Enfin sur la route !

Enfin, sur la route, après quelques jours d’organisation, de remise en condition de la moto et surtout de négociation angoissante avec les douanes argentines, qui pouvaient séquestrer la moto pour être demeurée trop longtemps sur le territoire.

Mais avec un peu de patience et de salive… Avec la complicité de ma bonne étoile et d’amis précieux, les choses ont fini par s’arranger et nous sommes enfin partis de Puerto Piramides pour prendre la route.

Soirées d’adieux et de remerciements, et nous voilà cap plein Nord, pour échapper aux froids mordants de la Patagonie. Il faut s’arrêter toutes les heures, parfois dans des endroits improbables, au risque magnifique de faire des rencontres insolites, pour nous réchauffer, refaire le plein et savourer notre chance d’être les acteurs d’une vie si singulière.

Mattéo découvre la vie de son père. Il fait preuve d’un courage qui m’impressionne. Alors que je me concentre sur la conduite, oubliant un peu ce froid pénétrant, il prend son mal en patience et a tout le loisir de ressentir le froid et les bourrasques de vents particulièrement viriles de ces terres hostiles et décharnées.

Direction l’extrême nord de l’Argentine, pour rejoindre à coups de 300/400 km quotidiens, la province de Misiones et le territoire des Guaranis. Sur ces centaines de kilomètres en parfaites lignes droites, abrutissantes et interminables, nous ne rencontrons que quelques voitures et des camions, qui nous mettent une gifle à chaque fois que nous les croisons. Leur déflagration est le véritable danger et nous appelle chaque fois à la vigilance. Nous nous saluons parfois, entre gens du voyage… ou nous ignorons copieusement. Question de mentalité, de disponibilité et de circonstance…

Arrêt forcé, au milieu de nulle part, pour réparer la chaîne et la raccourcir, car elle flottait dangereusement et risquait de provoquer un incident sérieux. Il faudra dès que possible changer tout le kit de transmission, mettre une nouvelle chaîne, pignon et couronne. Mais pour l’instant, la réparation effectuée par une paire de mécanos sympathiques, rencontrés par hasard sir la route, devrait tenir jusqu’à Cordoba. Le jeune patron de cet atelier perdu sur la Ruta 3 se prénomme Angel. Ca ne s’invente pas…

Nous échouons à la nuit tombée, dans une bourgade sans intérêt, San Antonio Ouest. Nous sommes littéralement congelés, misant sur le mental pour résister aux morsures du froid et ne pas sombrer dans les grelottements qui montent. Après avoir conquis les extrémités, le froid a fini par prendre possession de tout le corps, des os, et de l’humeur. Nous nous jetons dans le premier hôtel à peu près convenable, après nous être assurés qu’il disposait de tous les ingrédients indispensables pour reprendre une vie normale: une douche chaude, un chauffage sérieux, un lieu pour sécuriser la moto, de quoi boire et manger (une mauvaise rôtisserie au coin de la rue et un supermarché pour un honnête Malbec feront l’affaire!), et du wifi pour communiquer et nous faire un bon film.

En découvrant qu’il fait déjà 35 degrés en France au mois de juin, j’éprouve quelques secondes de regret et une fugace envie de rebrousser chemin. Mais, la joie de vivre ces moments complices, si dépaysants et puissamment édifiants avec mon fils, qui est devenu un homme que j’apprends à découvrir, tout cela vaut tout l’Or du monde.

Il nous reste trois semaines pour arpenter ce pays mythique, grand comme cinq fois la France. Cette perspective de totale liberté, d’émotions partagées, de moments d’affection qui m’ont tant manqué lors de mes périples en solitaire, est la plus belle feuille de route que je puisse imaginer.

L’aventure ne fait que commencer…

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

2 commentaires sur « Enfin sur la route ! »

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