La Azul

En 1951, Esnesto Guevara, mondialement connu sous le sobriquet El Che, avait baptisé sa vieille Norton de 500 cc, avec laquelle il entreprit son voyage en Amérique Latine, en compagnie de son ami Alberto : La Poderosa, autrement dit, la Vigoureuse.

Sans ce fabuleux engin pétaradant d’un autre temps, nous n’aurions jamais eu son testament de jeunesse, si inspirant sous la forme d’un livre – Diarios de motocicleta: Notas de viaje por América Latina, puis bien des années plus tard, dans un film incontournable, Carnets de voyage

La Poderosa ne fut pas qu’un moyen de transport de deux copains en quête d’idéal. Elle fut en réalité le vecteur d’une soif de découverte et la possibilité sine qua non d’une aventure qui inspirera, par la suite, des milliers d’âmes vagabondes et enfiévrées de connaissance, en Amérique et en Occident. 

Soixante-treize ans après cette aventure d’un cœur pur et égratigné par les injustices sociales du continent sud-américain, je dois à mon tour renoncer à mon fabuleux périple sur deux roues, pour des raisons de convalescence, et céder à un ami motard argentin, ma Kawasaki KLR 650cc, que certains passagers accueillis sur la selle arrière ont baptisé La Azul.

Je la vends à un prix d’ami, sans l’avoir revue après mon accident à Buenos Aires, et vais désormais consacrer mon temps à me retaper en voyageant autrement, sans bien sûr renoncer à la moto qui reste autant dans mon cœur que dans mon ADN. Mais une pause de quelques mois s’impose, histoire de solidifier les os et de se refaire une santé… 

Je ne peux la quitter sans lui rendre un petit hommage, sous forme de diaporama animé, qui résume les trois ans que nous avons passés ensemble sur des routes improbables, du Pérou au Chili, puis à travers toute l’Argentine, traversée à cinq reprises, mais aussi dans des moments mémorables en Uruguay, au Brésil, au Paraguay, pour finir par arpenter de fond en comble la merveilleuse Bolivie, jusqu’à mes cabrioles un soir de pluie à Buenos Aires.

67.600 km de vents homériques, de tenace poussière , de chaleur infernales ou de pluies diluviennes. 

2.371 litres d’essence dépensés, pour aller de manière peu écologique, j’en conviens, à la rencontre d’un monde authentique, passionnant et si attachant. 

Chaque litre de carburant volatilisé m’a ouvert à des rencontres magnifiques et édifiantes, pour finalement toucher l’essence de cette humanité que j’espère condenser dans mon troisième livre, en cours d’achèvement. 

Tant de kilomètres, d’aventures, d’enseignements et de moments de vie, pour un budget, somme toute imbattable de seulement 2.150 € ! Avouez que l’école de la vie bon marché et tellement enrichissante à la fois, pour qui veut s’en donner la peine !

Merci Mi Azul ! Gracias por todo. Lo hemos pasado fenomenal ! Et bonne route avec ton nouvel ami… 

Je garde à jamais le bleu de ton sourire et le bruit inimitable de ton monocylindre, sous la forme d’une plaque de titane solidement vissée dans ma clavicule, pour me rappeler qu’il faut toujours être bien épaulé lorsque l’on souhaite partir à l’aventure de sa propre vie.

Je te laisse ce petit film empli de souvenirs et sur ces mots de Lamartine qui prennent désormais tout leur sens :

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme

Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?… »

Hasta luego Azulita !

3 années d’Amérique du Sud à moto – 67.000 km – des centaines de rencontres – J’avoue que j’ai vécu !
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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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