge mental!

Tout ce que nous possédons est un discours fait aux asticots sur nos frêles espoirs de postérité. Mais nos tombeaux qui patientent paisiblement dans les cimetières, destinations communes et inéluctables, ne sont pas des gardes meubles d’antiquaires ou des chambres fortes de salles de ventes. La vie ne nous fait pas crédit et elle rémunère rarement le capital au-delà de nos propres intérêts. C’est la raison pour laquelle je vis comme je dépense: content et en billet d’humeur, comme celui-ci.

J’espère que les Dieux ne m’en voudront pas de voyager finalement si léger et de désormais privilégier le verbe être au verbe avoir. N’oublions pas que nous sommes avant tout des êtres humains et pas des avoirs humains. Même si cela reste à voir…

L’avoir déshumanise tout être quand il n’est pas offert. Thésauriser s’est se terroriser. Ne nous laissons pas posséder par ce que nous possédons. Efforçons-nous en toute chose d’être libre comme l’air plutôt que d’avoir l’air d’être… en se cantonnant au paraître.

Je conclurai par une très jolie phrase de Christian Bobin dont j’ai fait mon inviolable demeure:


« Légèreté de l’oiseau qui n’a pas besoin de posséder la forêt, pas même un seul arbre… »

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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