Into the wild

« Si tu vas en Zambie, il faut absolument que tu passes par le South Luangwa National Park et que tu t’arrêtes quelques nuits au Flatdogs Camp ! » m’avait enjoint mon ami Tim Skelton. 

Tim est un British tombé amoureux de l’Afrique du Sud. Il est le patron d’une petite entreprise très dynamique qui organise des expéditions off-road et outland pour les amoureux de grands espaces, de road-trip en 4×4 ou en moto dans toute l’Afrique australe.

Je ne le connaissais pas lorsque j’ai mis les pieds, pour la première fois de ma vie, à Johannesburg. Mais après l’avoir rencontré et avoir passé quelques heures avec lui, il est devenu l’homme le plus important de mon existence, après mon fils et mon ange gardien. 

Mattéo, mon fiston, est ma fierté. Il est ce que j’ai réussi de mieux dans la vie, et quelque part, mon espoir et mon avenir. Il est l’homme qui me manque le plus au monde dans ce tour sur moi-même. 

Mon Ange Gardien est mon protecteur, depuis de si longues années. Il veille sur moi et valide mes coups de folie. Il avance masqué, invisible mais constamment présent, avec un bouclier sur lequel est inscrit le mot « Chance », car il est pudique et ne voudrait pour rien au monde s’attribuer mes mérites. Il a un talent inégalé pour me préserver des mauvais coups du sort. Bien sûr, il n’est pas toujours d’accord avec mes choix, mais s’arrange toujours pour me faire bifurquer quand je m’égare, sans que je m’en aperçoive, et me remettre, malgré moi, sur le droit chemin, vers ce pourquoi je suis destiné. 

Tim, pourrait être une rencontre parmi tant d’autres mais il m’a enseigné en une poignée d’heures fécondes, la manière de maîtriser les terrains que j’aurais à franchir durant ces mois en solitaire au volant d’un 4×4. Il m’a montré les possibilités époustouflantes de mon Land Rover, cette voiture qui sait monter au mur et s’affranchir de tous les obstacles. Il m’a démontré que les pires limites, ne sont pas sur la piste mais dans notre cerveau et dans notre inconnaissance de certaines techniques permettant de se sortir de milles situations difficiles.

Après deux jours passés à m’organiser matériellement et à étudier quel pourrait être mon parcours durant ce mois que j’allais passer en Zambie, je m’aperçus que le South Luangwa Park était l’un des lieux fortement recommandés et qu’il se trouvait sur la ligne de mire de mon exploration vers l’extrême nord de la Zambie, région excentrée dont curieusement personne ne parlait. Raison suffisante à mes yeux pour aller y traîner mes guêtres. J’aurais bien le temps de redescendre lentement vers l’épicentre du tourisme en Zambie, à savoir Livingstone et les chutes Victoria. 

Je fuis toute fréquentation touristique ainsi que les sentiers battus et rebattus par les agences de voyage et les Instagrammeurs. Je veux vivre, pas visiter, ressentir au fond de mes tripes les battements de pouls d’un pays, pas repartir en ayant simplement dérobé sa lumière pour coloriser mon existence. Il faut bien avouer que le Covid me facilite la tâche depuis des mois et vide les lieux jugés « incontournables » de toute présence superficielle ou surnuméraire. Je ne croise depuis six mois que de véritables voyageurs, des hommes et des femmes pour qui la route et l’inconnu constituent les seuls horizons, et la liberté, le seul air respirable.

Le Flatdogs Camp était donc sur ma route. Ne sachant pas à quoi m’attendre et n’ayant pas pris le temps de faire au préalable quelques recherches sur Internet, je m’arrêtai en chemin, dans la petite ville de Chipata, pour faire quelques ravitaillements en nourriture, en alcool, en eau minérale et en essence. Au cas où…

Je débarquais à l’heure du déjeuner dans la petite bourgade de Kakumbi, qui fourmillait d’activités en tout genre, le long du ruban de bitume et de terre latérite. Les centaines d’échoppes et de marchands ambulants en tout genre s’égrenaient sur les quelques kilomètres menant au pont qui enjambait sur le fleuve Luangwa. Le Flatdogs Camp se trouvait au bout d’un chemin, juste avant le pont. Il n’était pas dans le Parc National comme d’autres lodges, juste en bordure, de l’autre côté de la rivière Luangwa, ce qui évitait de s’acquitter des quarante-cinq dollars de droits d’entrée quotidiens.

Sur le kilomètre de chemin qui menait au campement chaudement recommandé par l’ami Tim, je fus accueilli, à ma grande surprise, par une dizaine d’éléphants qui déjeunait copieusement en arrachant les branchages garnis de quelques arbustes. Ils étaient à une centaine de mètres à peine de la réception du camp. Ici, pas de séparation entre humains et animaux comme dans d’autres parcs, tel que le Kruger, où les humains sont parqués dans un camp clôturé qui ferme ses grilles à 18h. Sécurité oblige. Ici, au Flatdogs Camp, l’homme vit librement en symbiose avec le monde animal. Il n’est qu’une composante admise et intégrée à la vie sauvage.

