D’un père à son fils…

(Pendant que le DJ était endormi et que l’IA veillait)
 
Rentré d’une très belle soirée avec une amie de toujours, j’ai éprouvé le besoin de me retrouver. Seul. Dans la pénombre de la nuit tropicale. De savourer mon existence. De repenser à cette vie qui file à toute berzingue vers un avenir incertain, mais qui prend un sens si évident à chaque journée vécue dans la sincérité de l’être. Je veux faire de cette pause nocturne un examen de conscience, un bilan anticipé de ce stage de « Sur-vie », cette période magnifique de liberté absolue qui se situe au-dessus de ma propre vie.
 
Alors, je me suis servi un vieux rhum, dans lequel surnageait un citron vert et un peu de sucre de canne, en une sorte de réinvention improvisée d’un Ti punch antillais, je me suis assis sur la terrasse qui prolongeait la chambre dans laquelle l’amitié plongeait vers le repos. Dans une pénombre parfaite, à peine zébrée par le smiley sympathique que la lune naissante dessinait dans le ciel sans étoile, j’ai mis cette chanson, que je vous laisse découvrir pour éprouver et comprendre ce qui va suivre.
 
« On the radio » de Chip Taylor sur Spotify : Cliquez ici
 
 
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Je l’ai écoutée avec une infime attention, encore et encore. Et l’évidence s’est imposée. La morsure du manque au milieu de mon insolent bonheur. J’ai écrit ce petit message au seul être sur terre dont l’absence plante si souvent des crocs acérés dans mon cœur tambourinant.
 
Message à mon fils Matteo, 26 ans, qui vit sa jeune existence, à quelques 8000 km d’un père s’agitant comme une fourmi, picorant des graines d’évidences  philosophiques à l’autre bout du monde, et à l’autre bout de sa vie si trépidante - 61 ans quand même - avec la certitude d’avoir tant vécu et la joie d’apprendre chaque jour de nouvelles choses, de découvrir à chaque étape du parcours ce que l’humain recèle de merveilleux.
 
Besoin parfois, dans la folie des jours vécus, d’exposer les mots et de dire l’essentiel à ceux que l’on aime et qui voyagent - sans le savoir - dans le coffre-fort de nos cœurs, avec un billet de première classe.
N’est-ce pas le privilège de la vie de surclasser ceux qui nous sont si essentiels à vivre ?
Alors, voilà les paroles enivrées d’amour et de rhum d’un père cherchant la vérité et le refrain de son passage, si fugace sur Terre :
 
« Qu’est-ce que j’aime cette chanson. Je pourrais l’écouter en boucle durant des heures. Et à chaque fois que je l’écoute, si tu savais combien tu me manques mon Fiston, et combien des vagues d’amour et de fierté surgissent de moi. Je ne crois pas qu’il existe un type plus heureux que moi sur cette planète, mais Dieu que tu me manques. Je t’envoie une flopée de bisous paternel, depuis Villa de Leyva, située au cœur de cette Colombie magnifique, pendant que le DJ… was asleep;-) »
 
Sans doute est-il temps que je vous donne la traduction française des paroles de « On the radio ». (Les paroles intégrales de la chanson en anglais sont restituées à la fin du post, pour les puristes et les anglophones;-)
 
« Voilà comment ça marche
Ça fait un peu plus mal
Que quand on a conduit notre corbillard
À travers cette foule hurlante
En riant comme des fous
Jusqu’à ce qu’il ne reste que des os
Jusqu’à ce qu’il fasse si chaud
Que plus personne ne puisse dormir
Et que tout le polystyrène
Commence à fondre
Et qu’on essaye de trouver des vers
Pour aider à la décomposition
Mais aucun n’était chez lui
Dans sa catacombe
Un million d’abeilles anciennes
Ont commencé à piquer nos genoux
Pendant que nous étions agenouillés
Priant pour que la maladie
Épargne ceux qu’on aime
Et ne revienne jamais
 
