“Quel enfer que d’avoir des bras et personne à étreindre.”
Jón Kalman Stefánsson – Entre ciel et terre
Magnifique, juste, efficace. Une poignée de mots simples et tout est dit.
Belle du Seigneur résumé en une formule lapidaire qui dit l’amour et la morsure de son absence.
Une amie m’a offert deux de ses livres. Elle adore cet écrivain et poète islandais. Je sens que ça va bien se passer aussi entre nous. Il respecte mes silences prolongés. Il me parle de la mer pendant que j’explore le désert. Nous avons à peu près le même âge et il se contente comme moi de l’essentiel.
Être dans le Gobi et bouffer des paquets de mer et de mots qui déferlent de la mer du Groenland, c’est une belle manière de perpétuer le tour du monde et de se rafraîchir, n’est-ce pas?
Cela me fait penser à un autre poète scandinave que m’avait recommandé Christian Bobin, himself et que j’avais adoré. Il était suédois, Tomas Tranströmer.
Je vous laisse avec deux de ses os à ronger. Cela fait plusieurs années que je les mâchouille et j’y trouve toujours à manger.
“Las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots mais pas de langage,
je partis pour l’ile recouverte de neige.
L’indomptable n’a pas de mots .
Ses pages blanches s’étalent dans tous les sens !
Je tombe sur les traces de pattes d’un cerf dans la neige.
Pas des mots, mais un langage.”
“Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne prendre ses mesures. Cette visite s’oublie et la vie continue. Mais le costume se coud à notre insu.”
Comment survivre à l’absurdité du monde, sans amour, sans poésie et sans humour ? Je me pose chaque jour la question…
























