27 minutes exceptionnelles et particulièrement bien investies.
Qu’on l’aime ou qu’il nous insupporte, qu’il nous subjugue par sa faconde et ses envolées lyriques ou bien qu’il nous horripile par son ego enflammé et ses délires blâmables, c’est un personnage hors norme, un immense interprète, un diseur inégalable.
Cette interview féconde et drôle, érudite et inspirante vaut toutes les demi-heures du monde.
Une pure réjouissance. C’est la force des Bien-vivants. Ils enthousiasment le monde et un rien les érafle…
Quelle plus belle épitaphe que cette formule qui devrait signer toute existence : Vini, vidi, vixi !
Je suis venu, j’ai vu, j’ai vécu…
Bon WE à tous, et relisons Hugo !
Le poème d’Hugo :
Veni, Vidi, Vixi
J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;
Puisqu’au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J’assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l’heure où l’homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;
Puisque l’espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu’en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j’aspire à l’ombre où tu reposes,
Puisque mon cœur est mort, j’ai bien assez vécu.
Je n’ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J’ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.
J’ai fait ce que j’ai pu ; j’ai servi, j’ai veillé,
Et j’ai vu bien souvent qu’on riait de ma peine.
Je me suis étonné d’être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.
Dans ce bagne terrestre où ne s’ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.
Maintenant, mon regard ne s’ouvre qu’à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d’ennui, comme un homme
Qui se lève avant l’aube et qui n’a pas dormi.
Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.
Ô seigneur ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m’en aille et que je disparaisse !
Victor Hugo, Les Contemplations – Avril 1848.
Génial !!!
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Perso, j’ai toujours aimé Luchini, il est vivant, il a une belle prose et il est amusant
(Hugues)
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