Je noircis les pages de nos nuits
Dans l’espoir de devancer mes jours.
J’écris, avec comme seule musique, au loin
Le souffle rauque et apaisé du monde
Seuls quelques naïfs et les dormeurs impénitents
Croient que la nuit est pénombre, tache d’encre, noir cauchemar
Tandis que nos villes illuminées répudient les étoiles
Dans le halo braillard des lumières électriques
Les insomniaques, les poètes et les fous
Savent que le mystère surgit quand toute lueur s’épuise
Loin de nos charbonneuses campagnes aux belles nuits étoilées,
De nos déserts, de toute éternité, aux voûtes scintillantes,
De nos océans coiffés d’un grand voile lacté
Loin de l’agitation de nos villes aveuglantes
Où les obscurantistes finissent par éteindre tout espoir
Je vois les hordes des sans-âmes ourdir leur noirs desseins et préférer des années de ténèbres, à la possibilité d’un nouveau siècle des lumières,
Toute une jeunesse broie du noir en cette époque où l’avenir s’assombrit.
Alors pour rallumer l’espoir et reprendre le flambeau d’un lumineux combat
Sur le papier carbone de mes nuits résolument blanches
J’écris mes rêves et esquisse nos plans d’avenir
Dans ce monde d’illuminés, j’arpente les sentiers sinueux de l’espérance,
Avec le feu de l’éclaireur cherchant la voie d’une humanité réconciliée.
J’ai arrêté le tic tac assourdissant du présent
Afin d’entendre trotter les premières lueurs de l’aube.
On entend toujours venir l’avenir avec son minutieux sautillement
Et le bruit sourd des mauvaises nouvelles qui déboulent toujours avec leurs gros sabots.
Alors, avant de restituer le temps aux aiguilles des horloges
Et de remettre urgemment les pendules à l’heure
Je taille en solitaire le diamant de nos jours
Que je sertis d’une rivière de baisers et de paroles d’argent
Avec cette torpeur des petits matins que connaissent les gardiens de nuit et les ciseleur de mots nocturnes
Dans le sol fertile du jour nouveau qui accueillera nos pas bourlingueurs
Je jette les graines d’une nouvelle fraternité
Car je sais que tout ce qui s’y lance est d’or
Une nuit blanche est le prix à payer
Pour que surgisse un monde plus sobre, plus apaisé et résolument humain.













Pas mal !
(Hugues)
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