Moi, qui avance par cercles concentriques,
En traçant mes rêves du compas de mes jambes,
Élargissant chaque jour davantage mon périmètre
Pour faire le tour d’un monde qui ne tourne plus bien rond,
J’avoue ne pas être capable de mettre un pied devant l’autre.
Je m’emmêle les crayons dans toutes ces tâches d’encre, qui se veulent des mots,
Tandis que je m’efforce de jeter l’ancre au lieu de faire des ronds dans l’O.
Alors, quand je rencontre un compagnon d’infortune
Qui arpente la circonférence de ses jours éphémères,
En crapahutant avec tant d’habileté sur cinquante-huit gambettes
Je me mets à quatre pattes et lui témoigne mon plus profond respect.
Nous cheminons quelques heures côte-à-côte,
Marchant d’un même pas pour explorer la courbe elliptique de cette vie d’aventure.
Et devisons sur le sens de cette existence,
Qui nous mènera tous deux, à l’heure du grand sommeil,
Vers une autre vie à mille pieds sous terre.
Je me laisserai dévorer alors, par les vers de douze pieds que j’ai déclamé jadis, avec tant de bonheur, lorsque tout marchait encore.


Faute d’un ami chausseur et, compte tenu du prix actuel du cuir, on comprend que notre ami rampant ait choisi d’opter pour une existence de va-nu-pied !