Quelques sautillements hasardeux sur une planète tournoyant dans l’infini du ciel.
Une gerbe de mots flamboyants de vérité, flottant dans l’océan des non-dits.
Des miettes de confidences au goutte-à-goutte d’un cœur battant, piteusement fracassées par la tempête de vos silences, sur les récifs granitiques de leur indifférence.
Ce temps fuyard qui n’arrange rien à l’affaire, dans cette quête d’amour qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes.
J’arpente désormais l’inconnu avec le masque d’un sourire, pieds nus pour ne plus marcher à côté de mes pas, dans le sable de ces heures si précieuses.
Et je vois de ma tribune, à chaque 14 juillet, défiler ces années de labeur passées à débusquer un chic type derrière la muraille des faux-semblants.
Ne restera de tout cela que l’infini tintement du cristal, quelques flacons brisés sur le sol de nos fêtes endiablées, et les rires tonitruants promptement évanouis dans la nuit de nos vieilles amitiés.
Et dans mon baluchon de manouche, à l’heure du grand coucher, on trouvera quelques breloques acquises aux quatre vents du monde, des mots d’amour encore à vivre, un vieux briquet, les cendres d’un cigare- comme moi – à demi consumé et le parfum fané de cette vie tant aimée.
Non, ne me raccompagnez pas.
Je connais le chemin !
Je claquerai la porte de cette vie fugace et fermerai la serrure à double-tour, comme sur une maison de campagne au sortir de l’été, avec sa flopée de souvenirs vivaces et la certitude de l’avoir bien vécue.
Sous le vieux pot de géraniums, je glisserai la clé de cette existence traversée – yeux dans les yeux – et dans un ultime sautillement, je disparaitrai le cœur léger, avec le secret espoir de vous revoir lors d’un prochain été.

Crédit photo: Andréas Gurski