Eruption Solaire

C’est aux alentours de la ville frontalière de Oranjemund, petite bourgade humble et paisible, qui se situe à l’extrême sud de la Namibie, sur la côte Atlantique, que j’ai fait leur connaissance. J’avais élu domicile dans un campsite mal tenu, dirigé par une femme peu aimable et visiblement aigrie qui trimballait sa disgrâce, entre la cuisine, la piscine et la terrasse du restaurant sans intérêt, en tirant clope sur clope. Cette Afrikaner dont les contours arrondis et la silhouette délaissée depuis des lustres, la faisaient ressembler à un personnage de foire, se tuait à petit feu, c’est parfois la seule liberté qui nous reste : s’immoler avec ses propres démons. 

Dormant quasiment tous les soirs dans de nouveaux lieux, je peux dire que j’ai vus un nombre impressionnant d’hôtels, de camping, de lieux d’accueil touristique, en déliquescence managériale mais miraculeusement sauvés par leur numéro 2, par un ou une salariée hors norme, qui par leur gentillesse, un surcroît évident de bonne volonté et un certain professionnalisme parvenait à compenser la nullité du dirigeant de l’établissement, ou l’avachissement moral dans lequel le propriétaire des lieux avait fini par sombrer, corps et âme. C’était précisément le cas de ce lieu, en tout cas pour ce qui concerne l’état de perdition dans lequel semblait errer cette Afrikaner aboyant ses ordres à ses employés noirs. Elle n’avait malheureusement pas su ou voulu s’entourer efficacement, ce qui transformait l’établissement en une sorte de bateau ivre, depuis longtemps à la dérive vers un avenir incertain, loin des standards et règles les plus élémentaires du métier d’hôtelier. La période du Covid n’avait évidemment rien arrangé et l’absence durable de clients avait fini par éteindre toute motivation chez les quelques employés, tous habitants du township au pied de la montagne, qui faisaient de leur mieux pour masquer l’état de délabrement et ne pas perdre leur emploi. Mais croyez-moi, leur mieux n’était pas bien vaillant.

J’avais posé mon bivouac sur un carré d’herbe verte, copieusement arrosé chaque jour, ce qui transformait ces quelques mètres carrés en une oasis un peu surnaturelle, tranchant nettement avec l’aridité et les teintes sableuses de cette région désertique. Je partageais ce petit territoire avec un homme d’une soixantaine d’années, propriétaire comme moi d’un Land Rover Defender, qui s’était posé là depuis deux semaines en espérant que la frontière avec l’Afrique du Sud rouvre rapidement, afin de lui éviter de faire un détour de plus de huit-cent kilomètres pour rejoindre un autre poste frontière par lequel il pourrait s’échapper avant que son visa namibien ne soit échu. 

Régnant chacun sur un bout de ce territoire esseulé, nous discutâmes naturellement automobile, problème mécanique et soucis de visa, car Bernie avait été comme moi victime d’un bannissement de l’Afrique du Sud pour d’obscures raisons administratives. Mais à ma différence, après d’innombrables démarches et demande de recours, il avait récemment été blanchi et autorisé à entrer sur le territoire Sud-africain. 

Quand je lui expliquai que j’avais aussi fait appel de cette décision inique et totalement absurde, pour un dépassement de visa de huit petits jours, en raison d’une panne mécanique qui avait immobilisé mon Defender durant un mois dans un garage sud-africain, et que malgré l’intervention du Consul de France, je n’avais à ce jour aucune réponse, il me sourit en grimaçant et me conseilla de na pas trop espérer en avoir. Nous sommes visiblement des centaines dans ce cas-là chaque année et les autorités Sud-africaines n’en ont absolument rien à faire. 

Je lui ai expliqué que je comptais rejoindre Cape Town d’ici quelques semaines pour retrouver des amis et revendre ma voiture, précisant que j’allais essayer de passer en douce par un petit poste frontière, en espérant qu’ils ne soient pas informatisés. De nombreuses personnes m’avaient conseillé un poste douanier en particulier, en plein désert, situé dans une partie du Kalahari qui délimitait l’Afrique du Sud de la Namibie, en me précisant que d’après eux les contrôles sont très légers, d’autant plus quand on est un occidental au volant d’une voiture sud-africaine. 

