Une vie sur deux roues !

Je viens de lire le conseil d’un motard bien avisé :

“Ne roule jamais plus vite que ton ange gardien peut voler. »

Et mon ange, à qui je dois tant, lisant par-dessus mon épaule, m’a murmuré à l’instant:  

“Dieu que cela nous manque ! N’est-ce pas Fred ?”

Je vous laisse imaginer et formuler à votre manière qu’elle fut ma réponse. 

En guise de conclusion, je vous laisse sur une vérité fulgurante et sacrément bien roulée, de l’immense Jorge Luis Borges :

« J’ai pensé, non sans ironie, que le travail est l’une des fictions les plus convaincantes de notre époque : il nous promet un sens et nous offre une routine.

Vivre, en revanche, est une tâche moins visible et plus ardue : elle exige de l’attention. Non pas l’attention portée à l’horloge ou au salaire, mais celle portée à l’instant qui ne se répète pas : un coin de rue au crépuscule, une conversation insignifiante qui effleure soudain l’éternel, la reconnaissance – tardive et toujours insuffisante – que nous sommes là ».

Bonne route à chacun d’entre-vous, quel que soit le nombre de roues, en ligne droite ou en courbes alléchantes vers vous-même. 

Précision: ce texte a été écrit sans l’aide d’une IA, comme cela devient malheureusement l’usage avec tout ce qui est publié et, que de moins en moins de gens prennent le temps de lire ou de savourez. 

La vidéo prend chaque jour davantage le pas sur l’écrit. Alors les videurs de ce blog ont reçu comme consigne de ne laisser entrer que des gens emplumés et de drôles d’oiseaux !

Alors, je me suis contenter d’écrire ces mots, du fond d’une chambre de passage à l’autre bout du monde, avec le secours de 26 petites lettres de l’alphabet, frissonnant face aux effets spéciaux et aux bruits de couloir annonçant une disparition inéluctable de la pensée. 

Ce texte fut donc écrit avec la muette complicité :

  • de mes 70.000 km parcourus au hasard, le nez au vent, en Amérique latine, 
  • de la poussière des grands chemins et de sentiers tellement perdus qu’ils ne s’avouèrent jamais battus
  • des 2371 litres d’essence engloutis en quatre années pour un montant de 2100 euros
  • de milliers de lignes d’horizon, qui ne cessaient de battre en retraite à mesure que je tentais de les atteindre, où naquirent des aubes prometteuses et de flamboyants crépuscules
  • De quelques compagnons de route qui me firent l’honneur d’occuper la selle arrière, par amitié, amour ou nécessité, pour quelques centaines de kilomètres.
  • des nombreux mécaniciens, tous pays confondus, qui me gratifièrent de leur génie, de leur créativité, de leur empressement pour m’aider et m’apporter des solutions, parfois si improbables.
  • Et enfin, sans l’harmonie, parfois capricieuse, qui unit tout homme à sa monture, finissant par se croire Don Quichotte confiant son destin vagabond à sa belle Rossinante. 

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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