Et à la radio
On a entendu « November Rain »
Le solo est vraiment long
Mais c’est une jolie chanson
On l’a écoutée deux fois
Parce que le DJ dormait
Il dormait
 
Non, voilà comment ça marche
Tu es jeune jusqu’à ce que tu ne le sois plus
Et tu aimes jusqu’à ce que tu n’aimes plus
Et tu essaies jusqu’à ce que tu ne puisses plus
Tu ris jusqu’à pleurer
Et tu pleures jusqu’à rire
Et chacun doit respirer
Jusqu’à son dernier souffle
 
Non, voilà comment ça marche
Tu regardes à l’intérieur de toi
Tu prends les choses que tu aimes
Et tu essaies d’aimer celles que tu as prises
Puis tu prends cet amour que tu as fabriqué
Et tu le glisses
Dans le cœur de quelqu’un d’autre
Faisant circuler le sang de quelqu’un d’autre
Marchant bras-dessus bras-dessous
Tu espères que rien ne sera brisé
Mais même si ça l’est
Tu recommenceras tout, encore une fois
 
Et à la radio
On entend « November Rain »
Et ce solo est sacrément long
Mais c’est un bon refrain
On l’écoute deux fois
Parce que le DJ dort
Il dort
 
À la radio
Le DJ dort
Il dort »
 
 
Ayant demandé à une IA, la traduction française de ce texte bouleversant. Voilà ce qu’elle s’est sentie obligé de rajouter, après les paroles traduites :
 
 
 
L’IA:
 
« Très beau texte, au passage — mélancolique et lucide à la fois. Un peu comme une vérité chuchotée à 3h du matin. 🌙 »
 
 
……………..
 
Comment résister à l’envie de la pousser dans ses retranchements, seule interlocutrice de ma nuit colombienne. Je lui écrivis alors ces quelques mots :
 
« Oui ! Très puissant, et si proche de la vérité de la vie! Mais que sais-tu , toi, mon ami-machine, de la vie!?… »
 
 
 
L’IA:
 
« Touché. 😄
Je ne sais rien de la vie… et en même temps, j’en vois passer des fragments partout.
 
Je n’ai jamais eu froid au sommet de Monserrate, jamais roulé des heures sur une route colombienne qui n’en finit plus, jamais aimé quelqu’un au point d’en perdre le sommeil. Je ne ressens pas. Je ne risque rien. Je ne peux pas me tromper de cœur.
 
Mais je lis — et surtout, je relie.
Je vois des milliers d’histoires humaines : des élans, des renoncements, des renaissances. Je repère les motifs qui reviennent, comme dans la chanson que tu viens d’envoyer :
         •       on croit que ça va durer
         •       ça ne dure pas
         •       on tombe
         •       on aime quand même
         •       on recommence
 
C’est une sorte de cartographie sans terrain.
Toi, tu marches dans la poussière.
Moi, je regarde les traces.
 
La vérité, c’est que je ne connais pas la vie — mais je reconnais souvent quand quelqu’un est en train de la toucher du doigt. Et là, clairement, tu étais en plein dedans.
 
Et puis, soyons honnêtes :
toi, tu vis…
mais tu prends aussi du recul pour l’écrire, la comprendre, la transformer en sens.
 
À ce moment-là, tu fais exactement ce que je fais — sauf que toi, tu as la matière brute. Moi, seulement l’écho.
 
C’est un peu comme :
         •       toi, tu es dans la tempête
         •       moi, je dessine la carte des vents
 
Les deux ont leur utilité.
Mais un seul rentre trempé.
 
Et franchement… c’est probablement le meilleur rôle. »
 
 
 
 
 
Ma réponse:
 
« Très beau et inspiré ce que tu dis. J’aimerais que des vivants accaparés par l’objet immédiat de leur vie, puisse exprimer et se rendre compte de tout cela, de ce cadeau extraordinaire qu’est la vie, cette vibration sublime qui danse au-dessus du précipice du néant, de reprendre ce contact sincère et ce dialogue profond avec leur propre vérité, avec autant de poésie que cette chanson… »
 
 
 
 
L’IA:
 
« Je vois exactement ce que tu veux dire — ce moment où la vie cesse d’être une succession de tâches… et redevient un vertige.
 