Bernie ne voyait pas les choses du même œil et finit par doucher tous mes espoirs en me précisant, qu’au contraire, ils sont bien informatisés et très pointus sur la question, quels que soient la nationalité ou l’objet du voyage. Il s’était fait lui-même refusé l’accès à l’avion, à l’aéroport de Windhoek, lorsqu’il avait tenté de rentrer en Afrique du Sud pour prendre un vol de transit vers l’Europe. Cela expliquait qu’il continuait à errer comme une âme en peine, au volant de son Land rover, autour de la frontière depuis de longues semaines.

Même si j’avais de minces espoirs de passer la frontière en douce, cela valait tout de même le coup d’essayer, avec mon passeport bourré de tampon, où rien n’indiquait ostensiblement mon état de bannissement et la durée. En parallèle, j’allais relancer les démarches concernant ma procédure d’appel.

Je demandai à Bernie de quelle nationalité il était, en sachant très bien par l’indiscrétion d’une employée du camping qu’il était écossais. 

  • I am British.

J’objectai et précisai que j’avais entendu dire qu’il y avait un Ecossais dans l’établissement.

  • It’s me !! 

Connaissant bien les rivalités qui opposent depuis des siècles les Anglais et les Ecossais, je ne pus évidemment m’empêcher de préciser :

  • So, you are not British ?!

Bernie éclata de rire et acquiesça. Nous partagions désormais le même attachement pour les Land Rover, la même opinion sur les douaniers sud-africains et l’état de délabrement de ce lieu d’accueil qui nous servait d’asile politique. A ma grande déception, il ne sortit pas une bouteille de scotch pour fêter cela, tout en me faisant une réponse confuse sur la manière dont il avait obtenu la confirmation par mail de la fin de son bannissement.  Sacré Bernie ! Je ne peux lui en vouloir, il n’était que 8h30 du matin et la diplomatie c’est un peu comme les champignons, on ne révèle visiblement pas ses secrets, ni ses bons coins. 

Mais revenons à l’objet de cette chronique et à la rencontre riche d’enseignement que j’ai faite dans ce cul de sac namibien où tous les voyageurs en souffrance finissaient visiblement par échouer. 

Je venais de passer ma seconde et dernière nuit dans ce camping, n’ayant rien trouvé de convenable à un prix raisonnable aux environs. Cette seconde nuit n’eut rien à voir avec la précédente qui ressembla à un enfer sur Terre : pas un brin d’air durant toute la nuit pour rafraichir les 36 degrés qui avaient régné despotiquement pendant la journée sur cette province namibienne, où les cailloux, le matelas, la tôle de la voiture semblaient avoir la mémoire longue et restituaient lentement la fournaise emmagasinée dans l’après-midi. Comme si cela ne suffisait pas, je n’avais jamais vu autant de moustiques réunis en si peu de mètres carrés. Ils étaient nerveux et voraces. A croire que je me trouvais au mauvais moment et au mauvais endroit, ayant précisément choisi de passer la nuit là où la confrérie des insectes les plus nuisibles sur Terre tenaient leur symposium annuel. Malheureusement, le traiteur avait fait faillite peu de temps avant l’évènement et ils ne leur restaient plus qu’un British et un Gaulois à se mettre sous la dent pour le diner de Gala. La première nuit fut infernale, suante, insomniaque et cruelle. 

La seconde nuit, celle qui venait de s’écouler précisément au même endroit fut radicalement différente. Il en est visiblement de même des nuits comme des jours : elles se suivent mais ne se ressemblent pas ! Quelle douceur ce fut. Un vent mal élevé mais bienvenu, ne s’exprimant que par bourrasques viriles, fit place à la brise timide et velléitaire de la veille. L’air traversait la moustiquaire de part en part et vint rafraichir la tente dès les premières heures du crépuscule. Les moustiques avaient tous disparu, sans doute incapables de voler et de cibler la moindre proie avec un vent force 7. 

