Finir mes jours de mille manières possibles
Foudroyé en pleine sieste à l’abri d’un vieux chêne, quand l’orage pointe sournoisement son nez
Dans une urne funéraire posée sur la cheminée, entre Netflix et un bouquet de glaïeuls, après une existence consumée par les deux bouts et des espoirs partis en fumée
Dans un vol plané au sommet des Andes, bras ouverts, coeur léger pour accueillir le ravin, ayant mis pleins gaz vers l’espoir d’une réincarnation et de quelques pardons
Englouti par les eaux noires et calmes d’un lac malicieusement assoupi, puis dévoré par les crabes d’une crique, qui se moquent du cancer
Dans une ultime partie de galipettes, au fond du plumard d’un bordel sans nom, comme un point final à cette vie en zig-zag menée sans peur et sans reproche.
Dans une ultime cuite, au bout d’un comptoir du bout du monde, en oubliant à jamais tous ceux qui m’ont saoulé et l’ivresse du voyage qui fut mon élixir.
Mais jamais, de grâce, jamais! Comme cet homme décrépi et ridiculement masqué, déambulant dans les rues vides de cette jungle urbaine, avec le regard éteint d’un déjà mort-vivant, promenant son toutou et sa tristesse en laisse.
Toute une vie résumée en quelques crottes dans un sac en plastique. Je reste sur ma fin!


