L’insomniaque emplit ses nuits morcelées de projets prolifiques et de vivifiantes pensées réservées d’ordinaire au jour. Puis il traîne laborieusement ses journées interminables, dévastées de fatigue, de bâillements en absences jusqu’au soir, où il espère enfin sombrer dans ce fameux sommeil réparateur dont tout le monde parle.
L’insomniaque vit tout à moitié. Il traverse son existence en veille, avec l’attitude d’un zombie claudiquant dans ses propres jours et en fantôme survolant ses nuits morcelées avec l’air d’un type qui se retrouve dans de beaux draps.
Il vit tout à demi, disais-je, écartelé entre nuits blanches, des journées blafardes et des coups de sommeil, qui finissent par brûler son âme.