En arrivant, je me présentai, racontant mon tour du monde, le fait que j’écris sur mes expériences de voyage et précisant que je suis en partenariat avec l’un des plus importants Tour Operator Sud-Africain, l’Agence Akilanga, qui accueille et organise chaque année des séjours pour des milliers de touristes, partout en Afrique australe et en Amérique du Sud. J’explique que j’explore de nouveaux lieux pour leur marque plus exclusive, dont le logo est collé sur mes portières. Ikewana, a Company of African Trackers, cherche à développer de nouvelles manières de voyager, davantage axé sur l’expérience à vivre, sur une quête de sens, sur un esprit aventurier, tout en étant haut de gamme. Ces précisions me valent souvent d’être accueilli comme un professionnel du tourisme, doublé d’un aspect écrivain-voyageur qui rédige des chroniques et billets pour mettre en valeur des lieux hors normes. L’accueil est forcément bon et le dialogue s’engage dans un esprit d’intérêt commun.

C’est ainsi qu’on me fit visiter le camp dont l’emplacement en bord de rivière et le concept même, sans délimitation ni clôture, s’intégrait parfaitement dans la nature. Une dizaine de tentes de luxe, séparées d’une quinzaine de mètres les unes les autres, étaient implantées le long de la rivière, judicieusement dissimulées dans la végétation, mais permettant depuis leur terrasse de contempler le spectacle envoûtant de la quinzaine d’hippopotames immergés à moins de deux-cents mètres, d’observer sans limite les éléphants traverser la rivière, se rendant librement du Flatdogs Camp au National Park situé sur l’autre rive, et vice versa, sans s’acquitter visiblement des droits d’entrée, réservés exclusivement aux humains.

Je poursuivis la visite par les quelques chalets construits en dur qui se situaient de l’autre côté du camp, mode hôtelier qui convient davantage à des gens venant en famille ou en groupes d’amis, voulant une certaine autonomie, avec la possibilité de cuisiner ou de se faire des barbecues.

A l’extrémité du campement, une tente-villa de luxe, baptisée Crocodile Nest, joliment décorée dans un esprit contemporain tout en respectant les tonalités africaines, attendait des clients qui affectionnent une certaine modernité, un service haut-de-gamme et qui n’aiment pas les voisins. La vue y est tout aussi époustouflante que celle des tentes africaines mais avec une piscine privée et un service exclusif en plus.

Malheureusement, on ne pouvait pas camper au Flatdogs Camp, contrairement à ce que le nom laissait penser et ce à quoi je m’étais attendu. Je ne me voyais pas faire demi-tour et essayer de trouver un autre lieu, avec un emplacement aussi privilégié et une vue aussi exceptionnelle. Après ce que j’avais vu et surtout imaginé, je décidai d’opter pour deux nuits dans leur Luxury Tents, véritable chambre sous la toile et les moustiquaires, dans le plus parfait esprit colonial, avec salle de bain privée quasiment à l’extérieur. Dommage que je sois seul pour ce remake d’Out of Africa. Pas de Karen Blixen ou de Meryl Streep à l’horizon. 

Une sympathique ristourne de l’établissement, en tant que « professionnel », m’aida à ne pas trop écorner mon budget et limita mes scrupules financiers. L’expérience exceptionnelle que je m’apprêtais à vivre valait bien quelques deniers en plus…

Il faisait chaud, très chaud et humide, au South Luangwa. Si bien qu’après un délicieux déjeuner qui effaça définitivement toute hésitation budgétaire, je passai le reste de l’après-midi à lézarder à la piscine en imitant les hippopotames qui se prélassaient dans les eaux brunes du fleuve, nonobstant quelques kilos de moins à mon avantage, m’accordant une sieste réparatrice dans un lit balançoire qui me berçait avec la complicité du vent, comme pour me rappeler combien la vie peut être douce et voluptueuse si on s’en donne la peine.

Après une fin d’après-midi consacrée à l’écriture d’une chronique de voyage qui tardait à sortir, ayant opté pour les forceps d’un verre de whisky pour convoquer ma muse-accoucheuse, je rencontrai trois jeunes français qui faisaient, comme moi, partie des rares clients du camp. Notre proximité linguistique, à l’autre bout de la planète, et leurs bouilles sympathiques, valaient bien quelques échanges qui se terminèrent par un diner prolifique, l’exemple parfait des rencontres impromptues et inspirantes que le voyage nous offre. 

Valentin Lavis, la trentaine, sympathique en diable, citoyen français amoureux d’une jolie princesse belge et partageant sa vie entre Paris, Anvers et l’Afrique où il fait profession d’organiser des safaris photographiques et d’accompagner des clients en tant que guide-expert, opérant sur l’ensemble de l’Afrique australe, de la Namibie au Kenya. Une sorte d’Indiana Jones en herbe mais déjà très aguerri !

Jean-Charles, dit JC. Pieri de patronyme. Trente-deux ans, entrepreneur dans l’âme, réalisateur et producteur de vidéos et de documentaires, entré dans la profession par Youtube et Instagram. Regorgeant d’idées et de bienveillance. Ébouriffant de talent et d’intrépidité. Croyez-moi, un type qui, du haut de ces trente ans, a déjà parcouru une soixante de pays, n’est pas quelqu’un qu’il faut prendre à la légère ! 

