Les élections législatives ont lieu dans exactement sept jours, et j’ai beau me renseigner, je ne trouve aucune information sur des points de programme électoraux qui me semblent essentiels pour faire mon choix et qui, pour le moins, me préoccupent.
J’ai écouté des heures d’interviews et de commentaires journalistiques. J’ai surfé longuement sur les sites des différents partis qui promettent tous de raser gratis et de remettre la France debout, avec parfois de bien drôles de manières. J’ai lu tous les tracts qu’on m’a distribué au marché et discuté longuement avec les militants de tous bords, qui m’haranguaient entre trois courgettes et une botte de poireaux ! Ah…Le bruit des bottes de poireaux qui résonnent à nos oreilles et me rappelle que j’ai oublié de prendre du topinambour, au cas où…
Rien ! Personne n’a pu me fournir la moindre information à ces interrogations qui me taraudent et qui me poussent, cette nuit encore, à coucher sur le papier mes angoisses face à ces questions sans réponses.
Voyez, chers amis ou camarade-lecteur inconnu, ce message comme une bouteille à la mer et une tentative d’obtenir par les réseaux une aide solidaire et citoyenne, afin de ne pas m’égarer devant l’urne prochainement.
Ces mesures programmatiques ne sont pas anodines et structurent fortement le type de société dans laquelle nous allons tous tenter de vivre… ensemble, sans parler de notre crédibilité internationale et de l’avenir des générations futures. Rien que ça !
Alors, avant de monter courageusement vers les lignes du front, qu’il soit national, populaire ou républicain, pour en découdre dimanche prochain ; avant d’aller me frotter dans l’isoloir à mon devoir citoyen, au risque de m’exposer à tous les extrémismes, à tous les cynismes et à toutes les promesses sans lendemain, j’ai écrit à tous les responsables de partis.
Voilà mes questions :
Qui envisagez-vous de nommer au ministère de l’Humour et du temps libre ? Aura-t-on encore le droit de faire l’humour, entre gens consentants, sur l’antenne de France Inter ? Un master d’école buissonnière est-il envisageable pour les SDF ou quelques écrivains-voyageurs ?
Les verts vont-ils enfin nous proposer un plan d’action sérieux qui rassure les petit oiseaux et défende le droit du sol, des milliers d’espèces de fleurs des champs, d’ici ou d’ailleurs, qui viennent embellir nos campagnes ?
Envisagez-vous de rendre désormais le vote obligatoire, pour que la démocratie cesse d’être l’ombre d’elle-même et de régler les soi-disant problèmes de sécurité qui s’emballent à blanc ?
Envisagez-vous de convoquer une Convention Citoyenne pour la Poésie, afin d’adopter des mesures fortes et inspirantes, visant à mettre fin à toutes nos chamailleries qui ne riment à rien ?
Que pensez-vous faire pour libérer les millions de nos concitoyens qui vivent cloîtrés, par erreur, dans la prison de leurs propres préjugés, pour qu’ils retrouvent la joie d’une main tendue, d’un brin de tolérance et de la poudre d’escampette ?
Ne pensez-vous pas qu’il serait souhaitable de dépoussiérer notre devise nationale, Liberté – Égalité – Fraternité, de la restaurer sur le frontispice de nos bâtiments publics, mais surtout d’en faire la colonne vertébrale qui sous-tende chaque décision du futur gouvernement, pour qu’elle brille à nouveau dans le cœur de Français et dans le rire des bambins ?
L’heure avancée de la nuit m’oblige à poser ma plume, pour aller me réfugier, durant quelques heures, entre celles de l’oreiller, en espérant que dès le 8 juillet, je pourrais me rendormir sur mes deux oreilles… et repartir enfin, le devoir accompli et le sourire aux lèvres, vers l’Amérique du Sud.
Chers amis, n’hésitez pas à me soufflez des questions ou suggestions de mesures importantes que vous souhaiteriez soumettre à nos futurs élus, avec le même sérieux et sens du devoir démocratique.
Aux urnes citoyens ! Car l’heure est grave et les épidémiologistes politiques nous annoncent la peste et le choléra. Ce qui est sûr, c’est qu’en notre belle République, un tant soit peu amochée, 577 députés vont bientôt être élus par 49 millions d’électeurs, pour le moins, dépités !
Veuillez agréer, Monsieur le Président, bla bla bla…


