Antidote à la folie des hommes

Il est des jours, sans doute plus sensibles et vibrants que d’autres, où il devient salutaire de s’extraire du déluge de haine et d’opinion nauséeuses qui se déversent de nos écrans.

En effet, face aux torrents de mauvaises nouvelles qui nous confirment de jour en jour la folie destructrice des hommes et nous prédit le rabougrissement accéléré de notre part la plus humaine, chacun de nous serait bien avisé de se bricoler quelques subterfuges pour se protéger de la salissure du monde, pour préserver son âme d’enfance et conserver, dans un fol élan d’optimisme, le vital espoir de trouver un salut planétaire dans un sursaut de fraternité, de tolérance et de tempérance. 

C’est ainsi qu’en ce jour de tempête et de retour de l’automne, la vie m’a généreusement offert un remède inattendu pour m’aider à traverser cette nouvelle journée sur Terre et en sortir indemne, confiant et bien décidé à œuvrer, à mon humble niveau, afin d’apporter réconfort, tendresse et un brin d’humour à ceux qui me sont chers. 

Tombé du lit ce matin à une heure où l’aube était encore timide, je me suis promené dans un texte bouleversant de beauté et de promesses écrit par l’ami Jacques Dor, ciseleur de mots comme on n’en fait plus guère. Ce poème, en vers aussi libres que moi, constitue mot pour mot le programme d’une vie rêvée, que je m’apprête à concrétiser, loin du cynisme et du vacarme de nos sociétés virtualisées, désincarnées et ivres d’objets.

Que pourrait-on souhaiter de meilleur pour traverser l’existence à cloche-pied, avec un cœur adolescent et des rêves pleins les poches ?!…

J’ignore si la poésie sauvera le monde mais elle constitue pour moi une puissante antidote à la bêtise des hommes dénués d’humanité et à l’anéantissement des beaux jours dont nous devrions tous être les artisans scrupuleux. 

Puis, venant en renfort de ce traitement de douceur distillée, un bouquet débarqua vers treize heures pour siéger durant toute l’après-midi sur la table basse qui me sert de bureau. Notre franche conversation, les subtils parfums plein d’enthousiasme et l’élégance de quelques belles aux pétales affriolants suffirent à me redonner foi en l’avenir. 

Quant à la perspective de voir débarquer ce soir une bande de joyeux drilles, tous amis d’enfance, frangins de sang ou d’alliance, complices invétérés pour le meilleur et pour le pitre ne fait que me réjouir un peu plus et sceller la certitude que le concert des rires couvrira, pour quelques heures de répit, le bruit des bombes et le sanglot des hommes.

Je vous laisse sur ce brin de poésie parfumée et rieuse…

« Une vie modeste, en toute modestie, avec des arbres et des fenêtres remplies de pluie, de nuit, de tonnerre ou d’oiseaux. Avec la main, le cœur, le pain à offrir, à partager, comme l’eau, le baiser, les bras. Et s’asseoir autour de la table, du feu, de la parole. 

Pour une vie simplement vie qui irait d’un moment à un autre sans haine et sans terreur. Vouloir être plusieurs, vouloir être seul, vouloir cette alternance de musique, de danse et de silence. Chercher ce qui réchauffe et fait rêver jusque dans les pierres et les absences. 

Accepter de n’être qu’un passager du monde, un voyageur qui s’émerveille un temps donné. Et puis repris ce temps ou plus précisément, offert à d’autres et comme ça sans fin. Simplement comme font les saisons, les ricochets, mais avec nos corps, avec nos vies. Simplement. »

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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