Voyage et liberté

 Ceci n’est pas à proprement parlé une chronique de voyage. Juste un petit billet d’humeur pour accompagner une série d’images dévoilant l’un des aspects les plus attrayant du Mozambique : ses plages interminables, ses levers et coucher de soleil sur des eaux turquoises, une langueur toute insulaire de ses habitants, les pêcheurs et leur boutres …

Petite halte de quelques jours à Vilanculos, étape incontournable pour qui emprunte la longue route côtière. Vilanculos et l’archipel de Bazaruto accessible en bateau rapide ou en hélicoptère pour ceux qui ont envie de s’envoyer en l’air, tout en allégeant leur compte en banque. 

Balade inoubliable sur des kilomètres de plages désertes. Remontée des filets de pêche au petit matin, ou défilé des femmes venant faire leur marché sur la plage pour revendre leurs poissons en centre-ville. Visite de lodges désertés de tout touriste depuis de si longs mois. Une économie touristique dévastée et à reconstruire entièrement, en en profitant pour la réinventer au passage, si possible…

La fascination pour ces bateaux de pêches, ces boutres traditionnels, appelés Dhow, dont la technique de construction et la voilure triangulaire sont héritées des arabes et se sont répandus dans toute l’Afrique de l’Est durant mille ans. 

Une petite pensée pour le grand aventurier Henri de Monfreid qui construisait lui-même ses boutres pour s’adonner en mer Rouge, à des trafics en tous genres : haschich, perles, alcool, armes… Il fallait bien financer les voyages. 

D’ailleurs, je devrais peut-être y songer;-) 

Comme le temps me manque pour écrire une véritable chronique, car je voyage et vis plus vite et intensément que je n’écris, je vais me contenter de m’éclipser en laissant la parole à une femme de caractère, Isabelle Eberhfardt, grande journaliste, voyageuse à l’époque où ce mot était synonyme d’aventure, écrivaine, décédée en 1904. 

« Un droit que bien peu d’intellectuels se soucient de revendiquer, c’est le droit à l’errance, au vagabondage. Et pourtant, le vagabondage, c’est l’affranchissement, et la vie le long des routes, c’est la liberté. Rompre un jour bravement toutes les entraves dont la vie moderne et la faiblesse de notre cœur, sous prétexte de liberté, ont chargé notre geste, s’armer du bâton et de la besace symboliques, et s’en aller ! Pour qui connaît la valeur et aussi la délectable saveur de la solitaire liberté (car on n’est libre que tant qu’on est seul), l’acte de s’en aller est le plus courageux et le plus beau. Égoïste bonheur, peut-être. Mais c’est le bonheur, pour qui sait le goûter. Être seul, être pauvre de besoins, être ignoré, étranger et chez soi partout, et marcher, solitaire et grand à la conquête du monde. »

Le General Lyautey lui rendit à l’époque un bel hommage :

« Elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace, quel régal ! »

Quel destin…!

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

Un commentaire sur « Voyage et liberté »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s