Tandis que les hommes s’évertuent de nos jours à construire de hauts et solides murs pour enclore ou exclure tous ceux qui ne pensent pas comme eux, les différents, les moins fortunés, les moins éduqués, ou provenant d’un Ailleurs qu’ils se plaisent à visiter mais rechignent à accueillir, deviens celui qui fait des portes, qui ouvre une voie, fut-ce une humble fissure, un simple trou dans la muraille lézardée par le temps, qui laisse passer le courant d’air de la différence et la petite musique de l’Altérité.
N’aies crainte. De la fissure naîtra un portail qui ouvrira enfin, sur l’espace nécessaire de la fraternité, ou une fenêtre de laquelle jaillira la brise nouvelle d’un printemps et la lumière que chaque homme porte en lui.
Je viens de pays où l’Autre est accueillant, pas encore un petit procureur déguisé en huissier. Il fut un temps où en nos contrées, dans notre histoire commune, chaque tablée prévoyait une assiette pour le pauvre et, où l’on ne s’étonnait pas de trois coups à la porte, donnés par un visiteur impromptu.
L’Autre était toujours une bonne nouvelle, une source de réjouissance ou l’occasion de donner le meilleur de nous-même.




