Sous le feu des critiques

On vient de m’envoyer les deux dernières critiques publiées sur l’excellent site Babelio, à propos de mon livre intitulé VIVANT- Chroniques d’Afrique.

Je remercie ces deux lectrices inconnues qui se sont donné la peine de dénicher cet ouvrage dans lequel j’ai mis mon coeur et mon âme en dépôt-vente, parce que ce livre ne fut pas distribué comme il aurait mérité de l’être. Ce ne fut pas la faute de mon éditeur, mais de son distributeur, qui fut en deça de tout. 

De toute évidence, sa force de vente ne fit pas son boulot et ne le présenta pas au réseau de libraires dont ils avaient la charge. De retour en France, quelques mois après sa sortie, je fis le tour d’une quinzaine de librairies à Paris et Lyon, et aucune n’avait entendu parlé de VIVANT, ni reçu un exemplaire pour le découvrir. Si bien, que le livre fut essentiellement vendu en direct ou par mon propre réseau. 

Durant des décennies, à chaque fois que l’on me demandait pourquoi j’écrivais, je me cachais derrière la réponse que fit Gabriel Garcia-Marquez à cette même question posée d’un jeune journaliste: “J’écris pour que mes amis m’aiment davantage.” Derrière cette humble réponse d’une malice inégalable, le prix Nobel de littérature pouvait justifier de millions d’exemplaires vendus, d’une ample bibliographie et du foisonnant Cent ans de solitude qui marqua le début d’une reconnaissance mondiale. Tandis que moi, amateur passionné d’écriture et plumitif invétéré, me claquemurait dans le bunker d’innombrables écrits intimes (discours d’anniversaire, lettres d’amour ou d’amitié, poèmes, journaux intimes ou littéraires, carnets de voyage et blog personnel), sans jamais avoir publié le moindre ouvrage ou m’être exposé au monde de l’édition.

Lorsque mon premier livre, LIBRE – Écrire sur les chemins du monde– vit le jour, les critiques furent nombreuses et très majoritairement élogieuses. Ce qui me conforta pour l’écriture du second opus de mes aventures du bout du monde, sans me douter de l’accident industriel qui m’attendait, car être édité n’est rien, si l’on n’est pas aussi efficacement distribué. LIBRE, s’est écoulé à environ 3000 exemplaires à ce jour, tandis que VIVANT flirta à peine avec le millier, ce qui pourrait satisfaire tout voyageur qui écrit, mais pas un écrivain qui voyage, futur prix Nobel qui plus est ! Je plaisante, naturellement 😉

Bref, la découverte de ces deux critiques récemment publiées, magnifiquement ourlées et soigneusement étayées par ces deux lectrices dénicheuses de livres introuvables, fut pour moi une source d’émotion qui me rappelle pourquoi j’écris, désormais : pour que mes lecteurs aiment davantage cette vie qui leur est offerte, et qu’ils oublient parfois de vivre comme des bien-vivants que nous devrions tous être ! J’écris pour inspirer et pour donner l’exemple.

PREMIÈRE CRITIQUE

christeleternel      –      16 mars 2025

Bonjour à tous,

C’est dans le cadre de la masse critique de Babelio de février que je vous propose aujourd’hui un retour de lecture sur le deuxième roman d’un écrivain-voyageur, épris de liberté et foncièrement philosophe dans l’âme.

Vivant, chroniques d’Afrique de Frédéric Pie
Éditions Nautilus 
Paru le 25 novembre 2022
382 pages

Extrait :
« À force de ne faire que des photos, on revient avec des clichés sur le pays ! »

Extrait du poème de Jean-Louis Roy :
« Celui qui vous a dit : « Gorée est une île »
Celui-là a menti.
Cette île n’est pas une île
Elle est un continent de l’esprit »

Extrait : 
« Ici au Sénégal, les plus beaux paysages sont les coeurs et les sourires. Finalement, je me demande si la philosophie africaine ne pourrait pas se résumer par : « Je suis, donc je vis ! »… »

Extrait : 
« Incroyable Afrique, si déroutante et décevante, par moments, et soudain si joyeuse et surprenante. (…) Les couleurs y sont plus vives qu’ailleurs, les rythmes plus endiablés, les rires plus francs et insouciants. Chaque jour est un trésor, une inspiration, une occasion d’apprendre à être plus humain et plus humble ! »

Extrait :
« Quand on s’est volontairement allégé de tout bien matériel, on n’a finalement plus grand chose à donner. C’est alors que l’on est en mesure d’offrir l’essentiel, le plus précieux : on donne ce que l’on est, et plus ce que l’on a. »

