Lettre à un ami

Noël et ses présents 

Salut mon ami ! En cette nuit du 24, je te souhaite un joyeux Noël. Il est 3h45 là où je me trouve. Je me suis exilé dans une cabane posée face à un paysage vertigineux, loin de Medellin, et de son bruit incessant, de ces pétards explosant toutes les nuits pour fêter la fin de l’année. 

Je voulais t’offrir un présent pour Noël, mais je m’aperçois que tu l’as déjà entre les mains. Je parle bien sûr du présent qui nous file entre les doigts. Ce temps fuyant que l’on croit éternel, dont on se croit riche comme Crésus, sous prétexte qu’on nous surine depuis toujours que « le temps c’est de l’argent ». C’est une phrase de pauvre d’esprit. Alors que la vérité c’est que l’argent c’est du temps mal employé, du temps illusoire. 

Alors, ouvre ce cadeau qu’est ton présent et saisis-le à pleines mains ! Et surtout, surtout… ne remets rien à … demain. 

Je t’attends en des contrées ou l’on apprend à prendre son temps, à fleurir le moment présent, où les minutes sont des couleurs et des paroles dispersées aux quatre vents, qui vont ensemencer le sourire d’un autre. 

Passe de belles fêtes mon ami.

À bientôt pour des envies d’exploration du monde, des autres et surtout de nous-mêmes. Car, ils sont nombreux ceux qui quittent cette planète tournoyant dans le grand vide, sans s’être jamais rencontrés. Et se connaître vraiment, n’est-ce pas le plus beau cadeau que l’on puisse s’offrir à soi-même ?! 

La seule question qui vaille finalement, c’est « qu’a-t-on perdu pour gagner de l’argent ? 

Alors, en hommage à notre amitié et à ta quête vers toi-même, que je salue tant tu sembles y mettre du cœur et toute la lucidité nécessaire, je t’offre ce petit texte découvert durant ma nuit insomnieuse. C’est issu d’un auteur talentueux qui publie sur Instagram sous le pseudo « Ptitcrayon », des choses très justes et joliment ourlées. 

En attendant de te recroiser (l’an prochain), passe de jolies fêtes de fin d’année, avec ta petite tribu. 

Hasta la Vista. Un abrazo fuerte… F.

……………………………….…….

« J’ai fermé les yeux pour la dernière fois.

J’ai passé ma vie à croire que ça n’arrivait qu’aux autres. J’avais presque oublié qu’on est tous les autres de quelqu’un.

Je pensais avoir le temps, toujours un peu plus de temps – encore une année, encore un été, encore un projet… Je tricotais mes journées avec la pelote de vie qui me restait, sans me dire que d’un seul coup, le fil pouvait se couper.

Mais c’est arrivé.

Mais c’est terminé.

Le temps s’est arrêté.

Et j’ai tant à regretter.

Je regrette les moments passés assis à regarder la vie des autres au lieu de me lever pour vivre la mienne.

Je suis resté spectateur de leur bonheur, alors que je pouvais monter sur scène.

Je regrette de ne pas avoir profité de ceux que j’aimais pour continuer à avancer de mon côté. L’amour de ma famille, les rires de mes amis… j’ai tout perdu en pensant tout gagner.

Je regrette de m’être détesté, de m’être comparé en me regardant dans le miroir. Je me croyais de trop ou pas assez. Alors que j’étais vivant, et c’était tout ce qu’il y avait de plus important.

Je regrette d’avoir attendu la bonne année, le bon moment. J’ai repoussé à demain l’amour, les rêves, le changement. Je me disais il y a 365 jours par an. Je faisais des croix sur le calendrier, sans voir qu’un jour ça s’arrêterait.

Je regrette de ne pas t’avoir serré plus fort dans mes bras la dernière fois qu’on s’est vus. On s’est dit: à plus tard, passe une bonne journée. Mais j’aurais dû te dire à quel point t’allais me manquer.

J’ai fermé les yeux pour la dernière fois.

Et je n’étais pas prêt.

Tu veux un secret ?

On n’est jamais prêts.

Jamais.

On se dit toujours « un jour… »

Un jour, je voyagerai.

Un jour, je lui dirai.

Un jour, je me soignerai.

Un jour, je le ferai.

Jusqu’au jour où il n’y a plus de jours.

Tout se fige. Le quotidien devient le souvenir. Le réveil ne sonne plus. Les photos de profil ne changent plus. Plus personne ne répond aux messages. Les marques-pages ne tournent plus la page…

Un jour, c’est le dernier.

Un jour, le présent devient le regretté.

Un jour, il ne reste plus que le passé.

Mais toi…

Toi, tu peux encore ouvrir les yeux le matin. Alors, regarde aujourd’hui et arrête de penser à demain.

Regarde tout autour de toi, regarde comme la vie est belle ; regarde comme ton cœur bat, regarde ce qu’il y a d’essentiel.

Parce qu’un jour, tu fermeras les yeux pour la dernière fois. »                    

Valentin AUWERCX

Avatar de Inconnu

Publié par

Entrepreneur, écrivain et globe-trotter. L'homme le plus léger, le plus libre et le plus heureux du monde;-)

Laisser un commentaire