Fragments de vie africaine

Quelques mots-surprise, provenant d’une chronique inédite qui n’a pas été éditée dans le livre, mais que je souhaite vous offrir, à vous Lecteur, pour vous remercier d’aller prolonger le voyage, en butinant toutes ces images.

 

 » Une petite pensée pour le grand aventurier Henri de Monfreid qui construisait lui-même ses boutres pour s’adonner en mer Rouge, à des trafics en tous genres : haschich, perles, alcool, armes… Il fallait bien financer les voyages. 

D’ailleurs, je devrais peut-être y songer;-) 

Comme le temps me manque pour écrire une véritable chronique, car je voyage et vis plus vite et intensément que je n’écris, je vais me contenter de m’éclipser en laissant la parole à une femme de caractère, Isabelle Eberhfardt, grande journaliste, voyageuse à l’époque où ce mot était synonyme d’aventure, écrivaine, décédée en 1904. 

« Un droit que bien peu d’intellectuels se soucient de revendiquer, c’est le droit à l’errance, au vagabondage. Et pourtant, le vagabondage, c’est l’affranchissement, et la vie le long des routes, c’est la liberté. Rompre un jour bravement toutes les entraves dont la vie moderne et la faiblesse de notre cœur, sous prétexte de liberté, ont chargé notre geste, s’armer du bâton et de la besace symboliques, et s’en aller ! Pour qui connaît la valeur et aussi la délectable saveur de la solitaire liberté (car on n’est libre que tant qu’on est seul), l’acte de s’en aller est le plus courageux et le plus beau. Égoïste bonheur, peut-être. Mais c’est le bonheur, pour qui sait le goûter. Être seul, être pauvre de besoins, être ignoré, étranger et chez soi partout, et marcher, solitaire et grand à la conquête du monde. »

Le General Lyautey lui rendit à l’époque un bel hommage :

« Elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace, quel régal ! »

Quel destin…! »