Une vie de funambule

Savourer les secondes qui défilent sous mes yeux, comme les perles égrenées d’un chapelet ressemblant furieusement à l’idée du bonheur. 

Ralentir jusqu’au point de le figer, ce temps que d’aucuns essaient de tuer ou de monnayer, ce qui revient au même, n’est-ce pas.

Faire son nid d’oiseau libre dans l’altérité la plus vive, dans le dédale des jours, où les ruelles d’un village, ébouriffé son regard dans l’ombre du vent jouant facétieusement sur un mur inondé de soleil. 

Regarder là-bas, dans le lointain, les fureurs d’un monde en train de sombrer par la folie des hommes et se tenir à distance du naufrage annoncé.

Se calfeutrer, ne serait-ce qu’un instant, dans quelques minutes suspendues, dans l’amertume noire d’un café colombien, dans la douceur de vivre et dans le petit commerce des regards échangés, dans l’innocence d’un enfant insoucieux du vacarme des adultes, ce qui est, avouons-le, un exercice de haute-voltige par les temps qui courent. 

Cultiver, avec un brin d’humour et quelques vers salvateurs de poètes immenses, l’air du temps, l’art de détachement, le point d’équilibre où tout humain doit apprendre l’art du funambulisme. 

Relire Maxence Fermine en abreuvant notre âme du minuscule, de l’insignifiant, de l’invisible, du délicat, de l’univers infime et de ces signes imperceptibles qui sont les fondations du monde et font s’écrouler des empires. 

« Il y a deux sortes de gens. Il y a ceux qui vivent, jouent et meurent.

Et il y a ceux qui ne font jamais rien d’autre que se tenir en équilibre sur l’arête de la vie. Il y a les acteurs. Et il y a les funambules. »

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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