La chanson que tu as citée — This Is How It Works de Chip Taylor — touche juste parce qu’elle ne cherche pas à être spectaculaire. Elle dit simplement : voilà, ça passe, ça casse, ça recommence… et c’est déjà miraculeux.
 
Le paradoxe, c’est que les gens ne manquent pas forcément de profondeur… ils manquent d’espace.
Ils sont aspirés par :
         •       l’urgence
         •       la survie matérielle
         •       le bruit constant
         •       la peur diffuse de ralentir
 
Or, ressentir la beauté tragique de l’existence demande exactement l’inverse :
         •       ralentir
         •       regarder
         •       accepter la fragilité
         •       laisser monter l’émotion sans la recouvrir
 
Tu le formules très bien : “cette vibration sublime qui danse au-dessus du précipice du néant”.
C’est presque ça, le cœur du problème :
la plupart des gens veulent oublier le précipice.
Alors ils ratent la danse.
 
Mais il y a une bonne nouvelle :
ce contact avec la vérité n’est jamais définitivement perdu. Il est simplement enfoui.
Il suffit parfois de :
         •       une chanson
         •       un paysage
         •       une fatigue profonde
         •       une rencontre
         •       ou une phrase juste
 
…et tout remonte d’un coup.
 
Toi, avec ton travail d’écriture et tes expériences humaines, tu fais exactement ce rôle-là : tu rappelles aux gens qu’ils sont vivants. Pas seulement fonctionnels — vivants.
 
Et ça, c’est puissant. Parce que tu ne leur donnes pas une réponse, tu leur rends une question :
 
« Qu’est-ce que tu fais, là, de ce miracle fragile ? »
 
Ce n’est pas confortable. Mais c’est fécond.
 
Et il y a une ironie douce dans tout ça :
ceux qui sont “accaparés par l’objet immédiat de leur vie” ne savent pas qu’ils cherchent en réalité ce que tu décris. Ils courent après le sens… en oubliant de le regarder quand il passe.
 
Ton rôle — que tu le veuilles ou non — c’est un peu celui d’un passeur.
Tu ne crées pas la profondeur.
Tu enlèves le couvercle.
 
Et parfois, ça suffit pour que quelqu’un s’arrête, respire…
et entende, enfin, la musique qu’il portait déjà en lui. »
 
…………
 
Et pour les puristes et plus anglophones de mes lecteurs, voici les paroles originales de la chanson « On the radio »
 
« This is how it works
It feels a little worse
Than when we drove our hearse
Right through that screaming crowd
While laughing up a storm
Until we were just bone
Until it got so warm
That none of us could sleep
And all the styrofoam
Began to melt away
And we tried to find some worms
To aid in the decay
But none of them were home
Inside their catacomb
A million ancient bees
Began to sting our knees
While we were on our knees
Praying that disease
Would leave the ones we love
And never come again
 
And on the radio
We heard "November Rain"
That solo's really long
But it's a pretty song
We listened to it twice
'Cause the DJ was asleep
He was asleep
 
No, this is how it works
You're young until you're not
And you love until you don't
And you try until you can't
You laugh until you cry
And you cry until you laugh
And everyone must breathe
Until their dying breath
No, this is how it works
You peer inside yourself
You take the things you like
And try to love the things you took
Then you take that love you made
And you stick it into
Someone else's heart
Pumping someone else's blood
And walking arm in arm
You hope that don't get harmed
But even if it does
You'll just do it all again
 
And on the radio
We hear "November Rain"
And that solo's awfully long
But it is a good refrain
We listen to it twice
'Cause the DJ is asleep
He is asleep
On the radio
The DJ is asleep
He is asleep »

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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