Voilà sans doute l’une des raisons principales pour laquelle j’avais dû rester au Flatdogs Camp, sans le savoir. Certaines de nos décisions nous paraissent parfois un peu folles ou déraisonnables, mais il faut laisser faire le temps, ce complice éternel qui allège les peines, rabote les coups durs et finit par projeter une jolie couleur sur les évènements passés pour en faire de bons souvenirs. C’est ainsi, par la lente percolation du temps, que l’on peut s’apercevoir que ces mêmes décisions furent finalement ce qui devait être, indépendamment de notre apparente volonté, un chemin de traverse qu’il nous fallait emprunter pour nous élever et voir le monde avec une perspective différente et enrichie. Il convient juste d’y être attentif et de ne pas vouloir s’imposer comme le maître de tout.

Cette rencontre avec une poignée d’êtres de qualité fut prolongée par quelques moments inoubliables, des tête-à-têtes de grande proximité avec le monde animalier qui vivait en totale liberté dans le campement, passant à sa guise du Parc National au Flatdogs Camp en simplement traversant la rivière. Le premier jour, je visitais le lodge m’égarant vers les chalets les plus distants quand, au détour d’un grand arbuste, je tombai nez-à-nez avec un éléphant qui fut aussi surpris que moi. Une dizaine de mètres à peine nous séparaient. J’étais pieds nus dans le sable et il courait théoriquement bien plus vite que moi. Si l’éléphant n’est pas réputé dangereux, il tue néanmoins quelques dizaines de personnes chaque année par réaction de peur ou parce qu’il se sent menacé. Ne souhaitant pas ajouter mon nom à cette funeste liste mais surtout, préférant éviter de devoir me remettre à la course à pied, pratique sportive que j’ai dû arrêter il y a plusieurs décennies – le dernier être vivant m’ayant vu faire du sport étant mort en 1982 – je fis quelques mètres en arrière et mis deux ou trois arbustes entre nous. Mais la rencontre et l’émotion éprouvée furent magnifiques.

Lorsqu‘en fin d’après-midi, je rentrais à la tente, il faisait encore jour. Une famille de singes particulièrement espiègles m’attendait et semblait occuper le terrain avec l’assurance qu’arborent les gens qui se savent les propriétaires légitimes d’un lieu. Ils jouaient les acrobates dans les deux arbres qui jetaient leur ombre sur ma terrasse. En les observant évoluer, je repensais avec tendresse à cette phrase de Cioran :

« Au zoo, tous les animaux se tiennent convenablement, à l’exception des singes. On sent que l’homme n’est pas loin. »

Comme nous étions entre espèces mal élevées, je peux témoigner combien cette phrase qui m’a toujours amusée sur le papier, prenait toute sa résonnance et devenait soudainement réalité. En dehors de leurs jeux attendrissants, de leurs pitreries, ne sachant plus si c’était moi qui les observais ou si c’était eux qui se jouaient de moi, j’étais fasciné par leur similitude avec l’espèce humaine. J’avais affaire à des singes verts, plus communément appelés les « Vervet Monkeys » dont les mâles ont la particularité d’avoir une paire de bourse d’un bleu absolu et un pénis d’un rouge turgescent. Nous passâmes presqu’une heure à nous observer, entre les tauliers qu’ils semblaient être et le locataire, gitan de circonstance, que j’étais durant deux nuits sous cette tente. Ce qui m’émut le plus ne fut pas l’originalité de l’appendice des mâles mais la tendresse et le regard qui émanaient des mères, transportant leur enfant accroché sous leur ventre. Cette heure passée en parfaite proximité avec mes cousins les plus directs fut l’une des plus merveilleuses qu’il m’ait été donnée de vivre depuis que j’étais en Afrique. Ils étaient ce que les hommes auraient dû demeurer : sans soucis apparent, se consacrant à leur famille, passant l’essentiel de leur temps à jouer et sans désir d’inféoder autrui, ne se souciant que du temps présent et guère d’un avenir qui n’a aucune réalité, inconscients de cette mort inéluctable qui conduit les hommes à tous les excès. C’est vrai, finalement ce dicton, qu’on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace, surtout quand il parait si épris de liberté…

Quand la nuit tomba, le troupeau d’une quinzaine d’Impalas s’éloigna d’un même pas vers la rivière en contrebas. Farouches au premier abord, ils avaient fini par accepter cet observateur impeccablement immobile, et j’étais resté une bonne vingtaine de minute à les regarder vivre, tout simplement. Alors qu’ils s’éloignaient gracieusement, je me fis la réflexion que je devrais faire cela plus souvent avec les humains, consacrer davantage de temps et d’attention à les regarder vivre, tout simplement. Pas sûr que j’en ressorte aussi émerveillé qu’après ces quelques heures passés au cœur du monde animal.  La nuit était tombée, je restais seul sur ma terrasse, fumant les restes d’un cigare mozambicain. Je ne vivais pas un safari. J’étais leur safari. Une partie de décor, apparemment inoffensive. Une espèce incongrue, qu’ils avaient fini par reconnaître tout en se méfiant de ses comportements curieux.

