Danger de mort

Nuit brumeuse et ville déserte pour mes premiers pas au Brésil… 

Il faudra bien plusieurs mois pour explorer ce pays gigantesque, grand comme 15 fois la France. 

Balade nocturne dans cette ville-étape (Pelotas) après une journée de moto depuis l’Uruguay. On m’avait dit «rien d’intéressant entre la frontière et Porto Alegre ». 

Des champs qui se succèdent sur plus de 250 km, des bovins et des chevaux qui broutent, des terres inondées, lagunes, mares, immenses flaques d’eau, chemins transformés en bourbiers, une heure de bruine insidieuse, tout cela ressemble à un triste futur, quand la montée des eaux aura gagné des millions d’hectares sur les terres jadis occupées par cette drôle d’espèce qu’on appelait les humains.

Ambiance prophétique de fin du monde qui se prolonge la nuit, une fois que le cirque du grand commerce a remballé sa folie de l’hyper-consommation. Personne dans cette ville dégoulinante, à l’heure où tous les chats sont gris, et où les hommes se grisent dans leur canapé, devant des téléviseurs ou des écrans qui leur racontent le monde, un monde qui n’est pas celui que je traverse ni que l’on me raconte.

Je déplore de ne pas parler portugais, ce qui complique ma communication avec ce peuple incroyablement accueillant. Il faudra que je relate dans une prochaine chronique la gentillesse et serviabilité, durant ces premières heures brésiliennes, dont j’ai été l’objet. Franchement, ça donne envie de parler cette langue et d’avoir très vite des conversations intenses et profondes, loin du butinage aimable que je vois si souvent dans les déplacements qui ne sont que touristiques… 

A suivre…

PS: sur un mur, la fée électrique déguisée en tête de mort, me prévient d’un danger de mort, d’un risque de haute tension, un peu comme dans les pages des guides de voyage et sur le site « conseils aux voyageurs » du ministère français des affaires étrangères, qui sont obsédés de sécurité, de braquages et d’attentats, quand ce n’est pas d’insidieux virus. 

Ne leur en déplaise, le monde est tellement moins dangereux que sur BFM TV… Je le vérifie depuis plus de 1315 jours dans des endroits qu’on dit souvent infréquentables.

Quand on me parle de risque, j’ecoute et je regarde la vie de ceux qui me donnent des conseils, me disent de pendre garde et « soin de moi ». Je souris poliment…

Me voilà prévenu ! 

Mais dans ma tête et mon cœur, leurs sages mises en garde deviennent : « Sors! Ose! Va au devant du Monde ! Tu ne cours qu’un grand danger… de vie! »

Long (and flooded) is the road…

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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