On marche sur la tête

L’homme qui marche, datant de 1907.

Rendons hommage à l’Auguste Rodin, si judicieusement prénommé ainsi par ses parents. Il mérite notre admiration pour son sens de l’anticipation et cette vision divinatrice qui affirma, 120 années avant que nous déambulions dans nos villes, tel des zombies craintifs du moindre regard, avalés par des écrans qui nient tout contact humain derrière les faux-semblants de l’hyper-connectivité, cette folie contemporaine qui nous décérèbre chaque jour un peu plus.

Comment avait-il pu prédire que l’homme perdrait ainsi la tête, que le citadin marcheur se mettrait même à courir comme un canard sans tête, après les urgences d’une vie absurde qu’il s’impose à lui-même. 

Sirotant un café à une terrasse accueillante, sans le moindre empressement, si ce n’est cette impérieuse nécessité de contempler le monde, cette civilisation moderne, ivre de sa course folle, je savoure l’œuvre du grand maître qui sut si bien sculpter nos passions et nos petites lâchetés. 

Alors, après avoir payé mon dû et avant de monter sur mon deux roues pour filer vers Paris, je demande au serveur où sont cachées les toilettes, bien décidé à aller rendre un hommage à celui qui savait si bien, un siècle avant notre époque un peu chiante, si joliment couler un bronze !

Avatar de Inconnu

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

Laisser un commentaire