Lorsque je pénétrai dans la salle de bain à ciel ouvert, n’ayant en guise de toit que la voûte céleste et les branchages rassurants d’un arbre séculaire, je constatai que deux sphinx m’attendaient sur le bord du lavabo, pour un cours improvisé de brossage de dents. Deux petites grenouilles, impeccablement immobiles, sans doute transies de peur, m’observaient. Elles s’étaient glissées dans la pénombre pour boire quelques gouttes d’eau résiduelles que laissait échapper le robinet. Elles n’attendaient que le signal d’une menace que je pris soin de ne pas déclencher. Après tout, elles étaient chez elles et je ne faisais que passer subrepticement pour découvrir et m’émerveiller de leur existence. Leur tenue de camouflage était parfaite dans la végétation du bush mais j’évitai d’évoquer avec elles le contraste flagrant de leur robe sur le blanc vif de la faïence. Certaines espèces d’amphibiens sont particulièrement susceptibles et sont plus réactives aux reproches qu’au mouvement suspects. Je me lavais les crocs dans leur mare asséchée, je me fis donc discret…

Au beau milieu la nuit, je fus réveillé par un raffut incroyable. Un hippopotame était en approche, vociférant de temps en temps pour communiquer avec ses congénères en train de barboter à une centaine de mètres dans la rivière. Ses pas faisaient trembler le sol. Il s’arrêta durant presqu’une heure à cinquante centimètres de ma tête de lit. Nous étions séparés par une fine toile de tente. J’étais assis dans mon lit, à peine rafraîchi par le ventilateur qui avait un mal de chien à passer outre ma moustiquaire. Lui, tout occupé à mâchouiller et ingurgiter les tas de feuilles séchées qui entouraient la tente, ne prêtait aucune attention à ma présence qu’il devait néanmoins sentir. S’il avait voulu, s’il avait ressenti la moindre menace, il aurait pu écrabouiller la tente. Je ne bronchai pas et sorti discrètement sur la terrasse, à poil, mué par la curiosité et empêché de dormir par le bruit qu’il faisait… Mon intrépidité me commandait de le filmer en pleine nuit mais les rangers faisaient des rondes. Non pour protéger les humains des animaux, mais pour protéger les mammifères de la sauvagerie avérée des humains. Je rentrai et m’allongeai sur mon lit de luxe, devenu le radeau du médusé au milieu d’une tempête de vie sauvage.

Le lendemain matin, j’empaquetai mes maigres affaires et sortis de la tente pour aller porter quelques sacs dans la voiture garée à deux cents mètres de là. Dans la totalité des lieux d’hébergement dans lesquels j’ai échoué ma carcasse fatiguée, il ne pouvait rien se produite entre la porte de la chambre et le parking. Au Flatdogs Camp, ce ne fut pas le cas. Une famille d’éléphant, tous âges et tailles confondus étaient en train d’arriver. On ne coupe pas le chemin des éléphants, sauf à vouloir attenter à ses jours dans des conditions particulièrement féroces. Je fis quelques pas en arrière et me tins à une vingtaine de mètres, le temps d’admirer ce spectacle absolument magique, hors du temps. Ils passèrent, sereins et majestueux, certains d’être les rois des animaux, en l’absence de tout prédateurs dans les environs. Une fois qu’ils s’étaient éloignés d’une vingtaine de mètres, je continuai tranquillement sur le chemin en direction de ma voiture. J’entendis soudain la voix d’un ranger hurler « Run !! ». Me retournant dans sa direction, un éléphanteau de bonne taille que je n’avais pas vu était en train, ni plus ni moins, de me charger, oreilles écartées comme des étendards et trompe en l’air. Il était occupé quelques minutes auparavant à grappiller quelques victuailles dans un arbuste, tournant le dos aux siens et ne s’apercevant pas qu’ils avançaient. Quand il se rendit compte qu’ils avaient quasiment disparus, il prit peur et voulu les rejoindre mais un drôle de bipède se trouvait entre lui et sa mère, qui se retourna et fit demi-tour en entendant ses barrissements. Inutile de dire que ce n’est pas ma docilité aux injonctions d’un ranger qui me fit battre en retraite. Mon sixième sens suffit à me faire comprendre que j’étais devenu un élément hautement indésirable, situé sur la ligne de mire entre un jeune pachyderme étourdi en panique et l’instinct maternel d’une femelle éléphant de quatre tonnes. Autant dire qu’à cet instant précis, en voyant ma performance, c’est à moi que Robert Zemeckis aurait attribué le rôle bêtement attribué à Tom Hanks dans ce film dont l’une des répliques cultes restera : « Run Forrest, run ! »…

Nul besoin de préciser qu’en début de matinée, je quittai avec regret ce havre de paix que fut le Flatdogs camp durant deux jours, lieu de déconnexion avec le monde moderne et son plus insupportable prédateur, l’homme, et dans le même temps lieu d’immersion enchanteur avec la nature sauvage et libre, où l’humain est ramené à sa juste dimension, à la place que nous n’aurions jamais dû quitter, une espèce parmi d’autres êtres vivant en harmonie dans ce grand équilibre naturel dont nous dépendons cruellement, bien que nous l’ayons oublié.

