Bourrasque et coup de tonnerre

De toute évidence, la Pachamama, notre Terre-mère est pour le moins courroucée. Les relations avec ses enfants gâtés, ingrats et inconscients que nous sommes se dégradent chaque jour davantage et nous ne semblons pas comprendre, tenant tout pour acquis, avec notre mentalité de profiteurs, d’ingrats prévaricateurs, de petits propriétaires et de nouveaux riches, clôturant les espaces, dévastant les terres, inféodant les rêves et nous accaparant chaque once de ressource naturelle qu’elle nous offre gracieusement depuis des siècles. Triste descendance pour cette mère nourricière si généreuse ! Un notaire céleste bien avisé ferait bien de lui indiquer qu’il est grand temps de revoir le testament et de remettre en cause notre héritage.

Visiblement, nos relations sont devenues très électriques. Les sécheresses succèdent aux canicules. Les crues dévastatrices suivent les cyclones inédits en force et en fréquence. Les ouragans changent de direction et vont se perdre à l’autre bout de l’Atlantique, et ravagent nos côtes comme s’il s’agissait d’une nouvelle Floride.

Je n’avais jamais vu de ma vie des éclairs illuminant le ciel et se succèdant à un rythme si effréné. Jamais je n’avais entendu le tonnerre gronder une trentaine de fois par minute, déflagrations quasi-continues durant plus d’une heure, puis des orages diluviens sur toute la vallée…

La Terre est en colère. Que faisons-nous ? Rien dirons les plus lucides. Qui pouvons-nous ? enchaînerons les plus résignés.

Business as usual. 

Hyper-consommation. Divertissement à haute dose. Déni, inconscience et complotisme en guise de comode paravent. Soumission de la masse aux règles les plus absurdes et intolérables du système désormais imposées sur toute la surface du Globe. 

Flot d’argent inespéré pour quelques-uns contre vies englouties dans la misère pour un nombre toujours plus grand d’humains chassés de leur terre, mis au banc de leur propre vie.

Jusqu’où tolérer l’intolérable ?

L’humeur est à l’orage. La pluie précède les larmes. Shakespeare avait raison : « Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles. »

Combien nous faudra-t-il d’éclairs, de foudre et de tonnerre pour que nous recouvrions la vue et ouvrions les oreilles, afin de comprendre que tout est à réinventer. 

Je passe ma plume à quelqu’un d’autre pour conclure ce billet coup de foudre, au sens premier du terme, et fonce me mettre à l’abri…

« Vous êtes composé de 84 minéraux, 23 éléments et 40 litres d’eau répartis sur 38 milliards de cellules. Vous avez été constitués à partir de rien, par les pièces détachées de terre que vous avez consommées, selon un ensemble d’instructions cachées dans une double hélice et assez petite pour être chargée par un spermatozoïde. Vous êtes des papillons recyclés, des plantes, des rochers, des ruisseaux, du bois, des peaux de loup et des dents de requin. Décomposées dans leurs parties les plus petites et reconstruites dans l’être vivant le plus complexe de notre planète.

Tu ne vis pas sur terre, tu es la Terre.”

Auteur : un mystérieux … A. Marcus, à qui il convient de rendre hommage.

Je conclurai finalement sur une pensée de Cioran dont j’ai fait désormais ma profession de foi et mon métier de chaque jour :

« Nos contemporains ont perdu la faculté de contempler les choses. Ils ont désappris l’art de perdre intelligemment son temps. Si je devais faire mon propre bilan, alors je devrais dire que je suis le résultat de mes heures perdues. Je n’ai exercé aucun métier et j’ai gaspillé énormément de temps. Mais cette perte de temps a été réellement un gain. Seul l’homme qui se tient à l’écart, qui ne fait pas comme les autres, garde la faculté de vraiment comprendre quelque chose. » 

L’insomniaque ne vit que des nuits éclairs
L’orage se prépare…


A vous de me proposer une légende à cette vidéo…;-)
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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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