« Regardez le ciel par une nuit claire et vous verrez des milliers d’étoiles, environ 6.000. Mais ce n’est qu’une infime fraction des étoiles. Les autres sont bien trop éloignées pour que nous puissions les voir ».
Selon l’état de nos connaissances les plus récentes en Astronomie, l’Univers compterait 2.000 milliards de Galaxies. Ce chiffre est une supposition tirée d’une extrapolation de l’univers connu et observable avec les moyens scientifiques actuels. Il est amusant de penser qu’il y a 10 ans à peine, les astrophysiciens estimaient la taille de l’Univers entre 100 et 200 milliards de Galaxies. Aujourd’hui, les progrès sont tels que l’on estime qu’il est 10 fois plus important. Où en sera-t-on dans une décennie ?
Actuellement, les instruments d’observations que nous utilisons ne permettent d’observer que 10% des galaxies. Pour aller plus loin, les scientifiques ont donc reconstitué petit bout par petit bout des images en 3D et évalué par extrapolation le nombre de galaxies aux différentes époques de l’histoire de l’Univers. Entendez : l’Univers proche (ou observable), c’est-à-dire celui dont nous recevons aujourd’hui des signaux, qu’ils soient associés à des ondes radio, gravitationnelles, gamma, ou tout simplement visible par le biais des télescopes.
Pour faire simple, les équipes d’astronomes qui travaillent sur le sujet, ont utilisé des méthodes de type statistique et ce que l’on connaît du cosmos pour deviner ce qui se passe plus loin. « L’étude est très intéressante même si on peut avoir quelques réserves sur le nombre précis de galaxies”, a déclaré François Hammer, astronome à l’Observatoire de Paris et spécialiste de la formation des galaxies.
Ce qui est encore plus vertigineux, c’est l’évaluation du nombre d’étoiles dans l’Univers. La Voie lactée, notre galaxie serait en fait de taille moyenne, comprenant tout de même de 100 à 200 milliards d’étoiles, c’est à dire de soleils comme celui qui nous permet de vivre chaque jour.
Nous serions donc en train de nous chamailler sur l’avenir de l’humanité et le devenir de notre minuscule mais miraculeuse planète, au milieu de 200.000 milliards de milliards d’étoiles!
Évidemment, le nombre de planètes est impossible à déterminer, et une extrapolation de celles qui composent le système solaire, à l’échelle de l’Univers serait hasardeuse pour déduire le nombre moyen de planètes qui s’agitent autour de leur étoiles. Si on parvenait à le déterminer, il serait de toute façon au delà de l’entendement humain.
Lorsqu’on se coltine à l’infiniment grand et que l’on frôle les frontières de la connaissance humaine, on découvre que l’on sait toujours plus, sur toujours moins. Chaque fois que l’on fait une découverte, que l’on prend pour une avancée scientifique, on s’aperçoit que l’on ouvre, non pas la porte d’une chambre qui nous apportera son explication rationnelle et définitive, mais plutôt la porte d’un corridor qui débouche sur des milliers d’autres portes en forme de questions encore à résoudre. La part du mystère s’intensifie. L’humanité avance à une vitesse hallucinante, mais la complexité et l’immensité des énigmes qui s’offrent à nous croient de manière exponentielle à chaque pas que nous faisons. Nous progressons de manière impressionnante dans le champ des connaissances, mais nous déchiffrons l’Univers, éclairés par la flamme vacilante d’une bougie, dans un espace-temps qui nous précède, pour l’instant de 14 milliards d’années et dont l’obscurité se creuse au fur et à mesure qu’on l’éclaire.
Que représente la vie humaine au bord d’un tel précipice d’ignorance encore à explorer ?
Que représente notre espèce, se glorifiant d’avoir apprivoisé le feu et s’enivrant aujourd’hui à l’idée de manipuler l’ADN et rêvant d’immortalité, en face de la sophistication époustouflante du vivant, rêvant de grands espaces interstellaires mais assassinant le premier venu pour un mot de travers ?