La veille au soir, j’avais décidé de mettre le cap plein nord pour rejoindre la frontière avec la Tanzanie et par là même, en profiter pour explorer une région étonnamment peu touristique, lointaine et enclavée car dépourvue d’axes routiers conséquent et en bon état.

Sur la carte, le projet tenait la route, mais le hic était qu’il avait plu abondamment deux jours auparavanP. Quand je demandai aux propriétaires du camp, avec lesquels j’avais sympathisé, s’ils pensaient que c’était faisable de traverser le Parc National de South Luangwa pour rejoindre l’extrémité située au Nord-Ouest, ils firent une moue étrange et me dirent qu’ils ne pouvaient me le recommander, que c’était à moi de voir. Contourner le parc ne m’enchantait guère car cela signifiait un large détour. Après tout, j’étais venu en Afrique pour vivre l’aventure et tester mes limites, et puis cela faisait deux jours qu’il faisait maintenant grand soleil. Je me dis qu’en misant sur le principe de l’évaporation des eaux en cette période de sècheresse et sur ma bonne étoile, je devrais m’en sortir.

Le lendemain matin, après mon tête-à-tête intime avec la famille de pachydermes taciturnes, je pris un solide petit déjeuner, par précaution, ne sachant pas quand serait mon prochain repas. Puis je grimpai à bord de mon Defender, bien résolu à essayer, en me promettant de faire demi-tour si jamais je me trouvais confronter à des obstacles infranchissables ou trop risqués pour un seul homme, sur des chemins éloignés de tout et peu fréquentés. Ce que l’on peut s’autoriser lorsque l’on voyage en cortège de plusieurs véhicules devient de l’inconscience quand on est comme moi, seul à prendre les décisions et à assumer les problèmes qui surviennent. Quand on se retrouve planté dans un No Man’s Land, au beau milieu de la gadoue ou à la suite d’une casse mécanique, cela devient une autre paire de manches que d’être à plusieurs pour se sortir d’une ornière en se tractant ou pouvoir compter sur la solidarité amicale afin de trouver la meilleure solution et partager l’inexorable dépit qu’engendrent les vraies difficultés.

Arrivé aux portes du Parc National, je demandai leur avis aux Rangers. Ils m’expliquèrent, que la veille, un groupe de trois personnes s’était enlisé à l’extrémité Nord du Parc mais qu’ils avaient finalement réussi à s’en sortir et étaient parvenus à la sortie Sud, avant la fermeture du Parc. Inutile de dire que cela entama quelque peu l’optimisme avec lequel j’avais démarré cette journée. Je consultai une dernière fois Google Maps, tout en sachant par expérience, qu’en ces terres africaines, se fier à un algorithme californien fondé exclusivement sur les estimations d’une machine ne rimait à rien. Google m’indiquait que le périple pouvait se faire via le Parc, prévoyant un temps de trajet de presque six heures pour couvrir les 191 km qui me séparaient de Mpika. Par acquis de conscience, je consultai Maps.me, une application beaucoup plus utilisée par les routards, enrichie par les renseignements fournis par la communauté des voyageurs. Maps.me refusait visiblement de me proposer la traversée du Parc et m’obligeait à faire un détour insensé de 771 km en quinze heures de temps. Pour eux, le contournement du Parc National était la seule option. Il fallait prendre une décision. Qu’aurait fait Chuck Norris à ma place ? Après tout, j’étais dans un parc national, pas au milieu de la forêt primaire. Qu’est-ce que je risquais ? De rester planter quelques heures, au pire quelques jours avant que l’on me localise et qu’on me tire de la galère dans laquelle je m’étais joyeusement embourbée. Je décidai d’y aller et promis aux Rangers de faire demi-tour si les choses me paraissaient infaisables. Après m’être acquitté des quarante-cinq dollars de droits d’entrée et de circulation dans le parc, l’un deux me glissa en rigolant une petite phrase anodine qui ne cessa par la suite de prendre de l’ampleur et d’occuper mon esprit au fur et à mesure que je progresserais : « Il ne devrait pas y avoir de problème dans le parc, c’est plutôt vers le Nord, en sortant du parc que les choses paraissent compliquées et que les gens hier sont restés bloqués… ». 

Avant de partir, je demandai si je pouvais avoir un plan du parc, comme celui qui était affiché dans leur bureau un peu miteux. On me répondit qu’ils n’en avaient plus et que je pouvais prendre une photo de ce plan incompréhensible qui ressemblait plus à un dessin à main levée, esquissé sur un coin de table qu’à une véritable carte d’orientation. Évidemment, je dus renoncer très tôt au recours du moindre GPS car il n’y avait aucun signal qui puisse être capté. 

C’est ainsi que je partis, la fleur au fusil, armé d’une armada de sourires en uniforme qui me souhaitèrent « Good luck ! », avec le pressentiment que j’allais en baver, que ce périple au travers de l’inconnu sauvage allait certainement durer plus de six heures, et que je disposais comme seule voie de salut de la possibilité de « rebrousser chemin », expression joliment d’actualité pour les paysages que je m’apprêtais à sillonner. 

