L’homme qui marche

Quelle joie de retrouver Paris, quand on passe sa vie à écumer les routes du monde et les chemins de traverse de notre humanité si tourmentée ! Quel plaisir de déambuler au hasard des rues, se donnant le temps de la contemplation de cette ville considérée, par tous les gens que je croise, sous tant de latitudes, comme la plus belle ville du monde. Et si la beauté et la capacité d’émerveillement etaient les meilleurs antidote à la laideur des hommes et à leur propension obsessionnelle à se créer des problèmes ? René Char, nous a pourtant mis en garde et fourni un conseil qui vaut prescription pour retrouver la paix de l’âme: 

“Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des noeuds.”

Il faut toujours écouter les poètes, ils dégainent des vérités universelles et tirent des salves d’avenir, qui illuminent les heures sombres de notre vie, et donnent un sens à ce présent, dans lequel on s’échinent à trouver un sens à l’existence, si brève et si précieuse à la fois.

Alors, aux abords de la très belle Fondation Pinault, située en plein centre de la capitale, dans l’ancienne Bourse de Commerce, voyant mon ombre se détacher et cheminer à mes côtés, comme un ami silencieux m’accompagnant dans ma chasse au trésor, sous ce ciel d’été résolument optimiste, une pensée furtive me traverse. Je pense à cette statue de Giacometti, icône de l’art moderne, L’homme qui marche, qui fut vendue à Londres, en 2010, pour la modique somme de 65 millions de livres (soit plus de 74 millions d’euros). Avouez que ça a bien marché… pour Alberto. Je souris à l’idée que je suis en train de m’escrimer à publier mon nouveau livre pour quelque chose comme 15 euros. Pourvu qu’il marche aussi bien et rapporte à son humble auteur, de quoi continuer de déambuler dans les rues de toutes les capitales du monde, pour le reste de son existence ! Moi qui ai fait d’une planète entière, mon atelier.

Pour mémoire, le record de vente absolu d’une œuvre de Giacometti fut battu en 2015 avec la vente de l’homme au doigt, pour la somme de 141 millions de dollars. Inutile, cher amis, de faire des heures supplémentaires ou de vouloir travailler plus, pour gagner plus. De toute évidence, l’acheteur s’y est pris autrement. Alors, je vous laisse avec cette vidéo de l’homme qui marche, afin de m’emboîter le pas pour aller à la rencontre de votre propre joie, de votre manière d’être en connivence avec votre existence si unique et si furtive. Habitons nos vie le plus joyeusement possible et ne les confondons pas avec les douleurs qui les remplissent, pour reprendre les mots de Char.

L’homme qui marche

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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