Perte de connaissance et prise de conscience

Rien de tel pour découvrir un pays, que de sortir des sentiers battus et rebattus par les hordes de touristes, et d’opter pour une immersion complète dans les réalités quotidiennes, d’éprouver « pour de vrai » la vie des habitants, surtout les plus exposés aux vicissitudes de l’existence, les moins protégés par un niveau de vie confortable.

 

Découvrir un pays c’est aller au contact des gens qui y vivent, qui l’animent et le font prospérer. C’est aussi parler la langue et pouvoir communiquer pour comprendre l’âme d’un peuple… 

C’est aller au-delà des apparences et des beaux paysages, en s’intéressant davantage aux messages qu’écrivent les hommes avec leur sang et leur sueur, que de se contenter, comme on le fait trop souvent, des belles images de cartes postales qui finissent épinglées sur les réseaux sociaux, ces lieux clos et emmurés, proclamant une vie chatoyante mais souvent illusoire. 

Il me reste encore tant d’expérience à vivre, de pays à traverser et de gens à rencontrer. J’espère pouvoir passer quelques jours en compagnie d’un routier au long cours, accompagner un marin-pêcheur, voyager sur une péniche pour découvrir la vie d’un marinier, passer une nuit avec les gens de la rue (entre Sans-Domicile-Fixe, on aura forcément plein de choses à se dire). 

Avec le projet de constituer prochainement un livre de portraits, au fil des jours égrenés depuis bientôt quatre années, il me reste encore de belles rencontres à provoquer pour toucher du doigt la réalité de mes frères humains et mettre tout cela en mots et en images. 

C’est donc avec cette même curiosité, dissimulée derrière une évidente inquiétude, que j’ai pu découvrir cette nuit, une tranche vie d’un petit hôpital de province, sans véritablement le vouloir. Les photos qui illustrent cette mini-chronique ont été prises entre minuit et trois heures du matin au service des urgences de l’hôpital UPA de Saõ Jaõ del Rei, petite bourgade au passé colonial, située dans l’Etat du Minas Gerais (Brésil).

Mon amie Catherine, qui m’accompagne pour un mois au Brésil a fait un malaise inexplicable en fin de soirée et a perdu connaissance. Le SAMU, en la personne de deux jeunes femmes, est arrivé en quelques minutes à l’hôtel. Les premiers examens indiquèrent que tout était bon (pression sanguine, rythme cardiaque…), sauf sa température qui flirtait avec un petit 32 degrés. L’hypothermie évidente et l’état d’inconscience dans laquelle elle était plongé, nous offrirent un voyage aller-simple a l’hôpital le plus proche. 

Une fois perfusée et mise sous-traitement préventif, elle passa la nuit en observation, et ne reprit ses esprits qu’au petit jour, en se demandant ce qu’elle faisait là, n’ayant aucun souvenir de ce qui a bien pu arriver, même lorsqu’elle était encore parfaitement consciente. A l’heure où j’écris ces lignes, Catherine va bien, est rentrée à l’hôtel, et nous nous apprêtons à reprendre le cours normal de notre voyage, mais le mystère demeure, et nous allons à l’hôpital pour avoir un diagnostic définitif, car les explications nocturnes étaient pour le moins sommaires et confuses. Le fait de ne pas parler portugais (personne ne parlant une autre langue;-) ne rendait pas les choses faciles et nous étions concentrés sur les remèdes plutôt que sur les causes. 

Cette tranche de vie, bien involontaire, au milieu de la cour des miracles d’un hôpital du bout du monde est toujours l’occasion de voir l’envers du décor et d’approcher les gens qui savent que le pouls d’un peuple se prend parfois en urgence et sous perfusion. Il faudra que je rajoute à ma galerie de portraits, un médecin-urgentiste, mais dans un pays où je parle la langue pour pouvoir aller au delà des images, des apparences et des préjugés…

Je laisse au chanteur Pierre Perret le soin de conclure cette petite chronique hospitalière avec ses paroles bien senties, tirées d’une de ses chansons : 

Qu’on est loin de son pays natal,

Quand on se retrouve à l’hôpital.

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

5 commentaires sur « Perte de connaissance et prise de conscience »

  1. Bonjour Malgré tout moins de monde que les urgences de la métropole…En espérant qu’elle se rétablisse rapidement avec un bon diagnostic, tout est possible sans parler la langue, loin de tout, les Anges veillent et vous accompagnent ❤️🌟❤️ Bon cheminement ❤️🙏💫🙏💫🙏❤️

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