Les premières vingt-minutes furent féériques, la piste de gravier était large et parfaitement entretenue. Je m’arrêtais à plusieurs reprises pour prendre quelques photos d’hippopotames prenant leur bain de boue, d’une girafe qui se régalait des jeunes feuilles d’un acacia à une hauteur inaccessible aux autres animaux, quelques photos d’éléphants même si mon iPhone débordait déjà de clichés de pachydermes qui iraient mourir dans le cimetière des Méga-octets jamais postés. 

La seule chose que j’avais retenue et qui me simplifiait la vie, c’était qu’il fallait que je prenne la piste 05 qui filait droit vers le Nord avant de bifurquer après une centaine de kilomètres vers le Nord-Ouest afin de sortir de la cuvette chaude et humide du parc, pour finir par grimper un massif qui me hisserait à plus de mille deux cents mètres d’altitude et à des températures plus respirables. 

Je parvins à apercevoir tout à coup un discret panneau en bois sur lequel était inscrit 05. Je pris sa modestie pour une sorte d’avertissement. Je quittai donc à grand regret ma belle et large piste pour m’engouffrer dans une sorte de chemin étroit, encadré par une végétation dense et serrée, dont la largeur n’autorisait le passage que d’un seul véhicule. Deux traces profondes dans le sol creusées avec le temps par des centaines de véhicules transformait cette piste en une sorte de chemin de fer, guidant les roues et rendant difficile toute sortie de ces deux crevasses. De toute façon, sortir de ces deux rails sculptés dans le sol était impossible, puisque l’interminable haie d’arbustes enserrait, tel un cordon de CRS, la seule voie possible vers le Nord. Quand il fallut franchir une rivière asséchée et suivre ses rives sablonneuses sur plusieurs kilomètres, je pris le risque de ne pas dégonfler mes pneus, jugeant que je n’étais pas dans une situation extrême. Pneus qu’il m’aurait fallu regonfler plus en aval dès que j’aurais rencontré de la pierraille. La flemme est le premier pêché du voyageur tout-terrain et sa première cause d’embourbement !

J’eus le droit à tout, succession de paysages différents et nature disparate de la piste, faite de kilomètres de fines particules qui généraient un épais nuage de poussière derrière le véhicule, poussière qui finissait par s’insinuer partout dans la voiture malgré les fenêtres fermées. Ce fut parfois de la terre battue aussi dure que du goudron, parfois une terre plus limoneuse ou sablonneuse, quelques portions de caillasses pour agrémenter le tout. Impossible de regarder le paysage qui était la plupart du temps d’une aridité absolue et composée d’une végétation épineuse et peu amène. Et toujours cette piste serrée, réduite à l’essentiel, que je finis par croire à sens unique car impossible d’imaginer qu’une autre voiture pointe son nez à l’horizon. Durant deux heures, le paysage changea peu et ne donnait pas envie de s’arrêter pour le contempler.

Au milieu d’une plaine, je parvins sur un territoire dégagé où la piste se transforma en terre meuble. C’est là qu’il fallut m’arrêter face à un premier bourbier pour évaluer la profondeur de la mare, sa nature, repérer les traces éventuelles de contournement qu’auraient laissé d’autres véhicules avant moi. C’est à l’occasion d’un de ces exercices obligatoires de repérage que je fus littéralement attaqué par des dizaines de taons, me faisant piqué dans le cou, sur les jambes et les bras. L’environnement était hostile et la température dépassait les quarante degrés. 

Conduire les vitres ouvertes serait désormais impossible et tout ralentissement ou arrêt condamnait à embarquer dans la voiture quelques passagères clandestines particulièrement agressives et dangereuse pour la concentration.

Je décidai de franchir la plupart des mares de boue que la pluie avait copieusement inondées et que la chaleur des deux derniers jours n’avait pas réussi à faire évaporer. 

Au bout d’une heure, je tombai sur un véritable défi technique, une marre visiblement très boueuse, suffisamment longue et large pour que les quatre roues motrices perdent leur élan et leur adhérence et que je reste planté au beau milieu. Du moins c’était un risque très probable. Je me tâtais un long moment après avoir repéré les lieux. Assis dans la voiture, au frais grâce à la climatisation et écrabouillant de rage les quelques taons qui osaient venir sur le tableau de bord, c’était le moment de prendre une décision. Que faire ? Oser avancer en misant sur les capacités de franchissement de mon incroyable Defender ? Rebrousser chemin alors que je venais de faire plus de trois heures et demie de pistes ? Cela voulait dire retourner au Flatdogs Camp et avoir perdu sept heures pour rien, avec la fatigue et la frustration qui allaient avec. Véritable cas de conscience mais finalement, n’est-ce pas l’essence même du voyage : se confronter à soi-même, appréhender ses propres limites, aller chercher au fond de soi des ressources impensables de courage ou de ténacité, ou au contraire, découvrir son penchant pour la prudence, savoir renoncer, connaître la peur. Vaste tempête sous un crâne dans un lieu qui n’autorisait guère les tergiversations. Il fallait que je sorte de là. 

