Les Huns et les Autres 

Ce week-end sonne la fin de mon entracte de longues et belles semaines passées chez les Gaulois, à entretenir les liens d’amitié, à régler quelques affaires en cours et à retrouver ma minuscule famille pour faire le plein d’amour et de nouveaux projets de vie.

Direction La Mongolie et d’autres pays d’Asie Centrale, pour quelques mois de repérage de mes prochaines aventures, qui ne manqueront pas de piquant. 

Ayant comme intention de développer une offre de voyage consistant à poursuivre mon tour du monde, mais en me faisant accompagner, cette fois-ci, dans l’esprit de cette magnifique émission “Rendez-vous en terre inconnue”, pour proposer à un voyageur-accompagnant (valable aussi au féminin, parité et goût personnel oblige:-)  de découvrir la vie, d’explorer des territoires époustouflants et inspirants, afin de transmettre tout ce que j’ai appris durant ces presque sept années de nomadisme minimaliste. 

Partir à la conquête de soi, en explorant le monde, afin de se reconnecter urgemment à la Nature (au sauvage intouché par l’homme), d’aller vers l’autre, dans ce monde ou plus personne ne sait converser ou écouter ses semblables, et finalement, entreprendre la seule aventure qui compte dans cette vie: descendre en soi-même et se connaître, afin de trouver le sens de notre propre existence. 

La Mongolie sera un merveilleux terrain de jeu pour connaître les Huns et aller vers les Autres;-) 

Sur un territoire grand comme trois fois la France, et une population de 3,2 millions d’habitants seulement, soit à peine plus que 1,5 fois la population de Paris intra-muros, la Mongolie est le pays le moins densément peuplé du monde. C’est donc l’écrin idéal pour vivre les cinq piliers du luxe de demain : l’espace, la solitude, le silence, la lenteur et le sauvage. 

À quelques heures de sauter dans un avion pour Oulan Bator, via Istanbul, je n’avais plus jamais ressenti cette petite appréhension qui m’avait pris les tripes, le 6 novembre 2018, lorsque je m’étais installé dans la carlingue d’un grand oiseau blanc, pour entamer mon tour du monde, sans aucune contrainte ni date de caducité. C’est bon signe et cela ressemble davantage à l’excitation que doivent ressentir les astronautes avant le décollage de la fusée qui va les conduire vers une autre planète. 

Une anecdote survenue récemment me donne toute confiance pour l’avenir, me convainc – s’il en était encore besoin – que je suis parfaitement aligné avec ma mission de vie, mon “ Ikigai “ comme disent les japonais, et que je peux poursuivre vers ce nouvel horizon de vie, sous les meilleurs hospices et avec la bienveillance des Dieux.

Je vous confie cette petite histoire, que vous ne répéterez pas, car nous sommes entre amis.

J’étais Il y a quelques semaines à bord d’un catamaran, sur les eaux bleues de la Méditerranée, avec une bande d’amis. C’est en embarquant à Saint-Mandrier, le premier jour de notre petite croisière, que j’ai fait la connaissance d’un couple particulièrement sympathique. Zsolt, un sympathique médecin hongrois, chercheur en neurosciences et patron d’une très prometteuse start-up spécialisée dans l’imagerie médicale du cerveau, mais surtout grand amateur de tous les sports de glisse. Son amie, est une joviale espagnole répondant au prénom de Lalie, vivant aux Canaries et grande surfeuse devant l’Éternel. Le dernier jour de notre séjour, ils décidèrent de mettre pied à terre pour aller se balader et découvrir les environs. Tous les sentiers étaient malheureusement fermés, par précaution à l’égard des risques de feux, car ça soufflait très fort sur les reliefs du Var. Ils se firent donc déposer en Zodiac sur l’une des plages de Hyères, décidés à découvrir cette petite ville. Ils prirent un bus, descendirent à un arrêt situé près du centre-ville. Pourquoi celui-ci et pas celui d’avant ou celui d’après ? Pur hasard apparemment. En descendant, Lalie émit l’idée que ce serait sympathique de me faire un petit cadeau, car nous nous étions particulièrement bien entendus. A peine cinq minutes après avoir formulé cette remarque, ils tombèrent sur une petite vitrine-bibliothèque disposée sur la chaussée et invitant les badauds à déposer des livres pour que des inconnus puissent en choisir un et l’emporter pour le lire. Cette généreuse initiative fleurit un peu partout en France et permet à des gens qui n’ont pas assez d’argent ou l’habitude de se rendre dans une librairie, de découvrir un livre au hasard, en fonction de leur goût et d’accéder gratuitement à la lecture. 

Lalie ouvrit la vitrine, farfouilla un peu sur les différentes étagères et débusqua dans la rangée du fond ce qui constitue pour moi le plus improbable et incroyable cadeau que je puisse recevoir. Ce petit trésor qu’elle m’offrit, quand nous retrouvâmes au dîner, est un signe du destin, un clin d’œil des Dieux et une invitation à poursuivre mon chemin, tout en concrétisant le projet qui me tient tant à cœur. C’est une bénédiction. Comment imaginer qu’un vieux livret, édité en 1968, et intitulé Tour du Monde, portant précisément et exclusivement sur la Mongolie, attende un globe-trotter qui mouillerait au large de Hyères et finirait entre ses mains par un extraordinaire concours de circonstances ? Imagine-t-on la succession impressionnante de décisions, de hasards et de causalités, qui se sont enchaînées pour que ce cadeau – qui parle à nul autre pareil – atterrisse entre mes mains, alors que je m’apprête à poursuivre mon tour du monde, en décollant de manière imminente vers ce territoire. Nous sommes dans l’illustration absolue de cette pensée formulée un jour par Albert Einstein : « Le hasard, c’est le déguisement que prend Dieu pour voyager incognito ». 

Merci Lalie et mes amis pour avoir été les complices de ce cadeau tout bonnement divin ! C’est une nouvelle preuve « qu’il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous », selon la jolie formule attribuée à Paul Éluard. Et ce rendez-vous, en en solitaire et en terre inconnue – croyez-moi – je ne vais pas le louper, car je dispose du plus incroyable et original carton d’invitation qui soit !

La suite, au prochain épisode… 

Escalator de la Samaritaine
où je cherche mon bon Samaritain…
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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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