Extrait :
« Vivre n’est pas un métier facile et requiert, sans nul doute, un certain savoir-faire. »

La 4ème de couverture :
« Voilà donc 1452 jours que j’arpente la planète. Presque quatre années écoulées, passées en moins de temps qu’il ne le faut pour l’écrire. (…) À vrai dire, je n’avais pas d’idée très précise de ce à quoi cette vie allait ressembler. Cela tenait davantage d’un grand saut dans l’inconnu que d’un projet de vie rationnel. Mais, il faut bien avouer que cet exercice a pris la forme, au fil du temps, d’un mode de vie passionnant, totalement improvisé, fondé sur un train de vie sobre et minimaliste. 
Au fur et à mesure des mois et des rencontres, le voyage s’est transformé en l’incarnation d’une véritable philosophie du vagabondage, laissant parfois au destin ou au hasard le choix des destinations, (…)
Ma liberté prenait des aises et ma curiosité devenait une drogue. Poursuivre le chemin était mon leitmotiv pour honorer la promesse que je m’étais faite en partant, inspirée de l’autobiographie de Pablo Neruda, pouvoir dire, comme le grand poète : « J’avoue que j’ai vécu. » »

Mon résumé et avis :
Au lendemain de la crise sanitaire, Frédéric Pie se décide à reprendre la route. Après l’Amérique latine et l’Océanie, le voilà parti, léger comme l’air, explorer avec ses 14 kgs de bagage, son seul patrimoine maintenant, le gigantesque et fascinant continent africain. Un périple de plusieurs dizaines de milliers de km pendant 11 mois et 8 pays à traverser de long en large. Première étape : l’Afrique de l’Ouest. Arrivé au Sénégal où l’oralité est un art de vivre, il va découvrir la Medina de Dakar en plein Ramadan, la Maison des Esclaves, la Porte du voyage sans retour sur l’île de Gorée et la mangrove dans le delta de Sine Saloum. Une fois gorgé d’un soleil radieux, de boubous aux couleurs chatoyantes et de joyeux balabres, notre voyageur au long cours fait une nouvelle étape en Afrique du Sud. Après deux mois d’arrêt forcé en raison de la Covid à Johannesburg, métropole ambidextre, de riches d’un côté et de miséreux de l’autre, il roule vers le Lesotho appelé « Royaume du ciel », ses majestueux paysages et la gentillesse de ses habitants. de retour en Afrique du Sud, c’est une casse moteur sur sa monture métallique, un 4×4 Land Rover Defender, qui le contraint à attendre un mois avant de visiter l’immense parc national Kruger, véritable zoo à ciel ouvert de 350 km de longueur et large de 80 km. Puis c’est l’Afrique australe qui l’attend, le Mozambique, le township de la petite ville de Chimoio, le fleuve Zambèze, la Zambie, le lac Tanganyika, la rencontre fortuite nez à trompe avec un éléphant, les singes verts avec leur anatomie particulière, la splendide Isanga Bay, le parc naturel de Kasanka avec l’envol annuel de centaines de milliers de chauves-souris migratrices et autant de termites dans la construction de termitières cathédrales, le Botswana, la réserve du Kalahari, les Bushmen et pour finir, la Namibie, ses mines de diamants, Kolmanskop, la ville fantôme ensablée et sa majestueuse dune 45, l’une des plus grandes du monde… C’est un tableau grandiose du continent africain peint par Frédéric Pie qui aspire malgré les injonctions mondiales à la liberté, à une vie légère… et à redevenir Vivant !

Merci, merci, merci, mille mercis à Babelio et aux Éditions Nautilus qui m’ont permis de découvrir ce brillant écrivain-voyageur ! Ce récit de voyage est une succession de chroniques ponctuées d’un QR code qui permet au lecteur de mettre des photos sublimes sur les mots qui le sont tout autant. En plus d’être Vivant, je dirais que Frédéric Pie est Vrai. Il ne se dérobe jamais et ne cache pas ses coups de coeur ni ses coups de mou, sa frustration, ses problèmes de visa pour sortir d’un pays et d’entrer dans un autre, son expulsion administrative de l’Afrique du Sud, la casse moteur de son véhicule tout-terrain, les tracas de GPS ou encore d’hôtel-prison au Botswana, mais surtout ce qui est pour moi l’essentiel, son amour pour tout un continent, notamment pour la Namibie (je vous invite d’ailleurs à lire sa sublime lettre d’amour pour ce pays, page 309), l’humilité et la gentillesse, qui surpasse l’extrême pauvreté, des habitants des pays traversés par ce globe-trotter épris de liberté, d’aventure et de solitude… Comme Colette, une de ses lectrices assidues de Libre, son premier récit, Frédéric Pie m’a embarquée par sa narration, par ses magnifiques clichés et aussi par les extraits de poèmes et romans (Christian Bobin, Henry de Monfreid, Victor Hugo, Cesare Pavese…) qui reflètent exactement sa pensée au moment de l’écriture de ses chroniques.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Frédéric Pie, je vous invite à consulter son blog ( www.fredericpie.fr ), sa page FB, son IG (fred.pie), et bien sûr, à vous procurer ses carnets de voyage Libre et Vivant, en attendant le prochain ! Bravo et merci à lui !