Je décidai finalement, en fonction de la configuration de la végétation faite d’arbustes morts, desséchés et espacés, d’essayer de déblayer un chemin de contournement. Ne pouvant me résoudre à opérer un demi-tour, je passai une quinzaine de minutes à faire tomber quelques arbres, à casser des branches pour libérer l’espace correspondant à la largeur du véhicule et à la hauteur de celui-ci augmenté de la tente et des jerricans de carburant que j’avais sur le toit. Je trainais aussi quelques troncs morts pour les mettre en travers dans le dernier tiers du bourbier qu’il me faudrait inéluctablement emprunter. Tout cela en me défendant comme je le pouvais contre les attaques de ces foutus bestioles qui n’avaient visiblement pas vu de la chair fraîche depuis belle lurette. La scène ne devait pas être belle à voir. Je devais ressembler à un forestier épileptique atteint par la danse de Saint-Guy.

Le fait de savoir qu’en des moments pareils, on est finalement en train de vivre des choses singulières qui seront la matière de mémorables souvenirs, est une piètre consolation.

Une fois passé cette mare de bout, il n’était plus question de faire demi-tour. Il fallait avancer et en finir avec ce voyage, coûte-que-coûte. Le problème étant que l’on ne sait jamais si on a affronté le pire ou s’il reste à venir. C’est là que la propension à positiver, l’espoir et l’optimisme, le tempérament en quelque sorte joue sa carte, en imprimant au voyage sa véritable substance. Comme souvent dans la vie, ce ne sont pas tant les obstacles et les vicissitudes que l’on doit affronter inéluctablement qui détermine qui l’on est, mais la façon de les vivre, de les interpréter et de les surmonter. S’il est certain que c’est au pied du mur que l’on reconnaît le maçon, il n’en demeure pas moins qu’il existe des maçons joviaux qui s’amusent des difficultés et d’autres, rapidement contrariés et bougons, qui dramatisent à la première fissure.

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de vivre une journée « au pied du mur », comme celle-ci, afin de découvrir un peu mieux qui l’on est.

Trente-minutes plus loin, le chemin débouchait sur une courte pente abrupte et rocailleuse donnant sur une rivière. Il fallait franchir un pont de rondins en grande partie immergé. Un court repérage des lieux m’amena à penser que je ne devais pas être le premier à passer par là et que ce pont de fortune devait être plus solide qu’il n’y paraissait. J’enclenchai donc la position low range de mon différentiel et passait en seconde, à une allure de sénateur, franchissant ce cours d’eau rondin après rondin, en prenant soin de bien contrôler la trajectoire et ne pas déraper sur le bois que je sentais particulièrement glissant. Je me souviens avoir eu cette pensée saugrenue et réconfortante, à savoir que cette eau vive et abondante, allait laver mes quatre pneus pleins de boue et le bas de la voiture, comme si cela avait la moindre importance.

Sur le dernier tiers du parcours, les obstacles se multiplièrent mais il ne s’agissait plus de bourbiers ou de bancs de sable à franchir. Juste de difficultés techniques, des pentes rocheuses, des éboulis de pierre que la montagne avait produit en raison de fortes intempéries et qui encombrait la piste. Les pluies abondantes dans cette région avaient sculpté des ornières parfois impressionnantes qui obligeaient à une certaine créativité dans le franchissement, alliée à une maîtrise technique du véhicule que tout passionné de 4×4 connait bien, mais dont je m’ignorais capable.

Je dois avouer que l’expérience fut aussi exaltante qu’angoissante. Je ne pouvais m’empêcher de gamberger malgré moi, de ressentir en permanence une appréhension, anticipant les conséquences d’une panne mécanique dans ces territoires peu accueillants où je ne croisais pas la moindre âme qui vive, durant plus de cinq heures de route. J’étais encore un peu traumatisé par l’explosion impressionnante de mon moteur, quelques semaines auparavant et n’avais plus confiance dans la fiabilité de ma monture. Par expérience, je savais désormais qu’il ne s’agissait pas uniquement de la préserver pour voyager loin, mais qu’elle soit surtout de solide constitution.

Une fois sortie du Parc National, toujours sur la même piste esseulée et défoncée, les choses se corsèrent. Visiblement plus personne n’était responsable de cette partie de chemin, totalement à l’abandon et livré aux caprices de la nature et de ses tempêtes. La piste était à des moments à la limite de l’impraticable. Je dus plusieurs fois, durant un temps interminable, littéralement escalader le massif qui enserrait le parc, pierre par pierre, à une allure inférieure à celle d’un marcheur. J’étais parfois en équilibre si précaire que seulement deux roues touchaient le sol, en équilibre sur deux rochers. A quatre ou cinq reprises, je dus descendre pour bouger quelques grosses pierres ou au contraire en rajouter pour faciliter l’adhérence. Si cela est monnaie courante pour tout amateur de tout-terrain et constitue sa plus belle source d’adrénaline, je peux assurer le lecteur qui occupe la place du mort dans cette chronique, que le passage de patron expérimenté de start-ups high-tech au statut d’aventurier en solitaire sur des pistes rocambolesque ne se fait pas sans mal. Cela doit s’appeler, selon la terminologie à la mode : Sortir de sa zone de confort. J’eus plutôt l’impression, durant cette journée si singulière, d’être entré dans ma zone d’inconfort. Plusieurs fois au cours de cette journée, j’eus conscience du risque que je courrais et me promis de ne plus renouveler trop souvent ce type d’expérience qui flirtait dangereusement avec une dose d’inconscience. 

