La vie depuis mon canapé

Je puise mon bonheur quotidien dans la subtile recherche d’équilibre qui existe entre l’action la plus vive que j’égrène en kilomètres frissonnants à l’autre bout du monde, l’éblouissement que me procure le spectacle de la nature et l’inspiration émerveillée du monde vivant. 

Je saupoudre ce triangle des Bermudes spirituel qui constitue désormais l’essentiel de mon existence, dès que cela est possible, par la fréquentation assidue de quelques expressions artistiques, fragments lumineux et inspirants de ce que les hommes ont produits de meilleur : un texte élevant ma pensée à un niveau plus subtil, une musique me transportant l’âme, une photo ou un tableau me transperçant le cœur. 

Je m’efforce ainsi chaque jour d’apprendre à devenir plus, mais surtout mieux humain, à être un bien-vivant, à explorer le grand mystère de la vie pour comprendre où tout cela me mène. 

Et parfois, à force de questionnement, dans le silence fécond d’une nuit blanche, lorsque mon intuition prend le pas sur ma raison, je distingue la lueur dansante de la vie qui vacille à portée de main, fragile, timide et poétique, au fond de la pénombre et du vacarme assourdissant du monde.

Ce matin, cette petite flamme si essentielle à mon humble salut m’est parvenue dans les quelques mots de notre regretté Christian Bobin. Ce poète m’est devenu aussi essentiel qu’un ami et dont les mots agissent comme le rayon d’un phare dans le brouillard des jours perdus. Ces mots dansant éclaireront longtemps encore l’obscurité dans laquelle les hommes aiment vraisemblablement se complaire et s’égarer.

Je ne cesse d’apprendre, à si souvent le fréquenter, combien la vie réside -non sans une certaine facétie – derrière le paravent des évidences. L’invisible et le sacré étant tellement plus présents et essentiels que le spectacle désopilant de cette comédie humaine à laquelle nous collaborons et qui s’accapare la place la plus palpable de ce que nous appelons à tort : la réalité.

Merci Cher Christian de me rendre la vie si subtilement légère.

“Cinq roses déclinantes, alanguies, dans un vase de terre cuite. Cinq moines centenaires, bégayant leurs prières, s’enrhumant à matines.”

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Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

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