Le Champollion de l’invisible

Que se cache-t-il derrière le langage secret des choses ?

Alphonse de Lamartine semblait avoir tellement raison lorsqu’il nous légua ces vers :

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? »

Pas un jour ne se passe, des premières lueurs de l’aube sur les cités endormies, jusqu’aux éblouissants crépuscules du bout du monde, sans que j’éprouve la sensation de devoir déchiffrer la mystique de l’univers, d’être le témoin privilégié, le passant initié chargé de décrypter les manifestation de la matière, qui se joue de nous et nous invite à sa métaphysique.

Dès que l’on y fait un peu attention et que l’on se rend disponible pour cela, on s’aperçoit que le monde des formes s’acoquine avec le vent, danse sur la palette des lumières et déploie sa malice pour faire de l’art autour de nous, et comme tout artiste qui s’ignore, tente de nous passer des messages avec plus ou moins de clarté.

Nous sommes une multitude à regarder les nuages et à voir parfois la silhouette d’un animal ou le visage d’un être qui se dessine en blanc, sur le bleu tenace d’un ciel d’été. 

Cette faculté à reconnaître une forme familière dans un paysage, dans la fumée d’un feu de bois ou dans un nuage porte un nom de maladie : la paréidolie. 

C’est dommage de donner un nom si compliqué, si vite effaçable de notre mémoire, à un don si enfantin, à ce jeu de piste que les adultes finissent par enterrer derrière le fardeau de leurs noirs soucis et sous le déluge de leurs prosaïques préoccupations.

C’est un don précieux, de pouvoir déchiffrer le non-vivant, d’assister à l’amitié de l’inerte, telle une porte d’accès discrète mais fabuleuse sur l’envers des choses, sur les clins d’œil que nous adressent des dieux taquins ou nos ancêtres, qui sait, nous regardant vivre, et qui nous adressent un salut discret, souvent sous la forme d’un message à jamais mystérieux pour le matérialiste empressé ou l’inattentif congénital.

C’est ainsi que prenant un bain de soleil de bon matin, je fus tiré de mon hamac par quelques objets qui, en se conjuguant et en s’agitant dans la brise, me firent de grands signes, finissant par attirer mon regard. 

Je vous poste ici une photo et une courte vidéo, en vous laissant le soin de répondre à votre tour, par jeu et pur défi intellectuel, à ces questions qui devraient être le seul sujet d’importance de nos agendas survoltés :

  • Qu’est-ce que cela vous évoque ?
  • Quels sont les objets qui ont produit cet effet et ce tableau visuels ? 
  • Y a-t-il pour vous un sens ou ne faut-il y voir que le hasard des choses sans queue ni tête, un effet de manche esthétique de l’univers ?

Avant de vous quitter et de retourner à mon hamac, pour buriner ma peau de vieux singe à qui on n’apprend plus à faire des grimaces, permettez-moi de vous rappeler cette jolie formule du grand Albert Einstein, pour qui tout était finalement très relatif : 

« Le hasard, c’est le déguisement que prend Dieu, pour voyager incognito. »

J’attends vos réponses. Vous avez deux heures ! 

PS : je me laisse quelques jours pour ramasser les copies et vous donner la solution;-)

PS2: La solution et l’image explicative, plus bas au bout de cette page… Il faut parfois descendre et creuser, afin de découvrir la vérité ou le vrai sens des choses 😉

Une simple corde à linge, quelques vêtements dansant dans le vent et la lumière vive d’un ciel colombien, répétant un spectacle pour échapper à l’ennui. Comme les choses peuvent parfois être simples et si belles !

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

3 commentaires sur « Le Champollion de l’invisible »

  1. Es verdera mente hermoso! Es la esencia de tu interior lo que reflejas.

    Es en las cosas sencillas donde está el verdadero valor de la vida. Es cuando hacemos un pare!! En cualquier momento de nuestras vidas, dejando atrás los afanes. Es aquí, cuando encontremos el verdadero sentido de la vida.

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  2. Alors je me lance : cela m’évoque l’ile de Pâques et ses mystérieux moaïs aux faces tournées vers l’intérieur des terres (sauf quelques unes, sans que personne ne sache pourquoi). Les objets qui ont produit cet effet ne sont-ils pas des vêtements accrochés sur une corde à linge et doucement balancés par la brise ? Le sens de tout cela ? les yeux des Anciens sont partout, ou encore : c’est en cherchant à l’intérieur de soi qu’on découvre la beauté des choses 🙂

    My two cents, anyway. Bonne suite de vagabondage!

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  3. Magnifique ! Et bien c’est cela, des vêtements en train de sécher au soleil qui jouent avec le vent et la lumière ardente du soleil… Eux seuls savent qu’il faut toujours laver son linge sale en famille et que la réconciliation heureuse, dans le jeu et l’harmonie répare le lien qui les unit;-) impossible malheureuse dans wordpress d’attacher une photo de l’explication dans ce commentaire… mais comment faire?

    La photo explicative se trouve à la fin de mon post:

    https://fredericpie.fr/2025/03/19/le-champollion-de-linvisible/

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