Je pense sincèrement que si l’on m’avait prévenu, avant de partir, de ce que j’allais vivre durant cette incroyable journée passée aux limites de moi-même, je ne serais pas parti et j’aurais raisonnablement opté pour le grand détour. Mais les choses sont ainsi. Les gens qui passent leur temps autour d’une piscine à se demander si elle est froide ou profonde, si l’on peut y plonger et où se trouve l’endroit de de l’escalier pour y descendre progressivement, sont ceux-là même qui ne vivent jamais grand-chose et qui mourront de leur belle mort, confortablement engoncés dans leur zone de confort.

J’arrivai après sept heures trente de conduite à Mpika, petite bourgade qui s’étale le long d’une route bitumée comme il en a tant, là où les hommes ont inféodé la nature, préférant la remplacer par des habitations hideuses, des échoppes vendant plus ou moins toutes la même chose et quelques immondices gisant en pleine rue, qu’il aurait été trop compliqué d’aller mettre dans une décharge. Pas de camping dans les environs selon l’application iOverlander que je consultai. Cela tombait plutôt bien, car j’avais envie de confort. Je rêvais d’une bière bien froide, d’un repas chaud, d’une longue douche tiède et d’un lit confortable et frais…

Alors que je ne vais pas tarder à m’effondrer pour me reposer de cette si éprouvante journée, je souhaite en guise de conclusion porter à la connaissance des lecteurs-copilotes de cette chronique, que j’espère moins fourbus que moi, un texte issu d’un podcast passionnant. C’est un extrait de l’émission « Sur les épaules de Darwin » conçue et animée par Jean-Claude Ameisen, diffusée tous les samedis matin sur France Inter et toujours passionnante. 

Je l’avais écouté quelques jours avant de vivre ces moments privilégiés au cœur du Flatdogs Camp et j’avoue ne pouvoir rêver mieux comme mots de la fin pour cette chronique animalière.

« Tenter de percevoir et de ressentir la splendeur de la Nature, l’étrange diversité du monde vivant qui nous entoure, qui nous a donné naissance et qui n’a cessé de faire émerger, comme le disait Darwin, à partir d’un début si simple, l’infinité des formes les plus belles et les plus merveilleuses. La Nature, Natura, ce qui est en train de naître, ce qui n’a cessé de renaître sous des formes toujours nouvelles, ce qui n’a cessé de se transformer, de se métamorphoser.

Mais qui est ici, maintenant, avec nous ? demande Karl Safina.

C’est dans un beau livre publié en 2015 et pas encore traduit en français – « Beyond words what animals think and feel ».

Qui a été ici, avec nous, durant notre existence ?

Cette question nourrit une remémoration continuelle, un souhait de ne jamais oublier. « Qui est ici, maintenant, avec nous ? »

Il parle des animaux, des grands mammifères, des éléphants au Kenya, des loups dans le parc national de Yellowstone dans le Wyoming, des orques et des dauphins dans l’Océan Pacifique.

Nous ne connaissons d’eux que la surface. La vraie plénitude de leur vie nous demeure un mystère. Et pourtant, nous avons tant en commun : des racines communes, un lien peut-être négligé. Nous sommes tellement semblables, sous la peau. Quatre membres, des os, les mêmes organes, les mêmes origines et tant d’histoires partagées.

Et entre la première inspiration et le dernier soupir, nous nous engageons dans une quête commune : vivre, élever nos jeunes, survivre aux dangers, trouver une place dans le monde, faire ce qu’il faut du mieux que nous en sommes capable pour ressentir pleinement le mystère et la chance que nous avons de vivre. »

Un éléphant ça peut tromper énormément. Prudence !

Rough and long…

ADRESSES (TRES) UTILES:

Ikewana  (L’aventure originale et exclusive) :  ikewana

Akilanga (Pour voyager dans toute l’Afrique Australe) : http://www.akilanga.com/akilanga_web/uk/index.awp

Flatdogs Camp: https://www.flatdogscamp.com

JC Pieri  (à votre disposition pour vous former et réaliser vos films les plus mémorables): https://www.youtube.com/channel/UCrAfNeSQK8O6XqG5Qw1eMug

Valentin Lavis (une version de Daktari en jeune, sympa et rudement expérimenté pour organiser vos Safaris)  :  https://www.travelagenciesfinder.com/XX/Unknown/365751400894206/Valentin-Lavis-Safari-Guide

Tim Skelton (SA Adventures) (L’homme qui m’a sauvé la vie sans le savoir)  : 

https://www.saadventure.co.za

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

2 commentaires sur « Into the wild »

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