Je me demande toujours ce qui prévaut dans cet amour que je porte à cette Colombie envoûtante.
La diversité des paysages et des reliefs, où le vert a définitivement établi son empire, revendiquant une collusion millénaire avec la mère Nature, et servant de refuge à une multitude d’espèces animales ?
Ou bien la débauche de couleurs dont ce pays drape la plupart de ses villages, trahissant sans doute la gaité naturelle de ses habitants. Cela tranche si gaiement avec l’atmosphère des grandes villes modernes où les couleurs disparaissent, où les regards se ternissent, les conversations se meurent et les humains s’effarouchent d’un rien. Constat indéniable où les exigences de la société marchande plonge les habitants-consommateurs dans un monde en noir et blanc, où domine fatalement la grisaille, sur les murs autant que dans les âmes.
Ou bien encore la gentillesse légendaire des colombiens, vérifiée mille fois et encore éprouvée ce matin par des conversations aimables de bout de trottoir et de coin de rue. On se salue, on échange quelques mots entre voisins mais aussi avec l’inconnu de passage que je suis, puis l’on se souhaite une bonne journée, repartant en souriant avec son petit trésor de civilité au fond des poches ?
Alors, pendant que je continue de m’interroger et de placarder quelques images hautes en couleur ou en humanité sur mes murs virtuels – preuves qui valent bien mieux qu’un long discours – je vous laisse avec les paroles d’un talentueux auteur mexicain – Emmanuel Zavala – dont je partage la même philosophie et parviens aux mêmes conclusions existentielles.
« Je suis en paix avec ma solitude.
Je chemine à mon rythme, concentré sur mes rêves, porté tantôt par une énergie débordante, tantôt par un calme profond. Parfois, l’envie me prend de partir, de voir le monde, de croiser des visages inconnus. D’autres fois, je préfère rester chez moi, à ne rien faire d’autre qu’exister, simplement.
Peu m’importe si le téléphone reste muet, si personne n’écrit. Je n’attends rien de personne. Ce qui m’importe vraiment, c’est la sérénité que j’ai su construire, cette paix rare et précieuse qui emplit mes jours. Je ne cours après personne, je ne réponds à personne.
Mon cœur ne quémande plus.
Si un jour quelqu’un entre dans ma vie, il ou elle devra être à la hauteur de ce trésor de tranquillité que je possède.
Car j’ai appris à m’aimer suffisamment pour savoir que ma paix vaut plus que n’importe quelle présence passagère. »
Emmanuel Zavala – À l’aise avec ma solitude



