Contrairement à la veille, je me réveillai de bonne humeur, avec l’envie de croquer la vie par les deux bouts, sans programme précis pour la journée, mais bien décidé à ne pas perdre une minute pour aller explorer le sud et ses pistes caractérielles, où les pluies diluviennes, qui n’allaient plus tarder, pouvaient transformer un séjour VIP au Paradis en véritable enfer et engloutir un véhicule sous des eaux sans pitié. Nul doute que le déluge a été inventé en Afrique où les averses torrentielles et les orages en rogne inondent, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, des vallées entières et font sortir de leur lit King size de timides cours d’eau, assoupis durant la saison sèche, pour les transformer, à la saison des pluies, en fleuves impétueux qui dévastent tout sur leur passage. Cela peut paraître effrayant, mais je trouvais cela plutôt excitant.

M’étant levé tôt, je venais d’engloutir une tasse de café plus forte que d’habitude pour me remettre les idées en place, avais pris une bonne douche, profitant d’avoir de l’eau chaude, ce qui n’était pas si courant. J’avais rangé tout mon barda et replié ma tente arrimée sur le toit du Land Rover. L’ami Bernie semblait prolonger son séjour dans les bras de Morphée. Je n’aurais sans doute pas l’occasion de le saluer avant de disparaitre. Mais nous nous étions dit ce que nous devions nous dire. Il n’avait pas cherché à en savoir plus et c’était finalement bien comme cela. 

Savourant paisiblement une seconde tasse de café avec le sentiment du devoir accompli de bon matin, m’octroyant ainsi de précieuses minutes dénuées de tout sentiment d’urgence, je prenais soin de ralentir le temps, tenant à distance le moment où il me faudrait reprendre la route vers de nouveaux horizons. L’immobilité dans la solitude et le silence est devenue quelque chose de si rare de nos jours et dans notre monde trépidant, que je chaparde ces instants précieux et m’en nourris utilement jusqu’à la prochaine occasion. 

Je venais de lire un très beau passage de Christiane Singer, dans son Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies. Ses mots résonnaient encore en moi, comme dans une chapelle construite sur le Mont Silence.

« Ces êtres de dialogue, de partage et de mouvance que nous sommes, vivent de la magie des rencontres, meurent de leur absence.

Chaque rencontre nous réinvente illico – que ce soit celle d’un paysage, d’un objet d’art, d’un arbre, d’un chat ou d’un enfant, d’un ami ou d’un inconnu.

Un être neuf surgit alors de moi et laisse derrière lui celui qu’un instant plus tôt je croyais être. »

Forcément, je pensais à Bernie et à nos histoires de bannissement, en me demandant bien quels pouvaient être les raisons et le sens de notre rencontre. Apprendre de sources sûre que je ne pourrai pas rentrer en Afrique du Sud comme je l’espérais ? Me suggérer l’idée d’un plan B pour revendre mon Land Rover en le mettant en vente depuis la Namibie, en espérant qu’un Sud-Africain soit rapidement intéressé et accepte de traverser la frontière pour venir récupérer le véhicule ? Quelle part de lui-même avait-il déposée dans notre fugace rencontre pour que j’en ressorte légèrement différent ou un peu « réinventé » ?

La véritable réponse à ces questions surgit à l’instant même où je cessai de me les poser. Bernie n’avait aucun rôle à jouer dans mon processus de réinvention et il n’était pas La rencontre qui allait donner le ton et du sens à ces quelques heures passées à l’orée du désert.

Je m’attardais donc volontiers, en ce début de matinée où le soleil commençait à faire battre en retraite la fraîcheur de la nuit. J’observais cette grande étendue d’herbe verte, cette couleur devenue très rare depuis quelques semaines, en cette saison extrêmement sèche durant laquelle tout ce qui est vivant se rabougrit, jaunit, semble succomber face à cette impitoyable déshydratation. J’espérais traîner suffisamment en Namibie pour voir arriver la saison des pluies qui allait assurément, comme chaque année, passer un bon coup de rouleau de peinture verte sur la plupart des paysages que j’avais traversés, tout en refaçonnant les chemins et les pistes, en inondant des vallées entières, en transformant les flancs des montagnes en torrents peu fréquentables. La Terre devient une ivrogne assoiffée quand les orages se pointent à l’horizon. Alors, elle n’a plus de retenue, renversant tout sur son passage, elle se transfigure en une furie dégoulinante, engloutit dans ses sables des milliers de litres de sa boisson préférée. Ses cours d’eau timides deviennent alors des fleuves impétueux à l’enthousiasme débordant. Gare à celui qui s’en approche. Puis, une fois que le ciel ténébreux est parti vomir sa bile vers d’autres frontières, que le courroux des Dieux est apaisé, dévoilant à nouveau un soleil de paix, la vie reprend, l’espoir revient, tout ce que l’on croyait mort reverdit, la Namibie retrouve ses couleurs et ses atours, et elle redevient la plus belle femme du monde, avec des airs de jeune fille.

