« Je m’avance peut-être, du coup je vais reculer un peu pour éviter d’arriver trop tôt, là où je voulais en venir! » introduisait ainsi, avec malice Stéphane de Groot, l’une de ses chroniques humoristique.
Mais il faut bien reconnaître que par les temps qui courent, plus rien ne marche, aurait-pu renchérir le grand Raymond Devos, s’il était encore vivant, en voyant comment l’époque est devenue. Pas vrai ?
Chaque matin, à la lecture des nouvelles du jour, on croit avoir atteint le fond de la piscine et on nourrit l’espoir que le monde va se ressaisir, que nous allons retrouver la raison et la tempérance, raccommoder nos liens si brutalement effilochés par le cynisme ambiant, l’indécence effrénée et l’égoïsme décérébré dont se rendent coupables ceux qui prétendent nous diriger.
Le phénomène est désormais mondial. L’humanité est en train de sombrer et chacun spécule ou se prépare au pire.
Pour survivre et ne pas boire la tasse, dans cette piscine apparemment sans fond, chacun se bricole quelques remèdes à sa portée. La poésie, la contemplation et l’humour sont pour moi de salvateurs brassards dont j’use au quotidien et qui me permettent de surnager face à la houle de l’avenir et dans le déluge de mauvaises nouvelles savamment orchestré par les médias et les algorithme.
D’autres choisissent l’art, la culture générale, la solidarité, l’histoire, la pêche à la mouche, la culture d’un jardin, le refuge dans sa bibliothèque ou la passion amoureuse, entre autres choses pour résister, garder espoir ou entretenir la petite flamme au fond de l’âme qui nous rendent parfois si magnifiquement humains.
Bien sûr, une masse grandissante se réfugient dans le miroir aux alouettes de l’hyper-divertissement, mâtiné par un narcissisme sans retenue, dans l’extrême consommation de biens inutiles que le système attend d’eux, dans l’absorption d’anxiolytiques, ou dans un débordement de haine ou de colère dont ils sont les premières victimes.
Toutefois, dans ce piteux constat de notre époque, qui touche nos sociétés sur les quatre hémisphères, le Nord comme le Sud, sur lesquels je m’évertue à faire les cent pas, et ceux, plus restreints de nos propres cerveaux, le gauche et le droit, dont nous ferions bien de faire usage plus souvent, je crois fermement qu’il demeure un espoir.
Car dans l’effondrement apparent de nos valeurs et de nos engagements, derrière le rideau de fumée noire de l’actualité mondiale, étincellent discrètement des millions d’initiatives collectives et d’exemples de gens qui courageusement s’évertuent à changer le monde, à refuser la doxa des dominants, qui cultivent chaque jour la fleur du bien vivre plutôt que de céder à la lèpre du renoncement.
Face à la désespérance qui contamine des peuples entiers, d’opiniâtres résistants et des porteurs de lumière œuvrent parfois dans l’ombre de l’actualité spectaculaire pour planter et faire grandir les ferments d’un monde meilleur, plus juste, plus humain.
Ne désespérons pas, les optimistes (dont je fais partie) sont à l’œuvre. Et ils recrutent à tour de bras.
Alors, en leur hommage et pour défendre cette nécessité de voire le verre à moitié plein, plutôt que presque vide, je vous laisse sur quelques fulgurances de grands personnages et sur un bouquet de pensées concernant l’Optimisme. Un remède au temps qui courent comme des poulets sans tête, et une attitude à adopter désormais, de l’aube au crépuscule. Nous ne sommes que le résultat de nos pensées mises en cohérence avec la somme de nos actes!
L’inénarrable George Bernard Shaw ouvre le feu:
“Les optimistes comme les pessimistes contribuent à la société, l’optimiste invente l’avion, le pessimiste, les parachutes. “
Un immense politique, Shimon Peres, qui doit désormais faire des bonds dans sa tombe, nous a pourtant légué ces mots:
“Mon plus grand mérite est sans doute de veiller à rester optimiste. Optimistes et pessimistes meurent de la même manière, mais ils vivent différemment.”
On a souvent attribué cette pensée à Jean d’Ormesson, mais la véritable auteure semble plutôt être Marie-Lyse Aston. Exemple de ce monde du faux et de la fascination pour les « riches and famous »!
“Un optimiste est quelqu’un qui commence à faire ses mots croisés au stylo à bille.”
Personnellement, je vis depuis des années avec cette magnifique formule du Maréchal de Lattre de Tassigny:
« Un optimiste, c’est un type qui plante deux glands et qui foncent s’acheter un hamac. »
Mais, comme toujours, dans mes chroniques du bout du monde, il faut que le poète dise le dernier mot, sans aucune intention de nous embobiner… lui!
« L’intelligence est la force, solitaire, d’extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi – vers l’autre là-bas, comme nous égaré dans le noir. »
Demeurons optimistes les amis et œuvrons pour le prouver chaque jour en y mettant toutes nos forces, en accumulant les preuves que l’intelligence et la tolérance perdurent derrière la suintante intolérance.















Excellent !
J’aimeAimé par 1 personne
Thanks;-)
J’aimeJ’aime
Parfois, au cœur du tumulte, quelques mots suffisent à rallumer une flamme. L’optimisme n’est pas une fuite, c’est une manière de résister, de croire encore en la lumière.
« Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante. » – Nietzsche
J’aimeAimé par 1 personne