Canard à l’orange

Canard à l’orange…de bon matin!

Bien que j’essaie, autant que faire se peut, de me tenir éloigné de toute actualité fâcheuse et des petits tracas gaulois, j’ai croisé ce matin six canards, tout juste envolés d’un kiosque à journaux, venus me colporter des nouvelles du monde. 

Je n’eus le temps que de prendre connaissance de leurs chroniques du bout du monde et de quelques gros titres écrits de leurs plus belles plumes, car j’étais accaparé, dès six heures du matin, par le lever du soleil sur le sable orangé de cette petite station balnéaire de Kaiteriteri. 

Que voulez-vous, on a les occupations qu’on mérite!

J’ai demandé à ces six canards, trop vite parcourus et filant déjà renseigner d’autres lecteurs plus assidus, si je pouvais les emporter avec moi pour les feuilleter, plus tard, devant un bon café. Mais j’essuyai un refus dédaigneux du chef de file que je baptisai aussitôt du sobriquet de « L’Express ». Il me jeta un regard hautain de canard qui se fût adressé à un laquais! Visiblement les nouvelles se consomment fraîches et pas à la demande dans ce bled du pacifique!

Toutefois, la dernière cannette, que je prénommai Elle, me gratifia avec une certaine complaisance de la lecture de mon horoscope du jour, sans doute pour nous éviter toute prise de bec. Les astres de ce magazine féminin prévoyaient pour la journée, une balade en bateau, une séance de kayak autour de Adele Island, sanctuaire où se reproduisent les otaries (dont une viendra nager et jouer à un mètre du kayak), l’observation rapprochée de cormorans tachetés, une baignade dans une grotte et deux heures de glandouille sur une plage de sable blanc. Puis, sa lecture achevée, elle se dépêcha de rattraper sa bande, non sans m’avoir souhaiter une belle journée.

C’est ainsi que je vis disparaître mon mini kiosque ambulant en caquetant sur l’érosion du lectorat…et regrettant le bon temps où les journaux comme les journées s’écoulaient paisiblement au coin coin de la rue!

On ne s’étonnera que la crise de la Presse connaisse son apogée en de tels lieux où l’on croise d’anciens parisiens pour qui plus rien ne presse…

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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