La route de la paternité

Patchwork de photos d’un voyage hors norme qui s’avère écartelé entre tant d’extrêmes :

Retrouvailles père-fils, après des mois d’absence en Afrique australe, proximité affective et complice au milieu des paysages esseulés de l’envoûtante Patagonie et de l’interminable Pampa argentine. Deux humains sillonnant un désert sans autre vocation que d’accueillir le silence, des confidences sincères, de colmater l’éloignement et d’éviter quelques guanacos facétieux.

Un froid piquant, devenant cruel au fil des kilomètres dans une immobilité, sur cette selle étroite, durant des heures. Le froid se permet tout ! Il entre par effraction dans le moindre interstice de tissu, perforant puis pénétrant chaque fibre pour venir mordre la peau, sur cette moto ronflante, tête baissée vers un avenir commun mais éphémère, qui prendra fatalement fin d’ici trois semaines. Tout cela contraste avec la chaleur de nos retrouvailles et le fait de revoir mes amis argentins, quittés voilà deux ans exactement.

Après des semaines quasi sédentaires passées en France, à la limite du ré-embourgeoisement, immergé en permanence dans la douceur ouatée de l’amitié, savourant l’hospitalité de ceux que j’aime et qui me le rendent si bien, me voilà plongé dans les steppes dépeuplées, dans le vent de Patagonie qui râpe tout ce qu’il touche, même les espoirs insouciants et les envies d’écriture. Heureusement que je partage ces heures incertaines avec Mattéo qui s’émerveille.

Et que dire du grand écart que je m’impose entre cette vie nomade, insouciante, furieusement allégée, si spirituelle et si peu matérielle, et la nécessité qui se profile de réinventer ma vie sous d’autres latitudes, de devoir « refaire de l’argent », pour vivre et continuer de voyager, d’écrire, de devenir l’être immensément libre que je veux rencontrer au bout du chemin!

J’adorerais avoir la souplesse d’un petit rat de l’Opéra pour survivre à de tels grands écarts. Mais je suis une vieille Pie migrante au cœur de la beauté du monde, un peu rouillée dans ses envies de folles escapades, dans ses rêves de liberté et d’accomplissement personnel, mais avec toujours, chevillé au corps, ce désir de vivre haut et fort, d’aimer sans compter à en faire un art de vivre! Sans doute est-ce cela: être bien vivant !

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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