Les voyages forment la jeunesse !

Départ in extremis dimanche soir pour Medellin, via Montréal, puis Bogotá.
Arrivé 2h20 avant le vol à l’aéroport, je rejoins le comptoir de la compagnie Frenchbee. Première fois que je vais monter sur les ailes d’une abeille française pour traverser l’Atlantique. Il paraît qu’elles sont en extinction. Avec ce qui va m’arriver, je comprends pourquoi:-)

Impossibilité de me pré-enregistrer en ligne. Cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille, mais j’avoue que je n’en peu plus de ce monde bourré de puces omniprésentes et contrôlant nos vies, nos téléphones, nos ordinateurs, nos voitures, nos portes d’accès, toutes ces machines qui télécommandent nos vies virtuelles et finissent par empoisonner notre réalité.

Il faut s’enregistrer désormais via des bornes électroniques à l’aéroport, soi-disant pour simplifier, à condition de bien rentrer dans les cases. Mais ce n’est définitivement pas mon style.
Finis les humains qui prenaient notre passeport au comptoir d’enregistrement bagages, echangeaint quelques mots, une plaisanterie et arrangeait les choses… Aujourd’hui on est dans le do-it-yourself, le rêve masturbatoire des pondeurs de process, forcément des branleurs qui sont payés à déshumaniser tout notre société, et à nous enfermer dans des bulles technologiques, dûment contrôlées. Rentabilité et sécurité obligent:-(

La machine refuse de me délivrer mes cartes d’embarquement. Deuxième puce à l’oreille. Il faut voir un agent. Avant de le voir, il faut le débusquer. Tic tac, tic tac..
On me demande, vous avez un AVE ?
Whaaaaat the fuck?!?…
Kesako ?

« C’est l’équivalent de l’ESTA des Etats-Unis, mais pour le Canada ».

J’avais juste vérifié, grâce à une toute première puce à l’oreille, que je n’avais pas besoin de Visa, en tant que français, pour entrer au Canada. Trop d’empressement, excitation d’un nouveau départ et désir aveugle de reprendre ma vie nomade. J’aurais dû lire jusqu’au bout. On a besoin d’un fucking AVE.
Tabernacle!

  • « Mais vous pouvez faire la demande et remplir le formulaire en ligne » me précise « l’agent » tout absorbé par sa machine et ses contrôles.

Je trouve le site web, rempli les premières pages d’une longue procédure d’inscription, jure sur l’honneur tout un tas de choses, les pages défilent, les doigts tapent à côté par nervosité. On me dit que je n’ai plus que 20 mn. De me dépêcher.
Après, les comptoirs d’enregistrement seront inaccessibles, le vol sera fermé, alors que l’avion ne décolle que dans … 1h30.
J’en conclus que la prochaine fois, je viendrai la veille, dormirai à l’Hilton de l’aéroport et viendrai m’enregistrer à l’aube du jour du départ. Quelle folie ! L’absurdité d’être dans une époque où tout se précipite, mais où il faut faire les choses à l’avance, bien cocher les cases et surtout traverser dans les clous…

Un quart d’heure se passe, j’ai tout rempli, je me suis acquitté de 7€ payés en ligne. Il ne reste plus que 6 minutes. C’est court. C’est peu. Je me jette sur le préposé au contrôle qui m’a bien aidé, voyant ma panique face à tous ces formulaires bavards, pleins de mises en garde, de clauses à lire et à cocher. Je lui montre le reçu prouvant que tout est fait et dûment payé.

Il m’indique qu’il faut attendre maintenant le mail d’approbation des canadiens.

C’est à ce moment là que j’ai failli m’évanouir, que j’ai perdu espoir et compris que venaient de s’envoler mes 800€, prix de mon billet « aller simple » vers la liberté.
Non ! s’en aller n’est jamais simple. On n’échappe pas au système et à la complexification d’un monde qui se calfeutre derrière ses peurs et sa folie des normes et des contrôles.
Négligence personnelle. Furieuse envie de suicide sur l’instant.

Il ne reste plus que 5 mn. Je demande effondré à l’agent, combien de temps ça prend.

« Ça dépend. Entre quelques minutes et… 72 heures »

Si nous n’avions pas été au rez-de-chaussée d’Orly Sud, j’aurais sauté par la première fenêtre à la disposition. Se défenestrer est la seule solution pour répondre au découragement qui m’envahissait.
Plus que 4 mn avant que la guillotine des process m’empêche de rejoindre un avion qui décolle dans… 1h30.
Il ne me reste plus que 4 mn à patienter dans cet asile de fous, pour constater que j’ai perdu 800€.

Les comptoirs d’embarquement de Frenchbee commencent à fermer et il ne reste plus que 3 passagers à enregistrer. L’heure c’est l’heure ! Et en plus on est dimanche, et tout ce petit monde n’a qu’une envie, clôturer cette journée.

Je recharge mes mails toutes les deux secondes. Au bout de 2 minutes et 34 secondes, le mail des autorités canadiennes s’affichent sur mon écran: « demande approuvée ».
Bien sûr, je me jette sur le pauvre agent, qui fut un complice efficace de cette chose impossible que j’étais en train de vivre. Il vérifie le mail et mon passeport. Me rend le tout avec un petit sourire, en me disant : »Vous avez vraiment de la chance!!… vous ;-)».

Et sur une dernière injonction, le plus bel ordre que j’ai reçu dans ma vie, il rajoute:

« Foncez ! Ils ferment dans 1 minute ».

Je fus le dernier passager à avoir le droit d’embarquer pour le Canada ce jour-ci. Cela fait longtemps que je n’avais pas eu une telle dose de stress.
Mais, tout à ma joie, courant dans les couloirs pour passer la sécurité, les contrôles, les dutyfree, et rejoindre la porte d’embarquement située à ce qui m’apparut être 20 km, j’ignorais que c’était juste une mise en bouche, et que le voyage allait encore se compliquer, éloignant tout perspective de passer ma première nuit à Medellin.

La suite, au prochain épisode, pour demain;-)

Je repense à la devise qui m’accompagne depuis des années qui constitue une belle morale à cet épisode, surtout un dimanche, jour du Seigneur :

« si tu veux faire rigoler Dieu, raconte-lui tes projets! »

(Inscrivez-vous sur mon blog pour ne rien perdre de la suite : fredericpie.fr )

Avatar de Inconnu

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

6 commentaires sur « Les voyages forment la jeunesse ! »

  1. Quel stress ! quel monde ! nous trouvons heureusement encore des endroits où il fait bon vivre…

    Bon voyage à toi, pour nous l’année 2026 sera consacrée à la famille et aux amis avant de reprendre la route…

    Aimé par 1 personne

      1. Bjr Fred, les nouvelles sont elles bonnes ?….un peu inquiets de ce silence radio depuis Montréal…Ils t’ont gardé ? es tu arrivé enfin à Medelin par avion ou par la terre ? ce qui expliquerait ton silence…bon on espère que tout va finalement bien (mieux)….

        Aimé par 1 personne

Répondre à fredpie Annuler la réponse.