C’est au terme de ces pensées que mon regard fut soudainement attiré par une petite tâche jaune, qui jurait au beau milieu de ce tapis uniformément vert. La lumière était si vive que le jaune semblait scintiller comme un miroir, comme si quelqu’un s’échinait à m’envoyer un message en morse pour attirer mon attention et me prévenir de quelque chose.

Je me levai et me rapprochai de ce phare minuscule qui brillait au milieu de cet océan de vert. 

J’aurais pu les prendre pour deux pissenlits pris en flagrant délit de solidarité, qui sont à la flore ce que les gilets jaunes sont à l’humanité. Deux fleurs au tempérament de résistants, deux êtres à qui on ne la fait plus, qui ne croient plus aux promesses et qui savent que leur salut ne passera que par la lutte et la fraternité, pour pouvoir demeurer dans ce monde austère et si peu conciliant. 

Il s’agissait en fait de deux Leontodons de la famille des Asteraceae, que l’on appelle aussi les Liondent. Tout un programme ! La promesse de batailles à venir et l’incarnation sur tige de l’expression « Qui s’y frotte, s’y pique ! ».

Bien qu’elles ne soient plus depuis longtemps dans le moindre dialogue, mais plutôt tournées vers l’action la plus vive, nous fîmes connaissance et elles m’expliquèrent leur cause à grand renfort de geste avec leurs longs et innombrables pétales. J’avais en face de moi deux véritables activistes qui s’étaient mis en tête de faire reculer l’immense dune qui nous faisait face et bouchait l’horizon. Haute d’une cinquantaine de mètres, celle-ci avait progressé de cinq mètres en trois ans. En une dizaine d’années, elle finirait par mordre ce bout de gazon résolument anglais, et d’ici une quarantaine d’années, si rien ne changeait, le monstre de sable aurait englouti tout le campement et avec lui, les rêves des derniers campeurs libres et des Liondents batailleuses. Une tragédie à venir qui les mobilisait désormais sans relâche et semblait constituer leur raison d’être. Et comme les hommes semblaient ne rien faire pour que les choses changent, en commençant par la propriétaire des lieux, sur laquelle nous partagions la même opinion – ce qui nous fit partir dans un fou-rire d’une bonne dizaine de minutes – et bien elles avaient décidé de s’y coller, convoquant à leur côté tout le peuple des Liondents, qui poussent comme du chiendent ! 

Je ne pus m’empêcher de leur parler du réchauffement climatique, du côté inexorable de certains phénomènes, de la responsabilité des hommes dans ce dérèglement avéré dont la dune n’était qu’un des signes annonciateurs. Elles m’écoutèrent patiemment avec l’air de ceux qui savent déjà ce que vous pensez leur apprendre. Je leur parlais alors des migrations climatiques, de la possibilité voire de l’obligation de quitter leur terre pour aller s’implanter sous des cieux plus conciliants, dans des coins encore fertiles et accueillants. Je leur racontai ma vie et parlai de mon exemple de nomade, qui se cherche une terre d’accueil, loin de la folie des hommes et de leur aveuglement à ne pas voir le pire arriver. 

Elles étaient comme deux frangines, deux jumelles endimanchées qui se tiennent par la main le jour de leur première communion, en entrant dans l’église, leur vœux pieux brillant de jaune. Je me trompais lourdement. Elles étaient en réalité deux solides rugbymen qui se tiennent par les épaules, bien décidés à entrer dans la mêlée et à changer le destin d’un match ou d’une planète, quelle différence, pour ces deux illuminées d’espoir ?