SECONDE CRITIQUE

AuDJ  –  01 avril 2025

Il est des livres qui ne se contentent pas d’être lus. Ils se vivent, se ressentent, s’imprègnent en nous bien après avoir tourné la dernière page. Vivant, chroniques d’Afrique de Frédéric Pie fait partie de ces voyages littéraires qui transforment le lecteur autant qu’ils l’embarquent.


En 2020, l’auteur part pour un voyage hors normes avec une idée simple mais puissante : prendre le temps. Prendre le temps d’observer, de ressentir, d’écrire. Il nous emmène en Afrique, un continent fascinant et contrasté, qu’il découvre en pleine pandémie de Covid-19. Son périple commence au Sénégal, terre de traditions, d’oralité et d’accueil, où il plonge dans l’énergie vibrante de Dakar, la mémoire douloureuse de Gorée et la nature préservée du Sine Saloum. Son voyage le mène ensuite vers l’Afrique australe : Afrique du Sud, Lesotho, Namibie, Botswana, Zambie, Mozambique… Chaque pays est une immersion, chaque rencontre une leçon, chaque épreuve une introspection.

Ce livre est un voyage en soi, mais pas sous la forme habituelle d’un récit linéaire. Ici, chaque page est une fenêtre ouverte sur une rencontre, une pensée, une image. Des cartes postales de l’âme et du monde, comme autant d’instants capturés dans leur essence la plus pure. Dès les premières pages, l’auteur nous plonge dans le Sénégal, un pays qui m’est cher et dont j’ai savouré la description vibrante et sincère.

Ce que j’ai trouvé remarquable dans Vivant, c’est sa construction en petites chroniques qui dépassent le simple récit de voyage pour toucher à l’essentiel : la nature humaine, l’altérité, la beauté brute du monde. Frédéric Pie capte des instants fugaces, des visages, des paysages, des émotions. Son écriture, mêlant réflexion et contemplation, s’interroge sur la notion de liberté, la richesse de la sobriété volontaire et l’importance de vivre pleinement, loin des injonctions sociétales.

Sa plume oscille entre la poésie et la philosophie, entre l’observation minutieuse et la rêverie introspective. Il nous emmène sur les routes du Lesotho, de Namibie, dans des terres parfois rudes mais toujours habitées d’une énergie humaine qui l’inspire. Et l’on se surprend à s’arrêter, à réfléchir avec lui, à noter certaines de ses réflexions profondes sur le monde et notre place en son sein.

Ce livre est un hommage aux peuples et aux terres qu’il traverse, cette quête d’essentiel qui irrigue chaque page. L’auteur porte un regard lumineux et bienveillant sur l’autre, sur la nature, sur la vie. Il ne voyage pas pour collectionner des expériences, mais pour comprendre, ressentir, traduire en mots ce que le monde lui inspire. Il est un photographe de l’âme autant que de l’image. L’expérience de lecture est d’autant plus immersive que chaque chapitre est accompagné d’un QR code permettant d’accéder à des photographies sublimes du voyage sur le blog de l’écrivain-photographe. C’est un carnet de route sensoriel, un récit où les mots et les images dialoguent en harmonie.

Ce qui me restera de Vivant, c’est cette sensation de souffle, cette respiration offerte par une écriture qui invite à ralentir et à contempler. J’en ai recueilli de belles pensées philosophiques, des photographies littéraires humaines ou d’une nature généreuse et magnifique, honnête. L’auteur s’appuie sur les mots de poètes et d’écrivains, mais aussi sur les paroles des personnes croisées sur sa route, et cela confère à son livre une dimension universelle et intemporelle.

Au final, Vivant est plus qu’un carnet de voyage : c’est une invitation à regarder le monde autrement, avec plus de lenteur, de profondeur et d’amour pour l’Autre. Un livre à savourer par petites touches, comme les cartes postales qu’on relit encore et encore, pour le plaisir d’un instant suspendu.

❤️ Un coup de coeur, assurément.

(chronique complète sur mon blog Passion Sénégal)
Lien : https://passionsenegal.blogs..

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