Quel film !
Ne lisez pas le texte ci-dessous si vous n’avez pas regardé, re-regardé, re-re-regardé ces quelques minutes de vidéo qui cristallisent ce que sont les Choses de la vie, ce film de Claude Sautet. Ce trailer, comme on dit de nos jours, le seul qu’il ne faut pas sauter, entre deux réunions, deux choses à rayer sur votre to-do-list, deux préoccupations qui comme l’enclume et le marteau compresseront, aplatiront, réduiront l’Immense et le Sensible à l’Invécu… et à l’espoir de le vivre un jour, ne serait-ce que pour une poignée de jours.
Alors ?
Vous l’avez regardé avec l’attention et la sincérité que cela exige… ?
Y a-t-il une chose plus belle et plus importante que d’avoir connu le grand amour, après avoir traversé toute cette existence ? Cela devrait être le rêve essentiel, la quête de chaque jour, le cap du frêle voilier, plein de doute et de crainte que nous sommes tous finalement, dans la solitude de notre sort.
Nous devrions revoir chaque année ce film, et quelques autres aussi cultes, pour nous rappeler les choses essentielles, ces choses de la vie qui font de nous des êtres vibrant d’absolu.
Revoir un tel film nous amène à nous souvenir de l’importance de rester en vie, de viser la sagesse en ayant tout compris de l’existence, mais sans jamais oublier l’enfant que nous étions, qui nous regarde nous débattre dans le dédale des jours et qui nous jugera au sortir de ce labyrinthe magnifique qu’est la vie.
As-tu aimé ? sera la seule question qu’il nous posera du haut de ses six, sept ou huit ans. Notre petit juge de la cour suprême sera en droit de nous demander des comptes. C’est le seul être sur terre qui n’a pas besoin de fortune, de légion d’honneur ou de titre officiel pour exister et nous juger sur ce qui constitue le bilan d’une vie et notre manière si unique de l’avoir traversée.
Alors, revoyons ce film plus souvent, ces immenses acteurs, cette bande-son si inspirante sur laquelle je pose ces mots et me prends soudain pour un immense Pie-Colis tentant de se livrer avec sincérité, quoique parfois un peu timbré…
Aimons-la cette vie, de bout en bout, avec ses zones d’ombre et ses coups de génie. Soyons-en fier et tentons d’être à la hauteur de ce miracle qui n’a besoin d’aucun Dieu, si ce n’est de nous dans le rôle principal, avec à nos côtés pour un jour ou pour la vie, celle qui fera de nous un Dieu vivant.
C’est cela les choses de la vie. C’est aimer être vivant parmi les vivants. C’est aimer et chérir tous nos semblables. Ceux qui rampent, ceux qui nagent, qui volent, qui crapahutent, qui s’arrêtent de peur puis repartent, soudainement enflammés de courage ! C’est cela la vie. C’est forcément l’Autre. Celui qui nous accueille dans ses différences, qui nous parlent une langue qui nous enrichit et avec qui nous échangeons la monnaie la plus précieuse qui ait jamais existée sur cette petit planète bleue : le tintement d’un rire de bonheur, le bruit que font les mains lorsqu’elles deviennent des claques dans un dos fraternel et bien sûr le silence, ce silence d’un baiser langoureux qui nous mène à l’éloquence d’un cœur à cœur, d’un corps à corps.
Alors, seulement à cet instant nous pourrons dire « j’ai aimé ! » et partir sur la pointe des pieds vers une autre vie si pleine d’autres surprises, où nous accompagnera l’enfant que nous fûmes, si sage du haut de ses six, sept ou huit ans, ces âges où l’on écrit les plus belles pièces et où l’on décide véritablement de se tailler un destin. Le seul habit que l’on revêtira jamais…
De grâce, revoyons ce film chaque année pour ne pas oublier… les Choses de la vie.
La chanson d’Hélène :
Extraits du film:
L’autre ….
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Ce post me touche infiniment, magnifique , comme le film que j’ai vu et revu, je suis tellement d’accord avec toi. 🙏
Avances-tu dans ta recherche d’un lieu de vie? Passionnantes tes descriptions et photos de la Colombie , bien loin des idées reçues.
Affectueusement. Ghislaine.
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