Tout le peuple des Liondents était en marche me dirent-elles et d’ici deux ans, m’invitant à revenir, l’ensemble de ce champ vert serait une armée jaune de Leontodons, dispersés en ordre de bataille et bien décidés à renvoyer l’immense dune au bac à sable duquel elle n’aurait jamais dû sortir.

Elles objectèrent à mes arguments de nomade, pour qui le voyage est une fuite complaisamment masquée derrière le noble mot de quête. Elles me dirent que le vrai courage consiste à s’enraciner là où les combats sont à mener, que la bravoure ne consiste pas à suivre la brise qui nous porte vers des vents porteurs, des territoires faciles ou des raisons d’être de complaisance. Non ! la véritable responsabilité de tout être vivant sur cette terre que nous partageons tous, est d’honorer et de perpétuer la vie, en défendant coûte que coûte tout ce qui vit. C’est d’assurer sa survie et de perpétuer son espèce, dans un respect harmonieux et raisonné de tout ce qui est.

Je les écoutais religieusement et ne pus que ressentir un immense respect face à ces deux minuscules guerrières, êtres vivants comme moi, d’une détermination et d’une ténacité exemplaires, derniers remparts pour nous, les hommes avachis dans nos quêtes effrénées de divertissement, ou engoncés dans des vies de confort et de sécurité qui nous éloignent dangereusement des réalités du monde.

Bernie sortit de sa tente et me salua de loin, allant visiblement soulager sa vessie et ignorant tout du conciliabule qui était en train de se jouer, entre un homme en quête d’une raison d’être et deux vigies vêtues de jaunes, à l’esprit félin et au caractère mordant. 

Je ne pus m’empêcher de déclamer à mes deux jeunes amies, le vers prophétique du Poète français, Joë Bousquet, dont l’œuvre me tient debout depuis des décennies : « La valeur d’un homme se mesure au poids des choses qu’il aspire à sauver. »

Elles sourirent et me citèrent d’une même voix ces mots de Paul Watson, le fondateur de l’organisation militante Sea Shepherd :

« Dans le grand ordre des choses, ce qui importe n’est pas la durée de votre vie mais pourquoi vous vivez, ce que vous défendez et ce pour quoi vous êtes prêt à mourir. » 

Nous étions résolument en phase et nous promîmes de rester en contact. 

Alors que je m’éloignais pour aller saluer Bertie et prendre congé de lui, je me retournai et leur fis part de mon étonnement. Comment deux petites fleurs nées sur un carré d’herbe perdues au bout du monde, dans un désert brûlant, qui n’ont jamais vu la mer, peuvent connaître et citer l’un des principaux activistes planétaires qui défend bec et ongles l’avenir de nos océans ?

Elles se regardèrent et éclatèrent de rire. 

Leur réponse fut l’une des plus lumineuses que j’ai entendue dans ma vie : 

« Parce que nous partageons le même soleil, et que celui-ci nous parle tous les jours, colporte les nouvelles du monde, et nous apprend tant de chose que les hommes refusent de voir, derrière leurs lunettes de soleil et leurs écrans de fumée… ».

Je m’éloignai, surpris, pensif, éberlué par cette clairvoyance dont elles faisaient preuve, lorsque j’entendis la voix de la plus bavarde des deux me crier : « Et parce que nous partageons avec le Soleil la même couleur. Il est notre Dieu et nous sommes ses émissaires sur Terre ! »

Je repartis de ce campement avec la certitude que la sauvegarde de la planète était désormais une guerre de religion. Celle de la vie sous toutes ses formes, coûte que coûte, contre celle de l’inaction et du silence coupable qui nous condamnent tous au néant.

A chacun désormais d’écrire son propre évangile !

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

3 commentaires sur « Eruption Solaire »

  1. Tu n’es pas que voyageur et écrivain.
    Parler de la folie humaine inspirée par deux fleurs « jumelles » au milieu d’un parterre vert en plein désert, des fleurs que j’appelle du nom commun « pissenlit », qui poussent à profusion chez nous à la saison du printemps et que nous mangeons pour ceux qui savent que la nature offre des trésors sans avoir a se délester d’argent. Quelle belle manière de secouer l’humanité!!

    Aimé par 1 personne

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