
En ce soir de jour de l’an, dans la chaleur tropicale, la musique se libère et fête ses décibels.
Les notes s’envolent haut par-dessus la forêt amazonienne et le boucan des humains festoyant recouvre le chant insistant des toucans. De leur grand bec, ils hurlent pourtant le drame écologique et nous annoncent le désastre de la déforestation.
Mais les humains, dans le saccage minutieux de cette planète merveilleuse, ignorent les notes qui s’envolent de la portée musicale. Quand la musique artificielle qui fait danser s’éteindra, que les derniers convives quitteront la piste de danse à demi éméchés, je resterai là, à écouter le silence assourdissant de la forêt, le chant disparu des animaux de l’Amazonie qui se demanderont encore quelle est cette espèce qui danse ainsi, chaque année, sur leur tombe.
Je vous souhaite une belle année 2025, pleine de lucidité, d’un surcroît de conscience et d’une envie forcenée de réparer nos tristes erreurs.














