Rien de tel qu’un dimanche sédentaire de grisaille à Paris pour me donner envie de repartir vers ma vie nomade, vers l’Amérique du Sud et ses promesses d’aventures en tout genre.
Je viens de prendre mon billet de retour. L’envol sera donc pour le 11 septembre prochain, une date idéale pour prendre l’avion et aller faire un tour ou deux, n’est-ce pas 😉
Direction Montevidéo pour retrouver ma moto qui m’attend sagement dans la pénombre d’un parking du centre-ville et se décharge, lentement mais sûrement, m’obligeant une fois de plus à l’emmener dans un atelier de mécanique (où je commence à avoir mes habitudes) pour recharger à bloc la batterie, en prévision du programme un peu fou qui nous attend.
Je ne ferai pas de vieux os en Uruguay et rejoindrai rapidement l’Argentine que je retraverserai pour la cinquième fois, avec comme projet de rejoindre l’extrême nord de la Colombie, la Sierra Nevada de Santa Marta, avec dans l’idée de m’y établir une partie de l’année. Plus de 9000 km nous attendent donc, ma vieille Kawasaki et moi, d’ici la fin de l’année, pour traverser des territoires immenses et magnifiques que j’ai déjà parcourus, en partie.
L’idée est de prendre le temps nécessaire pour m’enfoncer de temps à autre, au gré des opportunités, des conditions climatiques, des rencontres, vers l’Est, dans la forêt amazonienne, à la rencontre des peuples premiers et des populations autochtones qui ont tant et tant à nous apprendre. Il en résultera bien sûr de nombreuses chroniques de voyages, un nouveau livre, mais aussi et surtout une multitude d’images et de vidéos, dans le but de documenter un cycle de conférences que je compte animer en 2024, et une série de voyages explorateurs pour accueillir, à mes côtés, des « invités inspirés ».
En attendant, je m’immerge dans l’œuvre colossale et magnifique de Sebastiao Salgado, et notamment son dernier ouvrage intitulé « Amazonia » dont les photos sont extraites, qui constitue une enthousiasmante source d’inspiration.
À l’heure où les catastrophes climatiques se multiplient et s’accélèrent, tout en gagnant en intensité, il me semble plus urgent et judicieux que jamais d’aller comprendre et partager les leçons de ces peuples qui savent vivre en respect, en harmonie et bonne intelligence avec celle dont nous dépendons tous : notre Terre-mère. Sans doute que leurs modes de vie , leurs messages et leur philosophie constitueront une lumineuse prise de conscience pour tous les citoyens de bonne volonté et curieux.
Je laisserai comme toujours les mots de la fin de ma chronique à un grand témoin. Et pour ce faire, qui mieux que celui qui a tant fréquenté le pire et le meilleur de l’être humain et si magnifiquement témoigné de la beauté invraisemblable de notre planète, que cet immense ami photographe qu’est Sebastiao Salgado.
Écoutons-le :
« Que ce soit dans les airs ou au sol, l’Amazonie m’a toujours émerveillé.
Ni les mots ni les photographies ne peuvent pleinement transmettre cette sensation d’être submergé par la puissance et la majesté de la nature. De même que demeure inoubliable mon sentiment d’intimité avec les différents peuples autochtones que j’ai connus pendant les périodes que j’ai passées en leur sein. Grâce à ces Indiens, la forêt et les rivières ont pris un nouveau sens, elles offrent la vie et la subsistance.
Je me suis senti privilégié de pouvoir entrer dans leur temps et leur espace, apprenant d’abord patiemment à être accepté, puis tranquillement de faire le portrait de leurs vies quotidiennes, leurs liens familiaux chaleureux, leurs chasses, leurs pêches, leurs façons de préparer les repas et de les partager, leurs manières magiques de peindre leurs visages et leurs corps, l’importance de leurs chamans, leurs danses et leurs rituels. Montrer et ressentir leur douceur.
La vie de ces Indiens est en train de changer. Mon espoir est que, comme les Indiens du Xingu, les autres ethnies, déjà contactées, apprennent à coexister avec le monde extérieur, tout en préservant leurs langues et leurs cultures. Pour cela, nous – et avec nous, tous les Brésiliens – devons jouer un rôle en reconnaissant que ces peuples indigènes et la forêt tropicale dont ils sont les gardiens sont les trésors de l’humanité et de notre planète.
Pour survivre en tant que culture, ces peuples ne sauraient être des objets d’intérêt anthropologique ; ils doivent contribuer – et aussi en bénéficier – au développement durable de l’Amazonie par le biais de son extraordinaire richesse botanique renouvelable en épices exotiques, noix ou plantes à aux vertus médicinales et cosmétiques.
Je souhaite, de tout mon cœur, de toute mon énergie, de tout ce qui vit intensément en moi, que d’ici à cinquante ans ce livre ne ressemble pas à un registre d’un monde perdu. Amazônia doit continuer à être.
Et, en son cœur, ceux qui y vivent. »









Bonne chance pour votre projet passionnant !
Et oui, il ne faut pas s’encrouter à Paris, j’ai hâte de relire vos chroniques sur les routes d’Amérique Latine et vos textes où se mélangent si bien poésie et aventure 😉
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Merci Hugues… l’Aventure continue, en un peu plus aventureuse encore … Bel été à vous !
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