J’ouvre les yeux, chahutant ma nuit de pensées insomniaques.
L’écran scintille devant mes paupières hésitantes et affiche fièrement 04:00.
Je me dis qu’une chanson serait la bienvenue pour réparer mon sommeil fracassé, en recollant les morceaux de ma fatigue engluée.
Au beau milieu de la nuit, surgissant par hasard, voilà Auteuil qui me tend un billet de ma nuit mise en pièces,
Et m’invite à sa table avec l’envoûtante Fanny, éternellement ardente.
Notre croisière en bateau sur la plus belle scène du monde, où les monuments de Paris défilent sur des notes nostalgiques, n’étanche pas ma soif de grands horizons et de langues étrangères.
Mais, un brin nostalgique de ma vie au grand air, je joue les matamores habillé de grands airs.
Les paroles s’envolent et les cris restent…
Le temps s’égrènent en un tic-tac nostalgique, quelques vers mieux ourlés que ma mine défaite, tout cela m’embroche le cœur, et me donne des allures d’espagnol.
Laissons dire l’acteur et scintiller sous les étoiles statiques, cette vie que j’aurais tant aimée, quand il s’agira d’arrêter la divine comédie.
Pour l’instant, les souvenirs défilent et j’en fais mon quatre heures.
Fanny s’est éclipsée et au bout de la table, ton visage m’apparaît, tandis que je murmure les mots qui disent vrai :
« Si vous m’aviez connu
Dans ce fringant costume
Quand je fondais de l’or
Pour en faire des plumes
Si vous m’aviez connu
Quand j’étais Matador
Tout déchiré dedans
Tout recousu dehors »
Merci à ma muse de mi nuit et au hasard qui fait si bien les choses, pour cette si jolie chanson qui me fait tanguer, en attendant l’aurore.





