Ex voto

Quand les temps sont incertains, et déboussolent une partie de l’humanité, on assiste à l’affrontement inexorable et pathétique entre les hommes qui perdent le Nord et ceux complètement à l’Ouest !

Alors, il ne reste plus qu’à s’en remettre au ciel. À prier quelques Dieux, avec le frêle espoir qu’ils existent vraiment et consentent à venir, en leur infinie sagesse, à notre secours, afin de nous sortir de notre médiocrité, mettant fin à nos chamailleries faites d’idées simples et de tenaces certitudes. 

Pour les athées, s’en remettre au ciel peut consister à s’évader dans l’éternelle et lente course des nuages, à se réfugier avec poésie et légèreté dans le cotonneux défilé de ces majorettes célestes, pour oublier le triste carnaval auxquels s’adonnent les hommes, ici-bas.

Enfin, s’en remettre au ciel peut aussi constituer un moyen de s’échapper vers les mers du Sud, de s’envoler à bord d’un grand oiseau blanc, pour reprendre le voyage vers une vie éprise de liberté, de peuples indigènes, qui vivent aux abords d’un océan résolument Pacifique ! 

Plus que jamais, l’avenir d’un pays vacillant sur le mot Fraternité, dépend de petits bulletins de papier, imprimés de fausses promesses et de raison gardée, qui seront glissés un dimanche dans une boîte de plexiglas. On appelle cela la Démocratie. 

Et dans le décompte des voix, à mi-chemin entre la haine et l’espérance, il faut écouter le poète et revenir aux choses simples.

« Je suis un homme ancien, qui a lu les classiques, qui a récolté les raisins dans la vigne, qui a contemplé le lever et le coucher du soleil sur les champs. Je ne sais donc pas quoi faire d’un monde créé par la violence, par la nécessité de la production et de la consommation. Je déteste tout de ce monde : la précipitation, le bruit, la vulgarité, l’arrivisme… Je suis un homme qui préfère perdre plutôt que de gagner par des manières déloyales et impitoyables. Et la beauté c’est que j’ai l’effronterie de défendre cette culpabilité, de la considérer comme une vertu. »                                     

Pier Paolo Pasolini

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