La scène m’a arrêté et obligé à faire demi-tour.
Dans un champ, le regard éperdu et triste d’une vache qui veille le fœtus de son bébé mort né. Cette petite tache blanche qui se dessèche au soleil, devant elle. Elle sait que si elle s’éloigne, si elle renonce, la horde d’une trentaine de corbeaux aux allures de vautours, dans leur habit de croque-mort, se jettera sur sa dépouille et mettra en pièces ce qui fut son espoir.
Ils n’hésiteront pas à se voler copieusement dans les plumes, comme sait si bien le faire la confrérie des écrivains, derrière les politesses de façade et les sourires policés, au salon du livre ou à l’approche d’un prix…
Ainsi va la vie, dans sa beauté souvent cruelle… L’inexorable loi de la nature.