L’absurdité est sans doute la caractéristique la plus palpable de notre époque et celle qui résumera le mieux notre si bref et insignifiant passage sur cette planète!
Et dans cette accumulation vertigineuse de faits et de chiffres qui ne sera bientôt déchiffrable que par des intelligences artificielles, un fait notable me saute au yeux, sous la forme inouïe, miraculeuse, enivrante et joyeuse d’une certitude : celui de vous avoir trouvée.
Alors dans l’étincelle éphémère, invisible aux yeux de tous les Dieux déçus, inscrits désormais aux abonnés absents, visiblement partis en villégiature, pour ce reposer de ces trublions décevants que sont les hommes, je compte bien vous aimer de la meilleure manière qui soit, avec panache, sincérité, et en dansant dans le feu de cette fraction de seconde, qui est constituée du reste de mon existence.
Car il en va de l’Amour comme du Cosmos, à mi-chemin entre le vide intersidéral et la plénitude de l’âme humaine, lorsque celle-ci fusionne d’une même vibration avec les pulsions d’un cœur battant, l’infini et l’éternité s’épousent d’un même élan, partageant les mêmes lois physiques que le vol délicat d’un papillon ou le passage spectaculaire d’une comète incandescente.
Alors, un jour, peut-être, à des milliards d’années-lumières d’aujourd’hui, un extra-terrestre découvrira quelque part dans une partie infinie de son Univers connu, le halo lumineux de notre histoire. Alors, il pourra s’enorgueillir auprès des siens, d’avoir découvert, dans son télescope magique, ce qu’est le Bel amour.
Bel amour…
Il donnera ce nom à une galaxie lointaine, et le temps d’une seconde, il sera l’Alien le plus envié et respecté de l’Univers!


Au-delà du vertige. De la chute.
Au-delà des mots. Du frisson. Du tangible.
Au-delà de l’espace et du temps.
Se représenter l’univers, tenter d’en imaginer les limites ou d’en toucher l’épiderme, c’est plonger toujours plus profond dans le mystère.
Mystère de notre insignifiance. Mystère de notre capacité à en prendre conscience.
Mystère de cette frontière qui s’échappe à notre entendement et nous emmène, tel un chapelet de secondes interminable, vers un ailleurs à jamais incertain.
Et si tout était là ? Devant nos yeux incapables d’en saisir l’horizon ? Si tout se disait dans cette limite toujours repoussée, à jamais lointaine et pourtant si présente ?
L’immensité du ciel chuchote à celle du temps et nous scrutons les confins pensant y trouver une réponse quand celle-ci nous est déjà, toujours, donnée.
Le mouvement est comme rien. Le temps n’existe pas. Tout s’égrène, naît, grandit, s’effrite, disparaît et tout, renaît, revient, ailleurs, ici, demain ou aujourd’hui.
L’infini de l’espace est aussi celui du temps. Et dans l’infinité des galaxies portant chacune des milliards de soleils et des milliards de mondes habitables, nos doubles, triples et quadruples s’additionnent sans discontinuer jusqu’à former cette chaîne où chaque maillon, pourtant inéluctablement isolé des autres, forme le miracle et le mystère de la fraternité qui nous lie.
L’Autre est une île qui baigne dans l’océan d’un espace-temps à jamais trop vaste pour nous permettre d’ouvrir un dialogue.
il nous reste alors l’intuition, la métaphysique et, oui, l’amour ou la mystique pour saisir le sens de notre monde qui se délite. Et accepter que cette étoile s’éteigne car une infinité d’autres semblables s’illuminent alentours.
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Ça c’est du commentaire;-) merci. Mais comme pour une étoile lointaine qui ne porte pas encore de nom, ce commentaire m’arrive avec la mention « anonyme ». J’ignore donc de qui provient ce magnifique texte, en écho à ma chronique, qui semble venir des confins de l’Univers connu;-)
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