Le Passe-temps

Comment peindre le temps qui passe ?

Choisir un mur, un support, un espace

Sur lequel les mois, les années aimeront gambader.

Étaler une peinture à l’aide d’un rouleau

Barbouiller en sifflotant pour y fixer votre joie

De la pointe du pinceau, épouser le relief, fignoler les détails

Le temps s’y nichera, pour laisser de discrètes empreintes

Peu importe la couleur. Choisissez celle qui plaît à votre cœur et fera sourire les jours qui passent.

En choisir une qui embellisse vos journées 

Et cache vos cicatrices aux heures ombrageuses

Le laisser faire dans un esprit d’absolue liberté

Le voir projeter ces heures de soleil, dégouliner d’ennui les jours pluvieux 

Être patient, infiniment patient, garder espoir, car l’impermanence est la loi de toute chose

Laisser faire le froid des hivers indociles

Et la chaleur des étés caniculaires. 

Laisser faire.

Jour après jour, regarder danser la lumière

Se dessiner joliment des formes mystérieuses 

Oublier le spectacle du temps qui passe

Et vieillir soi-même sans qu’il sans aperçoive.

Alors, à l’heure des rides sur les visages usés, s’amuser d’une craquelure sur le grand mur jauni

La peinture s’écaille, sa teinte se fane et le support s’effrite 

Et toi, collectionneur de souvenirs, 

Tu t’émerveilles de quelques traces

Ne m’en veux pas. On se tutoie, après tout ce temps

Comme seul reliquat de cette existence abîmée 

Qui file entre tes doigts de vieux peintre sifflotteur 

Tu lis la leçon qu’il a laissé sur le grand support décrépi :

La recherche de la beauté était ton art de vivre

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

Un commentaire sur « Le Passe-temps »

  1. Comme c’est beau cette invitation au voyage à la Prevert .. Je vais te suivre par la lecture Frédéric, et un jour, tel un d’oiseau, je quitterai ma cage et ferai comme toi.

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